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	<updated>2026-09-30T16:22:29+00:00</updated>
	<author>
		<name>Dominique Dutilleul</name>
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		<title>CLARA</title>
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		<published>2026-08-27T11:54:12+00:00</published>
		<updated>2026-08-27T11:54:12+00:00</updated>
		<id>https://www.dominique-dutilleul.fr/textes/10-nouvelles/64-clara.html</id>
		<author>
			<name>Dominique Dutilleul</name>
		</author>
		<summary type="html">&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;strong&gt; CLARA&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Je m’appelle Clara, j’ai 27 ans et je termine mes études de médecine.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt; Mes parents sont morts dans un terrible accident de voiture quand j’avais 2 ans. Un matin de janvier, sur une route verglassée, ils partaient travailler, comme chaque jour, après m’avoir déposée chez Elise ma nounou. Dans un virage, la voiture a glissé, s’est déportée et ils ont heurté violemment un arbre. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;C’est ce que ma grand-mère m’a raconté avec ses mots et même si je n’avais pas bien compris du haut de mes 2 ans, elle m’avait dit que maintenant chaque fois que je verrai un papillon voleter autour de moi, ce serait eux qui venaient me rendre visite. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Cela fait vingt-cinq ans et j’y pense encore chaque fois que j’en vois un. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Mes parents avaient eu la bonne idée de faire un papier auprès du notaire si jamais il leur arrivait quelque chose. Mes grands-parents pourraient alors être tuteurs et s’occuper de moi, ils étaient d’accord et ne voulaient pas que j’aille dans une famille d’accueil. Ils avaient également souscrit un capital au cas où ils disparaitraient. Il m’est bien utile depuis mes 18 ans, surtout quand j’ai démarré mes études de médecine à Paris. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Je ne remercierai jamais assez mes grands-parents de s’être aussi bien occupés de moi. Ils m’ont donné tout leur amour et ont tout fait pour que je sois heureuse. Je pense à eux chaque jour qui passe. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Lucien mon grand-père était vigneron. C’était une petite exploitation qu’il avait héritée de son père et pour laquelle il s’était fait une certaine réputation pour la qualité de ses vins. Il a aussi été le maire de notre petite ville pendant deux mandats. Il était beaucoup apprécié pour ses actions et ses relations avec chacun. Il consacrait deux demi-journées de sa semaine pour recevoir les uns et les autres, traiter une affaire de voisinage, une demande de permis, une aide à apporter à une personne vieillissante, faire appliquer toutes les réglementations. Adjoints et conseillers appréciaient son approche des différents sujets pour lesquels il était très à l’écoute avant de décider. Il avait la confiance et le respect de ses ouailles. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Quand il est décédé, il y a maintenant quatre ans, l’église n’était pas assez grande pour accueillir toutes celles et tous ceux qui voulaient lui rendre un dernier hommage. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Amandine, ma grand-mère, s’occupait de la gestion de leur exploitation, des ventes, des expéditions, des clients qui passaient faire un plein de vin rouge ou blanc. Elle n’était pas facile en affaire, mais d’une gentillesse absolue et toujours avec le sourire. Une passionnée de musique classique, de chansons françaises qu’elle partageait avec moi avec ses cassettes toutes classées et marquées de sa jolie écriture, et son magnétophone qui avait traversé les années. Je lui avais proposé de lui offrir un nouveau modèle de lecteur, plus moderne, mais il n’en était pas question. Au décès de grand-père elle a vendu l’exploitation, le cœur gros. Elle s’occupait de son intérieur, comme elle disait, du jardin toujours fleuri, et surtout de moi jusqu’à ce que je parte de la maison. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Et puis il y a quinze jours j’ai reçu un appel de notre voisin qui s’étonnait que la maison reste fermée. Il était allé voir, et avait pu entrer, car la porte n’était jamais fermée chez mes grands-parents. Il l’avait trouvée comme endormie paisiblement dans son lit, mais elle n’avait plus de souffle. Le médecin de la famille avait confirmé son décès. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;J’étais abattue. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Toute ma petite famille a aujourd’hui disparu. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;J’ai beaucoup sangloté en organisant la sépulture avec le prêtre, puis lors de son enterrement. Elle repose maintenant à côté de Lucien. Il est certain que je ne laisserai jamais leur tombe sans fleur ni verdure. J’ai planté un olivier juste sur le côté, ce n’est pas leur voisin de tombe qui sera contre j’imagine, là où il est. Un arbre de vie pour les remercier de tout ce qu’ils ont fait pour la mienne. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Je ne sais pas ce que je vais faire de la maison, qui maintenant va être la mienne. Je n’ai pas envie de la vendre, mais je n’ai pas vraiment les moyens de l’entretenir, ni d’effectuer les travaux indispensables pour la moderniser et l’organiser autrement. Il faut de toutes façons que je la vide des meubles que je ne garderai pas si je dois la céder. Je vais voir avec leurs voisins proches s’ils veulent récupérer un souvenir et puis demander à un brocanteur ou une société de débarrasser tout le reste. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Moi, je ne garderai que les albums photos, le magnétophone et les cassettes. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Les quelques voisins invités sont venus les uns après les autres, l’un prendre des outils de jardin, un autre les 2 poules, une pendule normande, un peu de vaisselle. Ils n’en ont pas besoin mais sont heureux de prendre quelque chose qui leur rappelle Lucien et Amandine. La maison se vide petit à petit et le brocanteur doit venir demain vider les meubles et le grenier dans lequel je ne suis pas montée et où sont entassées quelques vieilleries qu’il me montrera quand même avant de les emmener. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Ça fait tout drôle ce silence, le lit vide auquel personne n’a touché, peut-être par superstition, qui garde encore la marque du drap froissé par ma grand-mère. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Je m’assois à ma place devant la table de la salle à manger, là où j’ai passé tant de temps pour les repas mais aussi pour mes devoirs. Je réfléchis à ce qu’il me reste à faire. Je dois voir le notaire, régler les pompes funèbres et ensuite je rentrerai à Paris. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Il me vient une idée. Le manque de médecins devenant de plus en plus criant, nombre de patients n’en ont plus et doivent faire des kilomètres pour avoir un rendez-vous. Mon grand-père, quand il était maire, aurait probablement cherché et trouvé des solutions. Enfin, je ne sais pas, mais moi j’en ai une qui me fait sourire en pensant à lui. Je vais garder la maison et je viendrai m’y installer d’ici un an ou deux, comme généraliste. L’entrée qui est assez vaste, une fois réaménagée pourra servir de salle d’attente, je ferai mon cabinet dans la chambre du bas, celle de mes grands-parents ; un bon clin d’œil à leur faire, et j’aurai la grande salle pour m’organiser un salon-séjour-cuisine et les trois chambres à l’étage pour m’étaler. Je pourrai voir tout ça avec un architecte d’intérieur, et avec Madame la maire qui, je l’espère, me proposera de m’aider financièrement pour mon installation. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Oui c’est ça qu’il faut que je fasse ! C’est la meilleure façon de les remercier de tout ce qu’ils ont fait pour moi. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;C’est le cœur plus léger que je file faire quelques courses pour mon dîner.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Ce matin il pleut. Je n’ai pas bien dormi. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Je me fais chauffer un café sur la vieille gazinière derrière laquelle j’ai tant vu ma grand-mère préparer des plats qui sentaient si bon. La camionnette du brocanteur s’arrête juste devant la porte, c’est un grand bonhomme qui en descend et un employé l’accompagne.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt; - Bonjour Clara, tu me reconnais ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt; - Vous-êtes Jean qui venait faire les vendanges chez mon grand-père ? &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;- Exactement ! tu étais encore petite fille et tu aimais bien venir nous regarder couper le raisin et croquer quelques grains avec nous à la pause. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;-Je vous sers un café avant de démarrer ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt; -Merci Clara avec plaisir ! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Jean fait le tour de la maison pour mesurer ce qu’il y a à emporter et réfléchir à ce qu’il faut mettre par priorité dans la camionnette. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;- Je ferai deux tours car il y a pas mal de meubles importants. J’enlève tout ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt; - Oui tout, je ne garde que les albums photos qui sont sur l’étagère, le magnétophone et toutes les cassettes sur le buffet. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Jean, après une longue matinée, termine le déménagement et me salue d’un grand merci puis s’en va.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt; Je reste seule dans cette maison qui s’est vidée de toute sa vie. J’ai réservé une chambre à l’hôtel pour cette nuit, et je rentrerai demain à Paris. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Je prends le magnétophone posé par terre, le carton de cassettes, les albums photos, mais au moment de les mettre dans ma voiture, je constate qu’il y a une cassette qui est restée dedans. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;La dernière écoutée par ma grand-mère sûrement ? Cela m’émeut. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;J’ouvre le couvercle et sur la cassette. Il n’est pas indiqué Litz, Mozart, ou Debussy. Ni Vivaldi, Charles Trenet, Brassens … non il est écrit tout simplement «18 avril - pour Clara » &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;18 avril c’est la veille de son décès. Elle sentait que c’était sa fin ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt; Clara ne peut s’empêcher de rebrancher le magnétophone et d’appuyer sur la touche « ON ».&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt; Un grésillement et c’est la voix de sa grand-mère&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt; - Ma toute petite, si tu écoutes cette cassette c’est que je ne suis plus. La voix est tremblante&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt; - Je n’ai pas eu le courage pendant toutes ces années, mais je voulais absolument, avant de partir, te dire ceci : Je t’ai dit que tes parents étaient décédés dans un accident de voiture, mais seul ton père a perdu la vie en réalité, ta maman est vivante. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Clara arrête la lecture, elle a les jambes qui flageolent, son cœur s’accélère, comment est-ce possible ? &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Elle remet en marche&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;- Ta maman a survécu, mais elle n’a jamais voulu revenir. Dans l’accident elle a perdu une partie de sa mémoire et de ses souvenirs, elle ne se souvenait plus de toi. De plus, elle était défigurée. Après de nombreuses années de soins, d’opérations, de repos, elle a retrouvé partiellement sa mémoire mais elle a eu peur et a pensé que jamais elle ne pourrait être encore une bonne maman pour toi. Elle me disait que tu étais entre de bonnes mains avec ton grand-père et moi et qu’il ne fallait rien changer. Alors elle m’a demandé de te dire qu’elle était morte.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Je n’étais pas d’accord mais j’ai suivi et je m’en veux encore.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt; Pardon ma Clara.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt; Clara s’allonge par terre, elle est anéantie. Elle reprend la lecture. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;- Ta mère est revenue plusieurs fois à ton école quand elle allait mieux, pour te regarder jouer dans la cour pendant la récréation.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt; Amandine pleure et attend un instant avant de reprendre&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt; - Je l’ai suppliée de te parler et de tout t’expliquer afin que vous puissiez vous retrouver. Elle ne voulait pas car elle te savait heureuse et ne voulait pas détruire une nouvelle fois ta vie avec une maman abîmée. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Clara se souvient que quelques fois une femme aux cheveux noirs regardait au travers des grilles dans la cour, et avait l’impression qu’elle lui souriait&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt; - Pardon ma Clara, j’ai gardé son adresse pendant des années, combien de fois j’ai eu envie de t’emmener la voir, de tout te raconter.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt; Amandine donne l’adresse. Clara la note sur son téléphone.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt; - Tu sais Clara, tu as le droit de lui en vouloir, de m’en vouloir aussi, même ton grand père n’était pas au courant, il serait intervenu c’est sûr, le connaissant.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Je sais que tu vas vouloir la retrouver, je l’espère vraiment.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;- Je t’aime et je t’embrasse de tout mon cœur. Profite de la vie, soit heureuse et n’oublie pas de sourire aux papillons qui viendront voleter autour de toi.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt; La cassette s’arrête là. Clara reste silencieuse, la nuit tombe et la fraîcheur l’incite à rejoindre sa voiture. Elle sait qu’elle ne dormira pas. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Ce matin il fait froid. Clara ne prend pas le temps d’un petit déjeuner à l’hôtel et remonte dans sa voiture. Elle entre l’adresse dans le GPS et file vers la ville et l’adresse à une trentaine de kilomètres.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt; Elle réfléchit pendant toute la route à ce qui va se passer.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt; Elle passe devant une petite maison blanche une première fois puis revient sur ses pas et s’arrête juste à quelques mètres du portillon. Elle respire, boit de l’eau, ouvre la portière et s’approche de l’entrée du petit jardin.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt; Elle passe le portillon, il y a une sonnette à l’entrée de la maison, elle appuie d’un doigt tremblant.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt; La porte s’ouvre.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt; Les deux femmes se regardent, sa mère sait tout de suite de qui il s’agit, Clara de son côté retrouve les traits, malgré les rides, de celle qu’elle n’a vu qu’en photos. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Sa mère porte une main à sa bouche. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;- Clara ? Puis se met à pleurer &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;- C’est bien toi qui est venue me regarder dans la cour de l’école ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt; - Oui c’est bien moi, et comme j’avais envie de te faire un signe, mais tu n’aurais pas compris. Tu étais si jolie dans ta robe rouge une fois et fleurie une autre fois.&amp;nbsp; J’étais aussi à la sépulture de maman, dans le fond de l’église, je craignais d’être reconnue par un voisin, mais je t’ai regardée, si belle. Je ne suis pas allée au cimetière après, j’y suis passée le lendemain pour déposer un bouquet du jardin. Je suis si heureuse que tu sois venue, et je regrette déjà tellement de ne pas avoir dit la vérité pendant toutes ces années. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;- Je suis heureuse moi aussi de te retrouver maman, il va falloir maintenant que l’on apprenne à se connaître mais plus question d’être séparées, ma nouvelle vie est avec toi tout près de moi. Nous avons beaucoup de temps à rattraper alors commençons sans attendre. Je veux tout savoir.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt; - Moi aussi je veux tout savoir de ta vie pendant toutes ces années et que tu me parles de ce que tu fais, des grands-parents, de tes projets.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt; Clara prend une grande respiration, se tourne vers le petit jardin, un papillon coloré s’échappe du mur, vient voler autour d’elle et hésite même un instant à se poser sur son épaule.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt; Clara sourit puis entre dans la maison.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</summary>
		<content type="html">&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;strong&gt; CLARA&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Je m’appelle Clara, j’ai 27 ans et je termine mes études de médecine.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt; Mes parents sont morts dans un terrible accident de voiture quand j’avais 2 ans. Un matin de janvier, sur une route verglassée, ils partaient travailler, comme chaque jour, après m’avoir déposée chez Elise ma nounou. Dans un virage, la voiture a glissé, s’est déportée et ils ont heurté violemment un arbre. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;C’est ce que ma grand-mère m’a raconté avec ses mots et même si je n’avais pas bien compris du haut de mes 2 ans, elle m’avait dit que maintenant chaque fois que je verrai un papillon voleter autour de moi, ce serait eux qui venaient me rendre visite. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Cela fait vingt-cinq ans et j’y pense encore chaque fois que j’en vois un. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Mes parents avaient eu la bonne idée de faire un papier auprès du notaire si jamais il leur arrivait quelque chose. Mes grands-parents pourraient alors être tuteurs et s’occuper de moi, ils étaient d’accord et ne voulaient pas que j’aille dans une famille d’accueil. Ils avaient également souscrit un capital au cas où ils disparaitraient. Il m’est bien utile depuis mes 18 ans, surtout quand j’ai démarré mes études de médecine à Paris. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Je ne remercierai jamais assez mes grands-parents de s’être aussi bien occupés de moi. Ils m’ont donné tout leur amour et ont tout fait pour que je sois heureuse. Je pense à eux chaque jour qui passe. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Lucien mon grand-père était vigneron. C’était une petite exploitation qu’il avait héritée de son père et pour laquelle il s’était fait une certaine réputation pour la qualité de ses vins. Il a aussi été le maire de notre petite ville pendant deux mandats. Il était beaucoup apprécié pour ses actions et ses relations avec chacun. Il consacrait deux demi-journées de sa semaine pour recevoir les uns et les autres, traiter une affaire de voisinage, une demande de permis, une aide à apporter à une personne vieillissante, faire appliquer toutes les réglementations. Adjoints et conseillers appréciaient son approche des différents sujets pour lesquels il était très à l’écoute avant de décider. Il avait la confiance et le respect de ses ouailles. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Quand il est décédé, il y a maintenant quatre ans, l’église n’était pas assez grande pour accueillir toutes celles et tous ceux qui voulaient lui rendre un dernier hommage. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Amandine, ma grand-mère, s’occupait de la gestion de leur exploitation, des ventes, des expéditions, des clients qui passaient faire un plein de vin rouge ou blanc. Elle n’était pas facile en affaire, mais d’une gentillesse absolue et toujours avec le sourire. Une passionnée de musique classique, de chansons françaises qu’elle partageait avec moi avec ses cassettes toutes classées et marquées de sa jolie écriture, et son magnétophone qui avait traversé les années. Je lui avais proposé de lui offrir un nouveau modèle de lecteur, plus moderne, mais il n’en était pas question. Au décès de grand-père elle a vendu l’exploitation, le cœur gros. Elle s’occupait de son intérieur, comme elle disait, du jardin toujours fleuri, et surtout de moi jusqu’à ce que je parte de la maison. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Et puis il y a quinze jours j’ai reçu un appel de notre voisin qui s’étonnait que la maison reste fermée. Il était allé voir, et avait pu entrer, car la porte n’était jamais fermée chez mes grands-parents. Il l’avait trouvée comme endormie paisiblement dans son lit, mais elle n’avait plus de souffle. Le médecin de la famille avait confirmé son décès. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;J’étais abattue. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Toute ma petite famille a aujourd’hui disparu. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;J’ai beaucoup sangloté en organisant la sépulture avec le prêtre, puis lors de son enterrement. Elle repose maintenant à côté de Lucien. Il est certain que je ne laisserai jamais leur tombe sans fleur ni verdure. J’ai planté un olivier juste sur le côté, ce n’est pas leur voisin de tombe qui sera contre j’imagine, là où il est. Un arbre de vie pour les remercier de tout ce qu’ils ont fait pour la mienne. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Je ne sais pas ce que je vais faire de la maison, qui maintenant va être la mienne. Je n’ai pas envie de la vendre, mais je n’ai pas vraiment les moyens de l’entretenir, ni d’effectuer les travaux indispensables pour la moderniser et l’organiser autrement. Il faut de toutes façons que je la vide des meubles que je ne garderai pas si je dois la céder. Je vais voir avec leurs voisins proches s’ils veulent récupérer un souvenir et puis demander à un brocanteur ou une société de débarrasser tout le reste. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Moi, je ne garderai que les albums photos, le magnétophone et les cassettes. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Les quelques voisins invités sont venus les uns après les autres, l’un prendre des outils de jardin, un autre les 2 poules, une pendule normande, un peu de vaisselle. Ils n’en ont pas besoin mais sont heureux de prendre quelque chose qui leur rappelle Lucien et Amandine. La maison se vide petit à petit et le brocanteur doit venir demain vider les meubles et le grenier dans lequel je ne suis pas montée et où sont entassées quelques vieilleries qu’il me montrera quand même avant de les emmener. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Ça fait tout drôle ce silence, le lit vide auquel personne n’a touché, peut-être par superstition, qui garde encore la marque du drap froissé par ma grand-mère. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Je m’assois à ma place devant la table de la salle à manger, là où j’ai passé tant de temps pour les repas mais aussi pour mes devoirs. Je réfléchis à ce qu’il me reste à faire. Je dois voir le notaire, régler les pompes funèbres et ensuite je rentrerai à Paris. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Il me vient une idée. Le manque de médecins devenant de plus en plus criant, nombre de patients n’en ont plus et doivent faire des kilomètres pour avoir un rendez-vous. Mon grand-père, quand il était maire, aurait probablement cherché et trouvé des solutions. Enfin, je ne sais pas, mais moi j’en ai une qui me fait sourire en pensant à lui. Je vais garder la maison et je viendrai m’y installer d’ici un an ou deux, comme généraliste. L’entrée qui est assez vaste, une fois réaménagée pourra servir de salle d’attente, je ferai mon cabinet dans la chambre du bas, celle de mes grands-parents ; un bon clin d’œil à leur faire, et j’aurai la grande salle pour m’organiser un salon-séjour-cuisine et les trois chambres à l’étage pour m’étaler. Je pourrai voir tout ça avec un architecte d’intérieur, et avec Madame la maire qui, je l’espère, me proposera de m’aider financièrement pour mon installation. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Oui c’est ça qu’il faut que je fasse ! C’est la meilleure façon de les remercier de tout ce qu’ils ont fait pour moi. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;C’est le cœur plus léger que je file faire quelques courses pour mon dîner.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Ce matin il pleut. Je n’ai pas bien dormi. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Je me fais chauffer un café sur la vieille gazinière derrière laquelle j’ai tant vu ma grand-mère préparer des plats qui sentaient si bon. La camionnette du brocanteur s’arrête juste devant la porte, c’est un grand bonhomme qui en descend et un employé l’accompagne.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt; - Bonjour Clara, tu me reconnais ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt; - Vous-êtes Jean qui venait faire les vendanges chez mon grand-père ? &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;- Exactement ! tu étais encore petite fille et tu aimais bien venir nous regarder couper le raisin et croquer quelques grains avec nous à la pause. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;-Je vous sers un café avant de démarrer ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt; -Merci Clara avec plaisir ! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Jean fait le tour de la maison pour mesurer ce qu’il y a à emporter et réfléchir à ce qu’il faut mettre par priorité dans la camionnette. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;- Je ferai deux tours car il y a pas mal de meubles importants. J’enlève tout ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt; - Oui tout, je ne garde que les albums photos qui sont sur l’étagère, le magnétophone et toutes les cassettes sur le buffet. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Jean, après une longue matinée, termine le déménagement et me salue d’un grand merci puis s’en va.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt; Je reste seule dans cette maison qui s’est vidée de toute sa vie. J’ai réservé une chambre à l’hôtel pour cette nuit, et je rentrerai demain à Paris. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Je prends le magnétophone posé par terre, le carton de cassettes, les albums photos, mais au moment de les mettre dans ma voiture, je constate qu’il y a une cassette qui est restée dedans. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;La dernière écoutée par ma grand-mère sûrement ? Cela m’émeut. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;J’ouvre le couvercle et sur la cassette. Il n’est pas indiqué Litz, Mozart, ou Debussy. Ni Vivaldi, Charles Trenet, Brassens … non il est écrit tout simplement «18 avril - pour Clara » &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;18 avril c’est la veille de son décès. Elle sentait que c’était sa fin ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt; Clara ne peut s’empêcher de rebrancher le magnétophone et d’appuyer sur la touche « ON ».&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt; Un grésillement et c’est la voix de sa grand-mère&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt; - Ma toute petite, si tu écoutes cette cassette c’est que je ne suis plus. La voix est tremblante&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt; - Je n’ai pas eu le courage pendant toutes ces années, mais je voulais absolument, avant de partir, te dire ceci : Je t’ai dit que tes parents étaient décédés dans un accident de voiture, mais seul ton père a perdu la vie en réalité, ta maman est vivante. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Clara arrête la lecture, elle a les jambes qui flageolent, son cœur s’accélère, comment est-ce possible ? &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Elle remet en marche&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;- Ta maman a survécu, mais elle n’a jamais voulu revenir. Dans l’accident elle a perdu une partie de sa mémoire et de ses souvenirs, elle ne se souvenait plus de toi. De plus, elle était défigurée. Après de nombreuses années de soins, d’opérations, de repos, elle a retrouvé partiellement sa mémoire mais elle a eu peur et a pensé que jamais elle ne pourrait être encore une bonne maman pour toi. Elle me disait que tu étais entre de bonnes mains avec ton grand-père et moi et qu’il ne fallait rien changer. Alors elle m’a demandé de te dire qu’elle était morte.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Je n’étais pas d’accord mais j’ai suivi et je m’en veux encore.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt; Pardon ma Clara.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt; Clara s’allonge par terre, elle est anéantie. Elle reprend la lecture. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;- Ta mère est revenue plusieurs fois à ton école quand elle allait mieux, pour te regarder jouer dans la cour pendant la récréation.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt; Amandine pleure et attend un instant avant de reprendre&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt; - Je l’ai suppliée de te parler et de tout t’expliquer afin que vous puissiez vous retrouver. Elle ne voulait pas car elle te savait heureuse et ne voulait pas détruire une nouvelle fois ta vie avec une maman abîmée. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Clara se souvient que quelques fois une femme aux cheveux noirs regardait au travers des grilles dans la cour, et avait l’impression qu’elle lui souriait&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt; - Pardon ma Clara, j’ai gardé son adresse pendant des années, combien de fois j’ai eu envie de t’emmener la voir, de tout te raconter.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt; Amandine donne l’adresse. Clara la note sur son téléphone.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt; - Tu sais Clara, tu as le droit de lui en vouloir, de m’en vouloir aussi, même ton grand père n’était pas au courant, il serait intervenu c’est sûr, le connaissant.&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Je sais que tu vas vouloir la retrouver, je l’espère vraiment.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;- Je t’aime et je t’embrasse de tout mon cœur. Profite de la vie, soit heureuse et n’oublie pas de sourire aux papillons qui viendront voleter autour de toi.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt; La cassette s’arrête là. Clara reste silencieuse, la nuit tombe et la fraîcheur l’incite à rejoindre sa voiture. Elle sait qu’elle ne dormira pas. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Ce matin il fait froid. Clara ne prend pas le temps d’un petit déjeuner à l’hôtel et remonte dans sa voiture. Elle entre l’adresse dans le GPS et file vers la ville et l’adresse à une trentaine de kilomètres.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt; Elle réfléchit pendant toute la route à ce qui va se passer.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt; Elle passe devant une petite maison blanche une première fois puis revient sur ses pas et s’arrête juste à quelques mètres du portillon. Elle respire, boit de l’eau, ouvre la portière et s’approche de l’entrée du petit jardin.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt; Elle passe le portillon, il y a une sonnette à l’entrée de la maison, elle appuie d’un doigt tremblant.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt; La porte s’ouvre.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt; Les deux femmes se regardent, sa mère sait tout de suite de qui il s’agit, Clara de son côté retrouve les traits, malgré les rides, de celle qu’elle n’a vu qu’en photos. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;Sa mère porte une main à sa bouche. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;- Clara ? Puis se met à pleurer &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;- C’est bien toi qui est venue me regarder dans la cour de l’école ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt; - Oui c’est bien moi, et comme j’avais envie de te faire un signe, mais tu n’aurais pas compris. Tu étais si jolie dans ta robe rouge une fois et fleurie une autre fois.&amp;nbsp; J’étais aussi à la sépulture de maman, dans le fond de l’église, je craignais d’être reconnue par un voisin, mais je t’ai regardée, si belle. Je ne suis pas allée au cimetière après, j’y suis passée le lendemain pour déposer un bouquet du jardin. Je suis si heureuse que tu sois venue, et je regrette déjà tellement de ne pas avoir dit la vérité pendant toutes ces années. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;- Je suis heureuse moi aussi de te retrouver maman, il va falloir maintenant que l’on apprenne à se connaître mais plus question d’être séparées, ma nouvelle vie est avec toi tout près de moi. Nous avons beaucoup de temps à rattraper alors commençons sans attendre. Je veux tout savoir.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt; - Moi aussi je veux tout savoir de ta vie pendant toutes ces années et que tu me parles de ce que tu fais, des grands-parents, de tes projets.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt; Clara prend une grande respiration, se tourne vers le petit jardin, un papillon coloré s’échappe du mur, vient voler autour d’elle et hésite même un instant à se poser sur son épaule.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt; Clara sourit puis entre dans la maison.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</content>
		<category term="Catégorie nouvelles" />
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	<entry>
		<title>Le Club des oubliés</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.dominique-dutilleul.fr/textes/10-nouvelles/63-le-club-des-oublies.html"/>
		<published>2026-08-13T13:10:13+00:00</published>
		<updated>2026-08-13T13:10:13+00:00</updated>
		<id>https://www.dominique-dutilleul.fr/textes/10-nouvelles/63-le-club-des-oublies.html</id>
		<author>
			<name>Dominique Dutilleul</name>
		</author>
		<summary type="html">&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif;&quot;&gt;Le Club…des oubliés&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; Chaque semaine, le mardi et le jeudi, à 9h30, 5 retraités se retrouvent au Café de la Place. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Ils occupent toujours la même table, celle qui donne sur la place et la fontaine. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Marc, le patron, prépare 5 cafés dont un crème. Même plus besoin de leur demander ce qu’ils souhaitent, juste un « comme d’habitude ? » auquel tous répondent d'un signe de tête. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;C’est comme ça depuis 8 mois maintenant qu’il pleuve, qu’il neige ou qu’il vente.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; Il y a là Jean-Claude, 66 ans, toujours le premier arrivé, ancien cadre de direction dans une grande compagnie d’assurance pendant près de quarante ans, dans laquelle il a dirigé des équipes marketing et commerciales. Il était connu pour son empathie et surtout un management tourné vers l’accompagnement des collaborateurs. Le téléphone n’arrêtait pas de sonner, il était inondé de mails, mais il se faisait fort de répondre à tout le monde, de rappeler quand nécessaire, partant du principe que toute demande devait trouver réponse rapidement. Et puis, après son départ, quelques appels encore de celles ou ceux qui ne savait pas qu’il avait terminé, pour lui poser une question sur un dossier, ou faire appel à sa mémoire. Et puis, presque plus rien.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; Luc, 67 ans, l’ébéniste aux mains d’or ! il en a créé et réparé des meubles, on venait de toute la France à son atelier pour demander conseil et apporter du mobilier ancien souvent marqueté. Il avait l’art de donner une âme à chacune de ses créations ou réparations. Son atelier était maintenant fermé et il réservait encore quelques interventions à ses bons clients ou ses copains. Mais pour lui aussi le téléphone s’était tu. Il y a là &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Sylvie, 64 ans, institutrice. Pendant plus de 35 ans elle en a vu défiler des gamins à qui elle a appris à lire et écrire. Elle a quitté l’école où elle exerçait, un peu avant sa retraite, suite à un cancer du sein dont elle se remet bien aujourd’hui. Elle se souvient très bien des prénoms de ses élèves, surtout des plus appliqués mais aussi des plus délurés, mais qui tous l’ont marquée. Quelques parents l’ont appelée pendant sa maladie et puis plus rien.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; Paul, 68 ans, médecin généraliste, le vrai médecin de famille qui se déplaçait de jour comme de nuit quand nécessaire. Il connaissait les grands-parents, les parents, les enfants, les générations familiales. Un malin Paul, à chaque femme enceinte il annonçait le sexe de l’enfant à la forme que prenait le ventre de la mère et il écrivait l’autre sexe dans un carnet. Quand l’enfant naissait il prenait plaisir à dire « vous voyez je vous l’avais bien dit » et si ce n’étais pas ce qu’il avait dit il sortait son carnet. Paul connaissait certains des secrets de familles également, mais gardait bien la confidentialité.. Il donnait encore quelques conseils aux amis ou à ceux qui n’avait pas retrouvé de médecin, mais lui non plus n’avait plus beaucoup d’appels. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Et puis il y a Claire, 66 ans, violoniste, qui ne peut plus jouer depuis que l’arthrose a gagné ses doigts. C’était une virtuose qui a accompagné des chanteurs en studio, et a fait partie d’orchestres régionaux, nationaux et même internationaux. Son violon est maintenant posé dans son étui ouvert, sur son grand buffet du salon avec quelques partitions, ses préférées. Plus d’appels d’artistes, de producteurs, la musique qui reste malgré cela toute sa vie, l’accompagne maintenant via les radios et ses vinyles. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Lors de leurs retrouvailles de la semaine ils parlent météo bien sûr, commentent l’actualité, le prix de l’essence, les feux qui se multiplient dans le pays, et viennent rapidement à se raconter des anecdotes, des souvenirs, donner des nouvelles d’une connaissance commune rencontrée récemment.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; Marc, derrière son bar,&amp;nbsp; les écoute avec attention, sourit à certains commentaires, et les observe pour découvrir derrière leurs mots, leurs regards et leurs réflexions, qu'ils ont aujourd’hui le sentiment de ne plus servir à grand chose. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Ce mardi matin de janvier, il neige sur la place. La fontaine est même gelée. Nos cinq amis sont devant leurs cafés, la mine un peu déconfite. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Jean-Claude, en bon organisateur qu’il a toujours été, pose sa tasse dans un bruit un peu sec comme pour réveillerla tablée.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Est-ce que vous avez remarqué quelque chose nous concernant depuis quelques temps ? &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Les quatre autres sortent de leurs pensées et lèvent les yeux vers lui, interrogatifs.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; -Depuis que nous sommes retraités, on nous demande plus grand-chose, on ne voit plus tous ceux qui pourtant étaient nos clients, patients, musiciens, élèves, collaborateurs… et que l’on a accompagnés pendant quelques dizaines d’années. Plus d’appels, peu de nouvelles. Nous sommes tout simplement oubliés ! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;-C’est vrai dit Sylvie, je croise encore certains élèves devenus adultes et parents, mais qui ne me saluent même plus.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; -Pareil dit Paul alors que j’ai soigné des familles entières. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Jean-Claude regarde ses amis, un petit sourire au coin des lèvres. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;-Et si nous faisions quelque chose d’utile maintenant. Nous avons tous acquis une expérience dans chacun de nos domaines. Nous l’avons partagée et nous en avons fait bénéficier nos clients, patients, élèves… Pourquoi ne pas transmettre ces expériences et tout ce que nous savons ?&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Je pourrais par exemple accompagner des jeunes vers l’emploi, les guider dans leurs recherches, les aider à faire un CV, préparer un entretien. Toi Sylvie tu pourrais apprendre à lire à des enfants en difficulté, voire à des parents. Paul, tu pourrais faire de la prévention par quelques interventions dans des associations, et toi Claire, donner des cours de musique et de solfège, aider des artistes en herbe avec tout ton réseau. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Ce sont de grands sourires enthousiastes qui lui répondent. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;- Marc, sers-nous ton meilleur Vouvray pour fêter l’idée ! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Le projet est né. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Le Maire informé de l’idée propose la petite salle attenante à la mairie pour pouvoir recevoir chaque mercredi les personnes intéressées. La presse locale puis régionale s’intéresse à nos cinq retraités et il y a même une journaliste de BFM qui pointe son nez un matin au Café de la Place pour interviewer les nouveaux acteurs. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Le premier mercredi ils sont 3 à venir voir, puis 8 le mercredi suivant, puis quinze, puis ils sont nombreux après les articles et le reportage, obligeant le maire à prêter la salle des fêtes et à nos cinq amis à mettre en place une organisation plus adaptée. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;C’est ainsi que Luc accompagne le jeune Tristan, ce dernier souhaitant devenir lui-même ébéniste sans bien savoir comment s’y prendre et vers qui se tourner. Il lui prodigue des conseils pour construire sa première œuvre et invite Tristan à venir à son atelier pour bénéficier de ses outils, de son savoir-faire et de ses commentaires. Son petit bureau ainsi réalisé va lui donner confiance et le conforter dans son projet.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; Jean-Claude aide Estelle à passer son premier entretien d’embauche. Elle apprend à se présenter, à mettre en avant ses qualités, surtout celles qui répondent aux postes recherchés, il la conseille sur son CV, et son premier entretien s’il n’aboutit pas encore à un recrutement, il lui donne la confiance et l’aplomb pour les suivants et comment palier à l’expérience attendue qu’elle n’a pas encore.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; Paul réunit les jeunes qui se présentent pour aborder les questions médicales et sexuelles qu’ils n’osent pas aborder avec leurs parents. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Claire, sur un tableau, trace des portées et apprend le solfège au petit groupe réuni. Trois jeunes sont venus avec leurs instruments pour jouer leurs compositions et prendre des conseils auprès de la professionnelle. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Sylvie aide les musiciens sur les paroles de leurs chansons et chaque semaine, avec une grande patience, apprend à lire et à écrire à cinq enfants et deux adultes en difficulté. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Un nouveau reportage est tourné par BFM sur les résultats du projet. L’idée fait des émules dans d’autres ville, et les téléphones se remettent à sonner. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;A l’entrée de la salle des fêtes, le maire, pour faire un clin d’œil de remerciement à nos cinq amis, a fait poser une plaque. Pour l’inauguration, quand la toile sur la plaque est enlevée, les cinq explosent de rire.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; « Le Club des oubliés »&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; -C’est vrai que l’on s’est bien sentis oubliés, mais maintenant ce n’est plus le cas ! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;-Mais on garde le nom quand même ! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Ce mardi matin, le traditionnel café est plus long que d’habitude. Ils sont nombreux à être venus en fin de matinée pour trinquer à leur santé, au projet et remercier les cinq retraités. Un journaliste prend des photos, un article est prévu demain dans la presse régionale. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Au Café de la Place le mot &quot;retraite&quot; est maintenant banni, celui ou celle qui le prononce doit payer sa tournée ! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Qu’on se le dise !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</summary>
		<content type="html">&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif;&quot;&gt;Le Club…des oubliés&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; Chaque semaine, le mardi et le jeudi, à 9h30, 5 retraités se retrouvent au Café de la Place. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Ils occupent toujours la même table, celle qui donne sur la place et la fontaine. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Marc, le patron, prépare 5 cafés dont un crème. Même plus besoin de leur demander ce qu’ils souhaitent, juste un « comme d’habitude ? » auquel tous répondent d'un signe de tête. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;C’est comme ça depuis 8 mois maintenant qu’il pleuve, qu’il neige ou qu’il vente.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; Il y a là Jean-Claude, 66 ans, toujours le premier arrivé, ancien cadre de direction dans une grande compagnie d’assurance pendant près de quarante ans, dans laquelle il a dirigé des équipes marketing et commerciales. Il était connu pour son empathie et surtout un management tourné vers l’accompagnement des collaborateurs. Le téléphone n’arrêtait pas de sonner, il était inondé de mails, mais il se faisait fort de répondre à tout le monde, de rappeler quand nécessaire, partant du principe que toute demande devait trouver réponse rapidement. Et puis, après son départ, quelques appels encore de celles ou ceux qui ne savait pas qu’il avait terminé, pour lui poser une question sur un dossier, ou faire appel à sa mémoire. Et puis, presque plus rien.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; Luc, 67 ans, l’ébéniste aux mains d’or ! il en a créé et réparé des meubles, on venait de toute la France à son atelier pour demander conseil et apporter du mobilier ancien souvent marqueté. Il avait l’art de donner une âme à chacune de ses créations ou réparations. Son atelier était maintenant fermé et il réservait encore quelques interventions à ses bons clients ou ses copains. Mais pour lui aussi le téléphone s’était tu. Il y a là &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Sylvie, 64 ans, institutrice. Pendant plus de 35 ans elle en a vu défiler des gamins à qui elle a appris à lire et écrire. Elle a quitté l’école où elle exerçait, un peu avant sa retraite, suite à un cancer du sein dont elle se remet bien aujourd’hui. Elle se souvient très bien des prénoms de ses élèves, surtout des plus appliqués mais aussi des plus délurés, mais qui tous l’ont marquée. Quelques parents l’ont appelée pendant sa maladie et puis plus rien.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; Paul, 68 ans, médecin généraliste, le vrai médecin de famille qui se déplaçait de jour comme de nuit quand nécessaire. Il connaissait les grands-parents, les parents, les enfants, les générations familiales. Un malin Paul, à chaque femme enceinte il annonçait le sexe de l’enfant à la forme que prenait le ventre de la mère et il écrivait l’autre sexe dans un carnet. Quand l’enfant naissait il prenait plaisir à dire « vous voyez je vous l’avais bien dit » et si ce n’étais pas ce qu’il avait dit il sortait son carnet. Paul connaissait certains des secrets de familles également, mais gardait bien la confidentialité.. Il donnait encore quelques conseils aux amis ou à ceux qui n’avait pas retrouvé de médecin, mais lui non plus n’avait plus beaucoup d’appels. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Et puis il y a Claire, 66 ans, violoniste, qui ne peut plus jouer depuis que l’arthrose a gagné ses doigts. C’était une virtuose qui a accompagné des chanteurs en studio, et a fait partie d’orchestres régionaux, nationaux et même internationaux. Son violon est maintenant posé dans son étui ouvert, sur son grand buffet du salon avec quelques partitions, ses préférées. Plus d’appels d’artistes, de producteurs, la musique qui reste malgré cela toute sa vie, l’accompagne maintenant via les radios et ses vinyles. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Lors de leurs retrouvailles de la semaine ils parlent météo bien sûr, commentent l’actualité, le prix de l’essence, les feux qui se multiplient dans le pays, et viennent rapidement à se raconter des anecdotes, des souvenirs, donner des nouvelles d’une connaissance commune rencontrée récemment.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; Marc, derrière son bar,&amp;nbsp; les écoute avec attention, sourit à certains commentaires, et les observe pour découvrir derrière leurs mots, leurs regards et leurs réflexions, qu'ils ont aujourd’hui le sentiment de ne plus servir à grand chose. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Ce mardi matin de janvier, il neige sur la place. La fontaine est même gelée. Nos cinq amis sont devant leurs cafés, la mine un peu déconfite. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Jean-Claude, en bon organisateur qu’il a toujours été, pose sa tasse dans un bruit un peu sec comme pour réveillerla tablée.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Est-ce que vous avez remarqué quelque chose nous concernant depuis quelques temps ? &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Les quatre autres sortent de leurs pensées et lèvent les yeux vers lui, interrogatifs.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; -Depuis que nous sommes retraités, on nous demande plus grand-chose, on ne voit plus tous ceux qui pourtant étaient nos clients, patients, musiciens, élèves, collaborateurs… et que l’on a accompagnés pendant quelques dizaines d’années. Plus d’appels, peu de nouvelles. Nous sommes tout simplement oubliés ! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;-C’est vrai dit Sylvie, je croise encore certains élèves devenus adultes et parents, mais qui ne me saluent même plus.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; -Pareil dit Paul alors que j’ai soigné des familles entières. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Jean-Claude regarde ses amis, un petit sourire au coin des lèvres. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;-Et si nous faisions quelque chose d’utile maintenant. Nous avons tous acquis une expérience dans chacun de nos domaines. Nous l’avons partagée et nous en avons fait bénéficier nos clients, patients, élèves… Pourquoi ne pas transmettre ces expériences et tout ce que nous savons ?&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Je pourrais par exemple accompagner des jeunes vers l’emploi, les guider dans leurs recherches, les aider à faire un CV, préparer un entretien. Toi Sylvie tu pourrais apprendre à lire à des enfants en difficulté, voire à des parents. Paul, tu pourrais faire de la prévention par quelques interventions dans des associations, et toi Claire, donner des cours de musique et de solfège, aider des artistes en herbe avec tout ton réseau. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Ce sont de grands sourires enthousiastes qui lui répondent. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;- Marc, sers-nous ton meilleur Vouvray pour fêter l’idée ! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Le projet est né. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Le Maire informé de l’idée propose la petite salle attenante à la mairie pour pouvoir recevoir chaque mercredi les personnes intéressées. La presse locale puis régionale s’intéresse à nos cinq retraités et il y a même une journaliste de BFM qui pointe son nez un matin au Café de la Place pour interviewer les nouveaux acteurs. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Le premier mercredi ils sont 3 à venir voir, puis 8 le mercredi suivant, puis quinze, puis ils sont nombreux après les articles et le reportage, obligeant le maire à prêter la salle des fêtes et à nos cinq amis à mettre en place une organisation plus adaptée. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;C’est ainsi que Luc accompagne le jeune Tristan, ce dernier souhaitant devenir lui-même ébéniste sans bien savoir comment s’y prendre et vers qui se tourner. Il lui prodigue des conseils pour construire sa première œuvre et invite Tristan à venir à son atelier pour bénéficier de ses outils, de son savoir-faire et de ses commentaires. Son petit bureau ainsi réalisé va lui donner confiance et le conforter dans son projet.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; Jean-Claude aide Estelle à passer son premier entretien d’embauche. Elle apprend à se présenter, à mettre en avant ses qualités, surtout celles qui répondent aux postes recherchés, il la conseille sur son CV, et son premier entretien s’il n’aboutit pas encore à un recrutement, il lui donne la confiance et l’aplomb pour les suivants et comment palier à l’expérience attendue qu’elle n’a pas encore.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; Paul réunit les jeunes qui se présentent pour aborder les questions médicales et sexuelles qu’ils n’osent pas aborder avec leurs parents. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Claire, sur un tableau, trace des portées et apprend le solfège au petit groupe réuni. Trois jeunes sont venus avec leurs instruments pour jouer leurs compositions et prendre des conseils auprès de la professionnelle. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Sylvie aide les musiciens sur les paroles de leurs chansons et chaque semaine, avec une grande patience, apprend à lire et à écrire à cinq enfants et deux adultes en difficulté. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Un nouveau reportage est tourné par BFM sur les résultats du projet. L’idée fait des émules dans d’autres ville, et les téléphones se remettent à sonner. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;A l’entrée de la salle des fêtes, le maire, pour faire un clin d’œil de remerciement à nos cinq amis, a fait poser une plaque. Pour l’inauguration, quand la toile sur la plaque est enlevée, les cinq explosent de rire.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; « Le Club des oubliés »&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; -C’est vrai que l’on s’est bien sentis oubliés, mais maintenant ce n’est plus le cas ! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;-Mais on garde le nom quand même ! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Ce mardi matin, le traditionnel café est plus long que d’habitude. Ils sont nombreux à être venus en fin de matinée pour trinquer à leur santé, au projet et remercier les cinq retraités. Un journaliste prend des photos, un article est prévu demain dans la presse régionale. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Au Café de la Place le mot &quot;retraite&quot; est maintenant banni, celui ou celle qui le prononce doit payer sa tournée ! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: 'comic sans ms', sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Qu’on se le dise !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</content>
		<category term="Catégorie nouvelles" />
	</entry>
	<entry>
		<title>Dis-lui...la suite!</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.dominique-dutilleul.fr/textes/10-nouvelles/62-dis-lui-la-suite.html"/>
		<published>2026-08-01T12:43:24+00:00</published>
		<updated>2026-08-01T12:43:24+00:00</updated>
		<id>https://www.dominique-dutilleul.fr/textes/10-nouvelles/62-dis-lui-la-suite.html</id>
		<author>
			<name>Dominique Dutilleul</name>
		</author>
		<summary type="html">&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Dis-lui!... la suite&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;Lucie attend le retour de Philippe ...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;La journée passe lentement, Lucie ne tient pas en place, elle ouvre un livre, le referme, décide de faire des courses, y renonce, elle n’a besoin de rien en fait. Et si j’allais au cinéma se dit-elle, ou au parc, ou… décidemment elle n’a envie de rien.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Et si j’appelais Philippe sans attendre son retour. Non plus, je vais le déranger pendant ses réunions.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Philippe arrive au TGV de 17h40, Lucie est arrivée à la gare dès 17h15.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Elle est dans le hall à l’attendre, le cherche parmi tous les passagers qui envahissent la gare et le voilà, elle lui fait un grand signe de la main auquel il ne répond pas, il a l’air tendu, ce qui la stresse. Elle lui demande comment s’est passé sa journée, par politesse, mais enchaîne sans bien écouter la réponse.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;- Alors que s’est-il passé, as-tu pu lui parler, qu’est-ce qu’il a répondu ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;- Oui je lui ai passé ton message, il n’a pas pipé mot, il a juste souri et a tourné la tête pour regarder le paysage. Puis nous avons parlé des vacances qui approchent, de nos projets, je l’ai senti ailleurs, et, quand on s’est quittés, il m’a dit qu’il allait t’appeler ce soir ou demain.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;La soirée s’éternise, il n’appellera plus.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;La nuit passe, plutôt blanche que noire, et quand le réveil sonne Lucie se sent dans un état plutôt second. La journée va être difficile.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Il pleut.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Elle prend une douche chaude puis froide, enfile un jean, un chemisier en dentelle et une veste, et ses baskets,&amp;nbsp; pas de vélo ce matin, elle va aller au bureau en voiture aujourd’hui.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Elle se fait un café fort qu’elle ne boit qu’à moitié.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Arrivée au bureau un collègue qu’elle n’a pas salué comme d’habitude lui demande si ça va. Reprends-toi Lucie se dit-elle, fais bonne figure ! La journée bien occupée passe assez vite, Lucie a hâte de rentrer chez elle et garde son téléphone à proximité pendant le trajet de retour et en arrivant à l’appartement. Elle n’ose même pas prendre une douche de peur de perdre l’appel promis.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Il est 18h30 quand son portable sonne.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;C’est lui, c’est Thierry.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;- Bonsoir Lucie dit Thierry d’une voix un peu enrouée.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;- Bonsoir Thierry, quel plaisir de t’entendre !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;- Comment vas-tu ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;- Je vais bien et suis heureuse surtout de ton appel.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;- Philippe m’a fait part de ton message hier matin. J’était très touché pour ne pas dire très ému. J’ai bien sûr été très surpris mais moi aussi heureux, cela fait longtemps que&amp;nbsp; j’ai des sentiments pour toi. Je n’ai jamais osé t’en faire part, simple pudeur peut-être, et cela me semblait impossible.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;- Impossible ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;- Et oui, je suis déjà bien plus vieux que toi et je ne veux pas être un boulet, mais je dois t’avouer surtout que je suis malade depuis quelques mois et que je me suis complétement renfermé. J’ai eu tes appels, tes messages demandant de mes nouvelles, je n’ai ni répondu ni rappelé. Je sais que ce n’est pas malin de ma part mais je ne voulais ni avoir l’air de me plaindre, ni que l’on se croit obligé de venir m’aider par pitié, et j’avais vraiment envie de ne voir personne.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;- Qu’est-ce que tu as ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;- J’ai un cancer du poumon décelé il y a 8 mois, qui semble en bonne voie de guérison. Je n’en ai parlé à personne même pas à Philippe qui pense que je prends le TGV pour Paris pour des rendez-vous professionnels. C’est pour mon suivi médical. Je suis en arrêt de travail.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;- Je m’en fiche que tu sois plus vieux que moi, les sentiments n’ont pas d’âge. Tu as besoin de quelqu’un pour t’accompagner et ne surtout pas rester seul.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Ce quelqu’un c’est moi !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Plutôt que de nous parler au téléphone je te propose de passer te chercher chez toi demain matin à 8h30 pour aller marcher à la mer. Je ne te demande pas ta réponse, c’est oui!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Les premiers kilomètres se font juste dans le bruit du moteur et de la radio qui grésille. Lucie rompt le silence pour donner des nouvelles des amis communs qu’elle a rencontrés récemment ou qu'elle continue de voir régulièrement.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Thierry sort de son silence pour lui poser des questions sur ses activités, ses dernières lectures, il sait que Lucie aime lire. Lui ne lit plus beaucoup mais regarde des reportages de voyages pour s’évader et rêver de projets qu’il aimerait vivre quand il sera rétabli. Le médecin lui a dit que cela participait à la guérison.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Ils arrivent à la mer sous le soleil, c’est marée basse, ils vont pouvoir parcourir la plage sur le sable mouillé, voire les pieds dans l’eau.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Les premiers pas dans le sable frais leur donnent le sourire.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;-La mer, c’est le meilleur des médicaments dit Lucie. J’ai envie de vivre de nombreux moments comme celui-là avec toi, longtemps et pourquoi pas toujours. Oui toujours ! Je voudrais tant que tu me dises ok ! Dis-moi ok !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;- J’ai besoin de réfléchir, j‘ai peur de ne pas pouvoir te donner tout ce que tu attends de moi.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;- Ce que j’attends de toi c’est de marcher sur un même chemin, que tu me parles de toi de tes envies, partager des jours et des nuits, voyager, j’attends que tu m’emmènes découvrir les endroits qui te sont chers, je veux être à tes côtés dans tes joies et dans tes peines.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;La traversée de la plage se termine par une terrasse où ils s’installent le temps de quelques fruits de mer. Lucie ne lit rien dans le regard de Thierry qui semble apaisé, dans ses pensées, rien qui ne trahisse un sentiment, une suite. Elle a peur d’en avoir trop dit et trop fait.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;La route du retour est silencieuse, les regards fixés sur la route.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;- J’espère que je ne t’ai pas trop bousculé avec mes dires et mes sentiments. Tu peux me dire.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;- Tu as bien fait de venir me chercher pour que l’on passe ce moment ensemble, et que l’on se dise ce que l’on a sur le cœur.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;- Surtout moi, répond Lucie en souriant. Tu sais, si tu souhaites que l’on en reste là je comprendrai, il n’y a surtout pas d’obligation.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Quand nous arriverons, je te déposerai chez toi si tu le souhaites, il te suffira de descendre de la voiture et nous resterons bons amis.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Ils arrivent devant la maison de Thierry, Lucie a les mains qui tremblent un peu, elle se gare. Elle est prête à pleurer.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Thierry ouvre la portière…&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Et la referme!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;- Merci Lucie, merci pour ce moment, merci pour tout ce que tu m’as dit.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Ne perdons pas plus de temps, la vie est courte, alors oui, écrivons-la ensemble.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Je t’aime !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</summary>
		<content type="html">&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Dis-lui!... la suite&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;Lucie attend le retour de Philippe ...&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;La journée passe lentement, Lucie ne tient pas en place, elle ouvre un livre, le referme, décide de faire des courses, y renonce, elle n’a besoin de rien en fait. Et si j’allais au cinéma se dit-elle, ou au parc, ou… décidemment elle n’a envie de rien.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Et si j’appelais Philippe sans attendre son retour. Non plus, je vais le déranger pendant ses réunions.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Philippe arrive au TGV de 17h40, Lucie est arrivée à la gare dès 17h15.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Elle est dans le hall à l’attendre, le cherche parmi tous les passagers qui envahissent la gare et le voilà, elle lui fait un grand signe de la main auquel il ne répond pas, il a l’air tendu, ce qui la stresse. Elle lui demande comment s’est passé sa journée, par politesse, mais enchaîne sans bien écouter la réponse.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;- Alors que s’est-il passé, as-tu pu lui parler, qu’est-ce qu’il a répondu ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;- Oui je lui ai passé ton message, il n’a pas pipé mot, il a juste souri et a tourné la tête pour regarder le paysage. Puis nous avons parlé des vacances qui approchent, de nos projets, je l’ai senti ailleurs, et, quand on s’est quittés, il m’a dit qu’il allait t’appeler ce soir ou demain.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;La soirée s’éternise, il n’appellera plus.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;La nuit passe, plutôt blanche que noire, et quand le réveil sonne Lucie se sent dans un état plutôt second. La journée va être difficile.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Il pleut.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Elle prend une douche chaude puis froide, enfile un jean, un chemisier en dentelle et une veste, et ses baskets,&amp;nbsp; pas de vélo ce matin, elle va aller au bureau en voiture aujourd’hui.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Elle se fait un café fort qu’elle ne boit qu’à moitié.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Arrivée au bureau un collègue qu’elle n’a pas salué comme d’habitude lui demande si ça va. Reprends-toi Lucie se dit-elle, fais bonne figure ! La journée bien occupée passe assez vite, Lucie a hâte de rentrer chez elle et garde son téléphone à proximité pendant le trajet de retour et en arrivant à l’appartement. Elle n’ose même pas prendre une douche de peur de perdre l’appel promis.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Il est 18h30 quand son portable sonne.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;C’est lui, c’est Thierry.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;- Bonsoir Lucie dit Thierry d’une voix un peu enrouée.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;- Bonsoir Thierry, quel plaisir de t’entendre !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;- Comment vas-tu ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;- Je vais bien et suis heureuse surtout de ton appel.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;- Philippe m’a fait part de ton message hier matin. J’était très touché pour ne pas dire très ému. J’ai bien sûr été très surpris mais moi aussi heureux, cela fait longtemps que&amp;nbsp; j’ai des sentiments pour toi. Je n’ai jamais osé t’en faire part, simple pudeur peut-être, et cela me semblait impossible.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;- Impossible ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;- Et oui, je suis déjà bien plus vieux que toi et je ne veux pas être un boulet, mais je dois t’avouer surtout que je suis malade depuis quelques mois et que je me suis complétement renfermé. J’ai eu tes appels, tes messages demandant de mes nouvelles, je n’ai ni répondu ni rappelé. Je sais que ce n’est pas malin de ma part mais je ne voulais ni avoir l’air de me plaindre, ni que l’on se croit obligé de venir m’aider par pitié, et j’avais vraiment envie de ne voir personne.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;- Qu’est-ce que tu as ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;- J’ai un cancer du poumon décelé il y a 8 mois, qui semble en bonne voie de guérison. Je n’en ai parlé à personne même pas à Philippe qui pense que je prends le TGV pour Paris pour des rendez-vous professionnels. C’est pour mon suivi médical. Je suis en arrêt de travail.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;- Je m’en fiche que tu sois plus vieux que moi, les sentiments n’ont pas d’âge. Tu as besoin de quelqu’un pour t’accompagner et ne surtout pas rester seul.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Ce quelqu’un c’est moi !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Plutôt que de nous parler au téléphone je te propose de passer te chercher chez toi demain matin à 8h30 pour aller marcher à la mer. Je ne te demande pas ta réponse, c’est oui!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Les premiers kilomètres se font juste dans le bruit du moteur et de la radio qui grésille. Lucie rompt le silence pour donner des nouvelles des amis communs qu’elle a rencontrés récemment ou qu'elle continue de voir régulièrement.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Thierry sort de son silence pour lui poser des questions sur ses activités, ses dernières lectures, il sait que Lucie aime lire. Lui ne lit plus beaucoup mais regarde des reportages de voyages pour s’évader et rêver de projets qu’il aimerait vivre quand il sera rétabli. Le médecin lui a dit que cela participait à la guérison.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Ils arrivent à la mer sous le soleil, c’est marée basse, ils vont pouvoir parcourir la plage sur le sable mouillé, voire les pieds dans l’eau.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Les premiers pas dans le sable frais leur donnent le sourire.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;-La mer, c’est le meilleur des médicaments dit Lucie. J’ai envie de vivre de nombreux moments comme celui-là avec toi, longtemps et pourquoi pas toujours. Oui toujours ! Je voudrais tant que tu me dises ok ! Dis-moi ok !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;- J’ai besoin de réfléchir, j‘ai peur de ne pas pouvoir te donner tout ce que tu attends de moi.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;- Ce que j’attends de toi c’est de marcher sur un même chemin, que tu me parles de toi de tes envies, partager des jours et des nuits, voyager, j’attends que tu m’emmènes découvrir les endroits qui te sont chers, je veux être à tes côtés dans tes joies et dans tes peines.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;La traversée de la plage se termine par une terrasse où ils s’installent le temps de quelques fruits de mer. Lucie ne lit rien dans le regard de Thierry qui semble apaisé, dans ses pensées, rien qui ne trahisse un sentiment, une suite. Elle a peur d’en avoir trop dit et trop fait.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;La route du retour est silencieuse, les regards fixés sur la route.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;- J’espère que je ne t’ai pas trop bousculé avec mes dires et mes sentiments. Tu peux me dire.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;- Tu as bien fait de venir me chercher pour que l’on passe ce moment ensemble, et que l’on se dise ce que l’on a sur le cœur.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;- Surtout moi, répond Lucie en souriant. Tu sais, si tu souhaites que l’on en reste là je comprendrai, il n’y a surtout pas d’obligation.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Quand nous arriverons, je te déposerai chez toi si tu le souhaites, il te suffira de descendre de la voiture et nous resterons bons amis.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Ils arrivent devant la maison de Thierry, Lucie a les mains qui tremblent un peu, elle se gare. Elle est prête à pleurer.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Thierry ouvre la portière…&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Et la referme!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;- Merci Lucie, merci pour ce moment, merci pour tout ce que tu m’as dit.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Ne perdons pas plus de temps, la vie est courte, alors oui, écrivons-la ensemble.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Je t’aime !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</content>
		<category term="Catégorie nouvelles" />
	</entry>
	<entry>
		<title>Dis-lui !</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.dominique-dutilleul.fr/textes/10-nouvelles/61-dis-lui.html"/>
		<published>2026-01-21T16:01:32+00:00</published>
		<updated>2026-01-21T16:01:32+00:00</updated>
		<id>https://www.dominique-dutilleul.fr/textes/10-nouvelles/61-dis-lui.html</id>
		<author>
			<name>Dominique Dutilleul</name>
		</author>
		<summary type="html">&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 18pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Dis-lui !&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; Jusqu’à présent Lucie n’avait confié ses mots et ses pensées qu’au silence. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Ses mots, ses pensées, ont grandi et l’ont envahie comme une marée montante, présents, obstinés, se glissant dans chaque moment de ses journées et de ses pensées, s’invitant dans ses nuits, dans ses rêves, dans ses insomnies. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Parfois, cela frappe si fort dans sa poitrine qu’elle doit s’arrêter, poser une main sur son cœur, respirer lentement, jusqu’à ce que la marée d’émotion se retire. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Elle a appris à vivre ainsi, avec cette présence juste devinée car invisible. Elle n’a jamais connu cela et a beaucoup de mal à prendre du recul. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;C’est vraiment trop puissant, trop ancré, trop gravé pour s’effacer. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Ce matin le ciel est coloré d’un bleu pâle car un fin drap de brume,l’aide doucement lui aussi à sortir de son sommeil. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Il fait déjà chaud en ce début d’été, l’air est sec, il n’y a pas la moindre brise pour rafraîchir. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Dans l’appartement encore imprégné de la nuit qui vient de s’écouler, tout est silence,&amp;nbsp; Lucie s’est levée sans bruit même s’il n’y a personne qu’elle puisse réveiller. C’est une habitude prise depuis son enfance, quand elle aimait se promener la nuit dans la grande maison de ses parents en essayant de ne pas faire craquer le parquet pour ne pas réveiller son père. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Chacun de ses gestes est lent, comme un cérémonial matinal devant le miroir, concentrée, complétement dans ses pensées. Elle a l’habitude d’enfiler un jean, un tee-shirt et des baskets pour partir travailler sur son vélo, avec toujours une tenue plus habillée dans son sac à dos pour être plus chic au bureau. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Cette fois, elle a posé une journée de congé et elle a choisi d'entrée des vêtements avec une attention inhabituelle. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Elle observe longuement son visage dans la grande glace de l’entrée, et fixe la femme qu’elle est devenue à force d’attendre, à force de silences, de peurs et de regrets de ne pas oser. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Elle se prépare un café, puis y renonce. Elle a l’estomac noué.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Elle enfile son blouson de daim, son préféré, presque un compagnon, un porte chance. Elle respire, sort de son appartement, claque doucement la porte et descend les 3 étages. Elle ouvre la grande et lourde porte d'entrée,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Philippe l’attend, fidèle au rendez-vous donné, le visage fermé.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Il tire une dernière bouffée sur sa cigarette et l’écrase dans le caniveau dès qu’il la voit sortir.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Il sait qu’elle déteste le voir fumer. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Philippe a accepté qu’elle l’accompagne à la gare, sans bien savoir ni comprendre pourquoi elle y tient vraiment.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; Elle ne prend pas le train!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Lucie, tout comme la ville, semble retenir son souffle. A cette heure, les vitrines des magasins fermés et sans lumière reflètent deux silhouettes marchant côte à côte comme des solitudes silencieuses.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; Elle garde pour l’instant précieusement ses mots de peur d’en dire trop ou pas assez.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Philippe ne dit rien non plus.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Tout à coup Lucie s’arrête brusquement ! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Le monde, lui, continue de tourner et Philippe d’avancer. Une voiture passe et klaxonne un cycliste qui lui lance quelques insultes. Des enfants crient et rient en rejoignant l’école. Une trottinette double Lucie sur le trottoir en la frôlant. Marre de ces trottinettes qui ne font attention à personne, pense-t-elle. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Philippe se retourne et voyant Lucie arrêtée, vient à sa rencontre.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Lucie le fixe et dès qu’il est à sa hauteur elle lance sans crier gare mais avec douceur :&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; -Dis-lui que je l’aime !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; Les mots tombent comme une pluie de pétales, Philippe les reçoit comme une enclume.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; -Pourquoi moi, pourquoi maintenant demande-t-il ? &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Elle hésite. Puis elle sourit, un sourire fatigué mais soulagé après tous ces jours et ces nuits à y penser. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;-Parce que je n’ai plus le courage de continuer mes silences. C’est devenu trop fort pour pouvoir tout garder pour moi et il n'y a que toi qui puisse m'aider !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;-Mais je comprendrai que tu n'acceptes pas.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Elle pense à tout ce qu’on ne lui a jamais dit petite. Non ça ne faisait pas partie de l’éducation de ses parents de livrer des sentiments aux enfants. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Pas de je t’aime. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Elle pense aussi aux lettres commencées puis déchirées, aux sms écrits la nuit mais jamais envoyés. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Elle a cru que l’amour finirait par s’user. Mais l’amour ne se lasse pas. Il attend. Patiemment. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;- Dis-lui que je l’aime depuis si longtemps, ajoute-t-elle en rentrant dans la gare, sous le regard surpris d’un passant qui les croise.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; Ils arrivent sur le quai. Le TGV est déjà là. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Philippe repère sa voiture, jette un regard à Lucie qu’il devine tendue. Il l’est lui aussi.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; Il lui sourit et monte sans se retourner.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; Lucie regarde au travers des vitres teintées Philippe prendre sa place. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Elle l’aperçoit lui aussi !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; Philippe s’assoit à côté de lui. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Comme chaque semaine ils ont reservé leurs places pour voyager ensemble . Ce n'est pas toujours possible mais ce matin c'est bien le cas.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;2 amis de très longues dates. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Les portes se ferment et le TGV s’élance doucement.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Lucie croise les doigts. Va t-il oser lui dire ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;À travers la vitre, Philippe la regarde s’éloigner.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Rapidement le paysage se met à défiler. Il ferme les yeux. Les mots résonnent encore.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Il attend, hésite, se tourne vers son voisin surpris par son attitude depuis le départ.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; - Elle t’aime ! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Le silence qui suit est coupé par un message de bienvenue du contrôleur, puis c’est celui du barman qui promet une promotion sur les formules des petits déjeuners. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Philippe sourit de ce moment léger, et se tourne de nouveau vers son voisin et ami qu'il croit voir sourire. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Est-ce suite à l'annonce du barman ou du message de Lucie ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Il n'ose pas lui demander.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;em&gt;A vous d’écrire la suite…&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</summary>
		<content type="html">&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 18pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;Dis-lui !&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; Jusqu’à présent Lucie n’avait confié ses mots et ses pensées qu’au silence. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Ses mots, ses pensées, ont grandi et l’ont envahie comme une marée montante, présents, obstinés, se glissant dans chaque moment de ses journées et de ses pensées, s’invitant dans ses nuits, dans ses rêves, dans ses insomnies. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Parfois, cela frappe si fort dans sa poitrine qu’elle doit s’arrêter, poser une main sur son cœur, respirer lentement, jusqu’à ce que la marée d’émotion se retire. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Elle a appris à vivre ainsi, avec cette présence juste devinée car invisible. Elle n’a jamais connu cela et a beaucoup de mal à prendre du recul. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;C’est vraiment trop puissant, trop ancré, trop gravé pour s’effacer. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Ce matin le ciel est coloré d’un bleu pâle car un fin drap de brume,l’aide doucement lui aussi à sortir de son sommeil. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Il fait déjà chaud en ce début d’été, l’air est sec, il n’y a pas la moindre brise pour rafraîchir. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Dans l’appartement encore imprégné de la nuit qui vient de s’écouler, tout est silence,&amp;nbsp; Lucie s’est levée sans bruit même s’il n’y a personne qu’elle puisse réveiller. C’est une habitude prise depuis son enfance, quand elle aimait se promener la nuit dans la grande maison de ses parents en essayant de ne pas faire craquer le parquet pour ne pas réveiller son père. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Chacun de ses gestes est lent, comme un cérémonial matinal devant le miroir, concentrée, complétement dans ses pensées. Elle a l’habitude d’enfiler un jean, un tee-shirt et des baskets pour partir travailler sur son vélo, avec toujours une tenue plus habillée dans son sac à dos pour être plus chic au bureau. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Cette fois, elle a posé une journée de congé et elle a choisi d'entrée des vêtements avec une attention inhabituelle. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Elle observe longuement son visage dans la grande glace de l’entrée, et fixe la femme qu’elle est devenue à force d’attendre, à force de silences, de peurs et de regrets de ne pas oser. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Elle se prépare un café, puis y renonce. Elle a l’estomac noué.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Elle enfile son blouson de daim, son préféré, presque un compagnon, un porte chance. Elle respire, sort de son appartement, claque doucement la porte et descend les 3 étages. Elle ouvre la grande et lourde porte d'entrée,&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Philippe l’attend, fidèle au rendez-vous donné, le visage fermé.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Il tire une dernière bouffée sur sa cigarette et l’écrase dans le caniveau dès qu’il la voit sortir.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Il sait qu’elle déteste le voir fumer. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Philippe a accepté qu’elle l’accompagne à la gare, sans bien savoir ni comprendre pourquoi elle y tient vraiment.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; Elle ne prend pas le train!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Lucie, tout comme la ville, semble retenir son souffle. A cette heure, les vitrines des magasins fermés et sans lumière reflètent deux silhouettes marchant côte à côte comme des solitudes silencieuses.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; Elle garde pour l’instant précieusement ses mots de peur d’en dire trop ou pas assez.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Philippe ne dit rien non plus.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Tout à coup Lucie s’arrête brusquement ! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Le monde, lui, continue de tourner et Philippe d’avancer. Une voiture passe et klaxonne un cycliste qui lui lance quelques insultes. Des enfants crient et rient en rejoignant l’école. Une trottinette double Lucie sur le trottoir en la frôlant. Marre de ces trottinettes qui ne font attention à personne, pense-t-elle. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Philippe se retourne et voyant Lucie arrêtée, vient à sa rencontre.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Lucie le fixe et dès qu’il est à sa hauteur elle lance sans crier gare mais avec douceur :&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; -Dis-lui que je l’aime !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; Les mots tombent comme une pluie de pétales, Philippe les reçoit comme une enclume.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; -Pourquoi moi, pourquoi maintenant demande-t-il ? &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Elle hésite. Puis elle sourit, un sourire fatigué mais soulagé après tous ces jours et ces nuits à y penser. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;-Parce que je n’ai plus le courage de continuer mes silences. C’est devenu trop fort pour pouvoir tout garder pour moi et il n'y a que toi qui puisse m'aider !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;-Mais je comprendrai que tu n'acceptes pas.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Elle pense à tout ce qu’on ne lui a jamais dit petite. Non ça ne faisait pas partie de l’éducation de ses parents de livrer des sentiments aux enfants. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Pas de je t’aime. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Elle pense aussi aux lettres commencées puis déchirées, aux sms écrits la nuit mais jamais envoyés. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Elle a cru que l’amour finirait par s’user. Mais l’amour ne se lasse pas. Il attend. Patiemment. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;- Dis-lui que je l’aime depuis si longtemps, ajoute-t-elle en rentrant dans la gare, sous le regard surpris d’un passant qui les croise.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; Ils arrivent sur le quai. Le TGV est déjà là. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Philippe repère sa voiture, jette un regard à Lucie qu’il devine tendue. Il l’est lui aussi.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; Il lui sourit et monte sans se retourner.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; Lucie regarde au travers des vitres teintées Philippe prendre sa place. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Elle l’aperçoit lui aussi !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; Philippe s’assoit à côté de lui. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Comme chaque semaine ils ont reservé leurs places pour voyager ensemble . Ce n'est pas toujours possible mais ce matin c'est bien le cas.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;2 amis de très longues dates. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Les portes se ferment et le TGV s’élance doucement.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Lucie croise les doigts. Va t-il oser lui dire ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;À travers la vitre, Philippe la regarde s’éloigner.&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Rapidement le paysage se met à défiler. Il ferme les yeux. Les mots résonnent encore.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Il attend, hésite, se tourne vers son voisin surpris par son attitude depuis le départ.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; - Elle t’aime ! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Le silence qui suit est coupé par un message de bienvenue du contrôleur, puis c’est celui du barman qui promet une promotion sur les formules des petits déjeuners. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Philippe sourit de ce moment léger, et se tourne de nouveau vers son voisin et ami qu'il croit voir sourire. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Est-ce suite à l'annonce du barman ou du message de Lucie ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Il n'ose pas lui demander.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;em&gt;A vous d’écrire la suite…&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</content>
		<category term="Catégorie nouvelles" />
	</entry>
	<entry>
		<title>Un dimanche avec Toi</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.dominique-dutilleul.fr/textes/10-nouvelles/60-un-dimanche-avec-toi-2.html"/>
		<published>2025-11-09T17:21:53+00:00</published>
		<updated>2025-11-09T17:21:53+00:00</updated>
		<id>https://www.dominique-dutilleul.fr/textes/10-nouvelles/60-un-dimanche-avec-toi-2.html</id>
		<author>
			<name>Dominique Dutilleul</name>
		</author>
		<summary type="html">&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;strong&gt;Un dimanche avec Toi &lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Ce dimanche matin, la mer est encore tout enveloppée de brume. C’est marée haute !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Julien gare la voiture sur le petit parking de la plage, juste avant la barrière de bois qui empêche les camping-cars de venir s’installer sur le bord de mer. Il descend lentement, contourne le véhicule, puis ouvre la portière du passager. Son père l’attend, les mains posées sur ses genoux, les yeux dans le vide, il est paisible. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;-On est arrivés, papa. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;-Déjà ? fait le vieil homme, surpris. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Julien sourit. Ils font le même trajet chaque dimanche depuis plus d’1 an, et pourtant, c’est toujours comme une première fois pour son père. Il l’aide à sortir, à redresser ses jambes un peu raides.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; La marche jusqu’au banc n’est pas longue mais elle semble un périple. Le père s’accroche au bras de son fils avec la prudence d’un enfant. Le sable épais et mouillé craque légèrement sous leurs pas. Il a plu presque toute la semaine. L’air sent les pins tout proches et l’humidité, et le soleil est en train de monter. Cette journée d’automne s’annonce belle côté météo. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Quand ils atteignent le banc avec vue sur mer, le vieil homme s’assoit avec un soupir et son regard se perd dans les reflets argentés. Elle est haute et ce matin on ne voit ni les moulières ni les rochers. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;-Tu te souviens où on est ? demande Julien, comme chaque fois.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; -Me souvenir de quoi ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - C’est ici que l’on venait à la pêche dans les rochers.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Ah oui ! les rochers ! murmure le père, pensif. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Un sourire fugace traverse son visage, comme un souvenir qui hésite à revenir à la surface, puis s’éteint.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - C’est toi qui m’as appris papa, comme ton grand père l’avait fait avec toi : à glisser le filet sous les algues des rochers pour prendre des bouquets, à chercher les homards dans les trous avec un crochet, à ramasser les moules tombées au pied des pieux, et à mettre du sel dans les trous des couteaux pour espérer en voir sortir un et l’attraper très vite avant qu’il ne se renfonce. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Son père sourit ! Julien regarde les rides profondes qui sillonnent ce visage autrefois si fort. Les mains qui jardinaient tant tremblent légèrement. Il se demande à quel moment exact la mémoire de son père a commencé à s’effilocher. Ce n’était pas soudain, non. Comme une lente fuite goutte à goutte, jusqu’à ce que le récipient soit vide.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;-Elle vient aussi, ta mère ? demande soudain le vieil homme. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Julien baisse les yeux. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;-Elle est partie, papa. Tu te souviens ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; -Partie ? Mais où ça ? &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;-Là-haut, peut-être ! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;-Ah… oui ! Là-haut… &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Le silence s’installe. Les mouettes crient au-dessus de leur tête, d’autres plongent dans les bancs de poissons. Un couple passe sur la plage main dans la main, et leur adresse un sourire. Julien serre les doigts de son père. Ce n’est pas seulement l’homme qui s’en va, pense-t-il. C’est tout un monde, les histoires, les rires, les gestes familiers. Tout s’efface petit à petit, morceau par morceau. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;- Tu travailles toujours dans ton entreprise ? demande son père, avec un air sérieux.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; Julien hésite. Cela fait 3 ans qu’il a quitté “son entreprise” pour consacrer tout son temps à l’écriture, sa véritable passion, avec l’idée de devenir romancier. Mais il répond simplement : &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;-Oui toujours papa !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; Le vieil homme hoche la tête, satisfait. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Julien a appris à ne plus corriger. La vérité n’a plus d’importance. Ce qui compte, c’est voir la paix dans les yeux de son père.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; -Comment s’appellent tes enfants déjà ? &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;-Lucie qui a 22 ans maintenant et Jules a 18 ans. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;-Ah oui c’est vrai ! ça fait bien longtemps que je ne les ai pas vus. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Julien ne dit rien, ils sont passés voir son père il y a 3 jours et Lucie l’appelle tous les mercredis pour couper la semaine.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; Le soleil perce enfin la brume. Il est encore tôt. Quelques bateaux de pêche rentrent encore au port. Julien sort un petit paquet de gâteaux de sa poche, les mêmes que son père aimait. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;-Tiens papa, tu veux un biscuit ? &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;-Oh, merci… C’est bon, ça, dit-il en mâchant lentement. Ce sont ceux que ta mère faisait non ? &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Julien acquiesce. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;-Oui papa, les mêmes. Ils ont sûrement copié sa recette&amp;nbsp; !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; Une larme lui vient sans prévenir. Il détourne la tête pour que son père ne la voit pas. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Le temps passe, tranquille. Les quelques nuages et le soleil donnent à la mer des reflets bleu-vert. Il n’y a que le bruit du silence derrière chaque vague. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Au moment de repartir, le père reste assis. Il regarde autour de lui, un peu perdu.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; -On revient demain ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; -Non papa, on reviendra dimanche prochain. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;-D’accord… dimanche prochain. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Julien le regarde sourire de satisfaction. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Sur le chemin du retour, son père s’endort. Sa tête penche contre la vitre, et un rayon de soleil caresse ses cheveux poivre et sel. Julien conduit lentement, sans musique. Il repense à ces jours anciens où c’était lui, petit garçon, qui s’endormait sur le siège passager, en rentrant de la pêche. La vie a simplement inversé les rôles. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Quand il se gare devant la maison de retraite, il reste un instant immobile, le moteur coupé. Il ne sait pas combien de temps il lui reste encore à partager ces dimanches. Peut-être un an. Peut-être un mois. Mais il sait qu’il reviendra, encore et encore, tant qu’il le faudra. Chloé son épouse et les enfants sont d’accord pour laisser Julien chaque dimanche matin emmener son père sur « son banc » devant la mer. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Il y a des souvenirs que l’on peut garder et partager à deux, même quand un seul se souvient.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; La voiture vibre encore légèrement au ralenti, comme si elle refusait de s’éteindre tout à fait. À côté de lui, son père dort, la tête penchée, les lèvres entrouvertes. Il respire doucement, comme un enfant. Julien le regarde, le cœur serré. Il y a quelques années à peine, cet homme conduisait sa voiture, partait en randonnée avec des copains, passait au comptoir du bar du village pour serrer des mains comme pour faire campagne, et boire une bière.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; Aujourd’hui, il flotte simplement, entre deux mondes. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Julien sort de la voiture, fait le tour, et ouvre la portière du passager.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Allez, papa, on est arrivés. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Le vieil homme entrouvre les yeux.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; -Déjà ? &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;- Oui. Tu t’es un peu assoupi, c’est tout.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; Il l’aide à sortir. Le vent d’octobre s’est levé, chargé d’odeur de pluie malgré le soleil. Les allées du jardin sont presque désertes. Quelques pensionnaires marchent lentement, appuyés sur leur canne, le regard vers le sol, comme des ombres qui se croisent sans se voir.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; Dans le hall, une aide-soignante s’approche avec un sourire.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; -Bonjour, Monsieur Louvier ! Alors, la promenade, c’était bien ? &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Le père la regarde sans la reconnaître, puis hoche vaguement la tête. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;-Oui, oui… nous sommes allés à la pêche!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Julien sourit. C’était bien, confirme-t-il. On a pris l’air. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Ils traversent le couloir. Sur les murs, des dessins d’enfants sont accrochés : 20 septembre « Fête de l’automne à la maison de retraite ». Julien se souvient que c’est bientôt. Il viendra, bien sûr. Même si son père oublie, il viendra au repas avec lui. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Dans la chambre, tout est en ordre. Le lit est fait, la lampe allumée. Une photo trône sur la table de chevet : lui, enfant, sur les genoux de son père, tenant fièrement une petite épuisette, et tout à côté sa maman. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;-Regarde, papa. Tu te souviens de cette photo ? &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Le vieil homme plisse les yeux. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;-C’est toi, ça ? &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;-Oui papa. Et toi avec maman ! tu m’avais emmené pêcher les crevettes dans les rochers et maman avait préparé un pique-nique sur la plage. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;-Ah oui… la pêche. On en attrapait des belles, hein ? &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Julien sourit. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;-Oui, papa. De très belles.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; Il aide son père à s’allonger, ajuste la couverture, puis reste un moment assis au bord du lit. Le vieil homme ferme les yeux, épuisé.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Tu reviens quand ? murmure-t-il.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; -Dimanche, comme toujours. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;-D’accord… dimanche. Tu promets ? &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;- Je promets. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;-Alors… à dimanche, fiston.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; Le mot « fiston » sort dans un souffle. C’est un mot rare, un vestige d’avant, un fil qui relie encore le présent au passé.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; Julien se lève doucement. Il reste un moment dans l’encadrement de la porte, à le regarder dormir. Puis il sort. Dehors, le vent a tourné. Julien s’arrête un instant près du portail et lève les yeux vers le ciel comme pour faire une prière. Il pense au banc de la mer, à leur place du dimanche. Il se dit qu’un jour, il continuera même à y retourner seul. Mais tant que son père sera là, tant qu’il dira encore « fiston », sûr il viendra. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Il fait froid ce matin-là. Le ciel est gris, la mer est calme Julien est venu seul pour la première fois. Sur le banc, celui qu’ils occupaient chaque dimanche, un peu de sable s’est déposé avec le vent. Il le balaie doucement de la main avant de s’asseoir. Le bois est humide, mais il ne s’en soucie pas. Il regarde la mer, et tout revient. Il se souvient du rire de son père, de sa voix forte qui portait au-dessus du vent, de ses gestes précis quand il passait l’épuisette dans les rochers ou le crochet dans les trous. Il se souvient aussi de ses silences, de son regard absent les derniers mois, des mots qui s’effaçaient, un à un, jusqu’au dernier. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Son père est parti cet hiver, 3 jours avant Noël, doucement, sans bruit. On l’a trouvé endormi, le visage paisible. Julien était venu la veille avec Chloé et ses enfants le voir. Ils n’avaient presque pas parlé. À la fin, son père avait murmuré, d’une voix lointaine : &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;-C’est demain, la mer ? &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Julien avait répondu :&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; -Oui, papa. Demain, c’est dimanche. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;C’était la dernière chose qu’ils se sont dites. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Julien regarde la mer, écoute le vent, et imagine son père assis à côté de lui, les mains jointes sur sa canne. Il lui parle à voix basse.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;- Tu sais, papa j’ai décidé de venir à la pêche à chaque grande marée, comme avant avec toi. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Un sourire lui échappe. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;-Un jour j’accompagnerai mes petits enfants comme tu l’as fait avec moi. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Le vent passe, léger, comme une caresse sur sa joue. Alors Julien se dit que peut-être, la mémoire éternelle c’est ce que l’on garde toujours de ceux que l’on aime.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; Le soleil prend un peu le pas au-dessus des nuages, jetant sur la mer une lueur blanche. Julien ferme les yeux.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; -À dimanche, papa, murmure-t-il.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; Puis il se lève, lentement, et rejoint sa voiture. Il ouvre et referme la portière côté passager, comme un rituel. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Une brise soulève le sable du parking et un rayon de soleil perce à cet instant juste au-dessus de sa tête. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Comme un signe !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;</summary>
		<content type="html">&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;strong&gt;Un dimanche avec Toi &lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Ce dimanche matin, la mer est encore tout enveloppée de brume. C’est marée haute !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Julien gare la voiture sur le petit parking de la plage, juste avant la barrière de bois qui empêche les camping-cars de venir s’installer sur le bord de mer. Il descend lentement, contourne le véhicule, puis ouvre la portière du passager. Son père l’attend, les mains posées sur ses genoux, les yeux dans le vide, il est paisible. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;-On est arrivés, papa. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;-Déjà ? fait le vieil homme, surpris. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Julien sourit. Ils font le même trajet chaque dimanche depuis plus d’1 an, et pourtant, c’est toujours comme une première fois pour son père. Il l’aide à sortir, à redresser ses jambes un peu raides.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; La marche jusqu’au banc n’est pas longue mais elle semble un périple. Le père s’accroche au bras de son fils avec la prudence d’un enfant. Le sable épais et mouillé craque légèrement sous leurs pas. Il a plu presque toute la semaine. L’air sent les pins tout proches et l’humidité, et le soleil est en train de monter. Cette journée d’automne s’annonce belle côté météo. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Quand ils atteignent le banc avec vue sur mer, le vieil homme s’assoit avec un soupir et son regard se perd dans les reflets argentés. Elle est haute et ce matin on ne voit ni les moulières ni les rochers. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;-Tu te souviens où on est ? demande Julien, comme chaque fois.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; -Me souvenir de quoi ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - C’est ici que l’on venait à la pêche dans les rochers.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Ah oui ! les rochers ! murmure le père, pensif. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Un sourire fugace traverse son visage, comme un souvenir qui hésite à revenir à la surface, puis s’éteint.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - C’est toi qui m’as appris papa, comme ton grand père l’avait fait avec toi : à glisser le filet sous les algues des rochers pour prendre des bouquets, à chercher les homards dans les trous avec un crochet, à ramasser les moules tombées au pied des pieux, et à mettre du sel dans les trous des couteaux pour espérer en voir sortir un et l’attraper très vite avant qu’il ne se renfonce. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Son père sourit ! Julien regarde les rides profondes qui sillonnent ce visage autrefois si fort. Les mains qui jardinaient tant tremblent légèrement. Il se demande à quel moment exact la mémoire de son père a commencé à s’effilocher. Ce n’était pas soudain, non. Comme une lente fuite goutte à goutte, jusqu’à ce que le récipient soit vide.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;-Elle vient aussi, ta mère ? demande soudain le vieil homme. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Julien baisse les yeux. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;-Elle est partie, papa. Tu te souviens ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; -Partie ? Mais où ça ? &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;-Là-haut, peut-être ! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;-Ah… oui ! Là-haut… &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Le silence s’installe. Les mouettes crient au-dessus de leur tête, d’autres plongent dans les bancs de poissons. Un couple passe sur la plage main dans la main, et leur adresse un sourire. Julien serre les doigts de son père. Ce n’est pas seulement l’homme qui s’en va, pense-t-il. C’est tout un monde, les histoires, les rires, les gestes familiers. Tout s’efface petit à petit, morceau par morceau. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;- Tu travailles toujours dans ton entreprise ? demande son père, avec un air sérieux.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; Julien hésite. Cela fait 3 ans qu’il a quitté “son entreprise” pour consacrer tout son temps à l’écriture, sa véritable passion, avec l’idée de devenir romancier. Mais il répond simplement : &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;-Oui toujours papa !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; Le vieil homme hoche la tête, satisfait. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Julien a appris à ne plus corriger. La vérité n’a plus d’importance. Ce qui compte, c’est voir la paix dans les yeux de son père.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; -Comment s’appellent tes enfants déjà ? &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;-Lucie qui a 22 ans maintenant et Jules a 18 ans. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;-Ah oui c’est vrai ! ça fait bien longtemps que je ne les ai pas vus. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Julien ne dit rien, ils sont passés voir son père il y a 3 jours et Lucie l’appelle tous les mercredis pour couper la semaine.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; Le soleil perce enfin la brume. Il est encore tôt. Quelques bateaux de pêche rentrent encore au port. Julien sort un petit paquet de gâteaux de sa poche, les mêmes que son père aimait. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;-Tiens papa, tu veux un biscuit ? &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;-Oh, merci… C’est bon, ça, dit-il en mâchant lentement. Ce sont ceux que ta mère faisait non ? &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Julien acquiesce. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;-Oui papa, les mêmes. Ils ont sûrement copié sa recette&amp;nbsp; !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; Une larme lui vient sans prévenir. Il détourne la tête pour que son père ne la voit pas. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Le temps passe, tranquille. Les quelques nuages et le soleil donnent à la mer des reflets bleu-vert. Il n’y a que le bruit du silence derrière chaque vague. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Au moment de repartir, le père reste assis. Il regarde autour de lui, un peu perdu.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; -On revient demain ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; -Non papa, on reviendra dimanche prochain. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;-D’accord… dimanche prochain. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Julien le regarde sourire de satisfaction. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Sur le chemin du retour, son père s’endort. Sa tête penche contre la vitre, et un rayon de soleil caresse ses cheveux poivre et sel. Julien conduit lentement, sans musique. Il repense à ces jours anciens où c’était lui, petit garçon, qui s’endormait sur le siège passager, en rentrant de la pêche. La vie a simplement inversé les rôles. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Quand il se gare devant la maison de retraite, il reste un instant immobile, le moteur coupé. Il ne sait pas combien de temps il lui reste encore à partager ces dimanches. Peut-être un an. Peut-être un mois. Mais il sait qu’il reviendra, encore et encore, tant qu’il le faudra. Chloé son épouse et les enfants sont d’accord pour laisser Julien chaque dimanche matin emmener son père sur « son banc » devant la mer. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Il y a des souvenirs que l’on peut garder et partager à deux, même quand un seul se souvient.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; La voiture vibre encore légèrement au ralenti, comme si elle refusait de s’éteindre tout à fait. À côté de lui, son père dort, la tête penchée, les lèvres entrouvertes. Il respire doucement, comme un enfant. Julien le regarde, le cœur serré. Il y a quelques années à peine, cet homme conduisait sa voiture, partait en randonnée avec des copains, passait au comptoir du bar du village pour serrer des mains comme pour faire campagne, et boire une bière.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; Aujourd’hui, il flotte simplement, entre deux mondes. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Julien sort de la voiture, fait le tour, et ouvre la portière du passager.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Allez, papa, on est arrivés. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Le vieil homme entrouvre les yeux.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; -Déjà ? &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;- Oui. Tu t’es un peu assoupi, c’est tout.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; Il l’aide à sortir. Le vent d’octobre s’est levé, chargé d’odeur de pluie malgré le soleil. Les allées du jardin sont presque désertes. Quelques pensionnaires marchent lentement, appuyés sur leur canne, le regard vers le sol, comme des ombres qui se croisent sans se voir.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; Dans le hall, une aide-soignante s’approche avec un sourire.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; -Bonjour, Monsieur Louvier ! Alors, la promenade, c’était bien ? &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Le père la regarde sans la reconnaître, puis hoche vaguement la tête. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;-Oui, oui… nous sommes allés à la pêche!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Julien sourit. C’était bien, confirme-t-il. On a pris l’air. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Ils traversent le couloir. Sur les murs, des dessins d’enfants sont accrochés : 20 septembre « Fête de l’automne à la maison de retraite ». Julien se souvient que c’est bientôt. Il viendra, bien sûr. Même si son père oublie, il viendra au repas avec lui. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Dans la chambre, tout est en ordre. Le lit est fait, la lampe allumée. Une photo trône sur la table de chevet : lui, enfant, sur les genoux de son père, tenant fièrement une petite épuisette, et tout à côté sa maman. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;-Regarde, papa. Tu te souviens de cette photo ? &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Le vieil homme plisse les yeux. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;-C’est toi, ça ? &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;-Oui papa. Et toi avec maman ! tu m’avais emmené pêcher les crevettes dans les rochers et maman avait préparé un pique-nique sur la plage. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;-Ah oui… la pêche. On en attrapait des belles, hein ? &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Julien sourit. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;-Oui, papa. De très belles.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; Il aide son père à s’allonger, ajuste la couverture, puis reste un moment assis au bord du lit. Le vieil homme ferme les yeux, épuisé.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Tu reviens quand ? murmure-t-il.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; -Dimanche, comme toujours. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;-D’accord… dimanche. Tu promets ? &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;- Je promets. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;-Alors… à dimanche, fiston.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; Le mot « fiston » sort dans un souffle. C’est un mot rare, un vestige d’avant, un fil qui relie encore le présent au passé.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; Julien se lève doucement. Il reste un moment dans l’encadrement de la porte, à le regarder dormir. Puis il sort. Dehors, le vent a tourné. Julien s’arrête un instant près du portail et lève les yeux vers le ciel comme pour faire une prière. Il pense au banc de la mer, à leur place du dimanche. Il se dit qu’un jour, il continuera même à y retourner seul. Mais tant que son père sera là, tant qu’il dira encore « fiston », sûr il viendra. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt; font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Il fait froid ce matin-là. Le ciel est gris, la mer est calme Julien est venu seul pour la première fois. Sur le banc, celui qu’ils occupaient chaque dimanche, un peu de sable s’est déposé avec le vent. Il le balaie doucement de la main avant de s’asseoir. Le bois est humide, mais il ne s’en soucie pas. Il regarde la mer, et tout revient. Il se souvient du rire de son père, de sa voix forte qui portait au-dessus du vent, de ses gestes précis quand il passait l’épuisette dans les rochers ou le crochet dans les trous. Il se souvient aussi de ses silences, de son regard absent les derniers mois, des mots qui s’effaçaient, un à un, jusqu’au dernier. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Son père est parti cet hiver, 3 jours avant Noël, doucement, sans bruit. On l’a trouvé endormi, le visage paisible. Julien était venu la veille avec Chloé et ses enfants le voir. Ils n’avaient presque pas parlé. À la fin, son père avait murmuré, d’une voix lointaine : &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;-C’est demain, la mer ? &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Julien avait répondu :&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; -Oui, papa. Demain, c’est dimanche. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;C’était la dernière chose qu’ils se sont dites. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Julien regarde la mer, écoute le vent, et imagine son père assis à côté de lui, les mains jointes sur sa canne. Il lui parle à voix basse.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;- Tu sais, papa j’ai décidé de venir à la pêche à chaque grande marée, comme avant avec toi. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Un sourire lui échappe. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;-Un jour j’accompagnerai mes petits enfants comme tu l’as fait avec moi. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Le vent passe, léger, comme une caresse sur sa joue. Alors Julien se dit que peut-être, la mémoire éternelle c’est ce que l’on garde toujours de ceux que l’on aime.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; Le soleil prend un peu le pas au-dessus des nuages, jetant sur la mer une lueur blanche. Julien ferme les yeux.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; -À dimanche, papa, murmure-t-il.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; Puis il se lève, lentement, et rejoint sa voiture. Il ouvre et referme la portière côté passager, comme un rituel. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Une brise soulève le sable du parking et un rayon de soleil perce à cet instant juste au-dessus de sa tête. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Comme un signe !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;</content>
		<category term="Catégorie nouvelles" />
	</entry>
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		<title>LES QUATRE VENTS</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.dominique-dutilleul.fr/textes/10-nouvelles/58-les-quatre-vents.html"/>
		<published>2025-09-25T14:58:38+00:00</published>
		<updated>2025-09-25T14:58:38+00:00</updated>
		<id>https://www.dominique-dutilleul.fr/textes/10-nouvelles/58-les-quatre-vents.html</id>
		<author>
			<name>Dominique Dutilleul</name>
		</author>
		<summary type="html">&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp;LES QUATRE VENTS&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &lt;em&gt;&amp;nbsp;La maison de l’enfance&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Elise ferme la porte de sa cabine de plage pour la toute dernière fois !&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Elle tourne la clé, vérifie que la porte est bien fermée. C’est son rituel depuis toujours, même si maintenant il n’y a plus rien à voler. Elle est totalement vide. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Jouets de plage, cerfs-volants, porte-manteaux, bouées… Elise a tout mis dans de grands sacs que Louis a déjà remportés à Paris et rangés dans la cave de leur résidence. Elle reste silencieuse quelques instants devant « Les Mouettes », la cabine qui est dans la famille depuis tant d’années, pour ne pas dire des générations, et transmise lors du décès de sa mère il y a 18 ans. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;C’est une cabine qui a vu passer ses grands-parents, ses parents, ses enfants et petits-enfants, et aussi les copains. C’est un lieu de rendez-vous où tous se retrouvaient chaque année l’été et parfois même pendant l’année.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;La mairie a décidé d’aligner de nouvelles cabines colorées, et met fin aux concessions familiales historiques pour organiser les nouvelles implantations.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Elise est dans ses pensées devant la porte, vérifie une nouvelle fois qu’elle est bien fermée, tout en sachant pertinemment que le bulldozer qui va venir l’écraser n’aura pas besoin de clé. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Son train part dans 2 heures et elle a maintenant encore le temps de passer devant la maison pour une photo souvenir. Elle ne l’a pas revue depuis quelques mois. Trop difficile !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Elle reste figée devant le portail en voyant un grand panneau « à vendre » avec les coordonnées de l’agence immobilière. Elise prend une photo de la maison et du panneau et il y a comme un éclair dans sa tête. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Puis elle file vers la gare, la tête toute retournée par ce qu’elle vient de voir. Elle s’arrête au tabac-presse, le temps d’acheter un journal, et marque une pose devant le rayon papeterie où un cahier à spirales et à petits carreaux aux couleurs de la station balnéaire semble lui faire un signe. Et si elle écrivait ses souvenirs d’ici pour transmettre aux enfants et petits-enfants ? &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Elle paye et rejoint la gare. Louis doit l’attendre à l’appartement à Paris, s’il n’a pas profité de l’absence d’Elise pour passer un peu de temps à son cabinet d’ophtalmo. Il suit encore quelques patients, ayant passé en grande partie la main à son associé, avant de partir définitivement d’ici un an.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Il saura la réconforter après toutes ces émotions. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Le TER donne un rythme à son écriture et malgré quelques dérapages de stylo avec les secousses, les mots viennent d’eux-mêmes. Les yeux humides, Louise pose ses premiers souvenirs sur les petits carreaux. Elle raconte ses propres vacances avec ses grands-parents et parents, ses étés de bonheur avec les cousins, tous entassés dans les chambres, les parties de cartes jusqu’à point d’heure, rires, chuchotements, batailles d’oreillers, et les grandes journées à la plage avec le pique-nique, la pêche aux crevettes, les balades. Des vacances familiales simples et heureuses. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Puis elle en vient à l’héritage et à la maison « les Quatre Vents ». &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;em&gt;« J’ai hérité de la cabine de plage quand maman est décédée de son cancer il y a 18 ans. Elle l’avait reçue elle-même de sa mère. C’était la tradition familiale. Louis, votre papa et Papy, médecin ophtalmo, mais aussi grand bricoleur devant l’éternel, avait refait complètement le toit usé par les pluies et avait posé une peinture de bateau pour le protéger des intempéries et du soleil. Elle gardait tout son charme et plus d’une fois on m’a même demandé si je la vendais. Et puis nos quelques travaux familiaux de peinture, d’isolation et d’aménagement nous ont permis de nous retrouver régulièrement et nous donner de bons prétextes pour réunir la famille. &lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;em&gt;Au décès de maman j’ai également hérité de plein droit, en tant que fille unique, de la maison de la mer, « les Quatre Vents », dans la famille également depuis quelques générations. Une&lt;/em&gt; &lt;em&gt;grande bâtisse avec un jardin gazonné et fleuri. Si nous arrivions à bien gérer et entretenir la cabine, qu’allions nous faire de cette grande maison en plus de notre résidence parisienne ? D’autant plus qu’elle était aménagée très simplement, pour passer des étés et quelques vacances de Pâques avec les petits-enfants. Il fallait faire de nombreux travaux de peinture, de chauffage, la cuisine à aménager, les cabinets de toilette à améliorer, pour ajouter un confort permettant d’y venir plus régulièrement. &lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;em&gt;Après quelques semaines et nuits de réflexion, nous avons décidé, à contre cœur, il faut le dire, de la vendre. La charge était trop lourde. Vous nous en avez un peu voulu sans trop en parler mes chéris car vous avez bien compris notre dilemme notamment financier. Maman a dû se retourner dans sa tombe, la transmission intergénérationnelle s’arrêtait là ! Mais on ne pouvait vraiment pas faire autrement » &lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Le voyage passe très vite!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Elise a peu regardé le paysage et le journal est resté dans son sac. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Arrivée à Montparnasse, Elise, encore trop dans ses pensées, n’a pas envie de rentrer tout de suite. Il lui faut environ 30 minutes à pied pour rejoindre l’appartement. Elle veut passer encore un peu de temps dans son cahier et ses souvenirs. Quand elle traverse le hall de la gare, elle s’arrête un instant pour écouter un jeune homme au piano mis à disposition par la gare, et une jeune fille au violon, très applaudis par des voyageurs qui se sont massés en attendant probablement leur train (1) &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Elise sort de la gare et se dirige vers la maison. Elle s’arrête dans un café-brasserie « le Welcome » où elle aime s’asseoir de temps en temps, à l’intérieur ou en terrasse, suivant les saisons. Elle y a une table préférée d’où elle peut observer la rue, elle adore ça. Elle aime y retrouver Louis parfois, après ses journées de consultations, avant de rentrer tous les deux à l’appartement. Le Welcome est un café « suspendu ». Il est possible de payer par avance un café, un sandwich, un plat du jour, que le patron pourra offrir à une personne dans le besoin. Il accroche la note bien en vue à un fil tendu sur un mur et sait ainsi en permanence ce qui est à disposition. Quelques habitués, souvent sans domiciles ou sans argent, passent régulièrement pour un café ou un repas chaud. Une superbe idée, et le fil est très souvent garni de tickets grâce au bon cœur des clients. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Elise s’installe à sa table heureusement libre, les clients, ce jour-là, étant plutôt en terrasse par ce beau temps. Elle sort son cahier et commande un café pour elle et un plat du jour à offrir. Elle jette un œil au journal et un des titres lui saute aux yeux. « Et vous, rachèteriez-vous votre maison d’enfance ? » (2) &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Elle lit les premières lignes. Un sondage indique que 17% des Français y pensent. Elle lira complètement l’article à la maison. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Elle reprend ses écrits mais la tête n’y est plus. Elle ne pense plus qu’à l’article, au panneau de l’agence immobilière découvert à la maison de bord de mer, celle de son enfance. Louise referme son cahier et le range avec son journal dans son sac de voyage. Au moment où elle se lève, un homme âgé et courbé entre dans le café, salue le patron qui lui retourne un « salut Dédé ! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;- Y a-t-il quelque chose à manger pour moi demande Dédé ? &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;- Oui Dédé ! La dame qui est là-bas vient de régler un plat du jour. Tu vas pouvoir te régaler.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; - Un grand merci Madame dit Dédé !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; - Avec très grand plaisir Monsieur, répond Elise, et bon appétit ! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Elise sort, sourit à Monsieur Dédé, adresse un signe au patron et file vers l’appartement.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;em&gt;(1) Lire « Montparnasse 17h30 c’est à vous de jouer » &lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;em&gt;(&lt;/em&gt;&lt;em&gt;2) Article Ouest-France du 18/07/25&lt;/em&gt;&lt;em&gt; &lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Elle se jette dans les bras de Louis qui l’attend et la serre car il devine l’émotion qu’elle a et qu’elle doit libérer de quelques larmes. Pas un mot, elle n’en a pas la force, Elise a besoin avant tout d’évacuer tout ce qu’elle a accumulé depuis qu’elle a fermé la cabine. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Ce n’est que deux jours plus tard qu’elle lit l’article du journal, les histoires de celles et ceux qui ont racheté leur maison d’enfance, les regrets quand il a fallu la quitter, la joie quand ils l’ont retrouvée, les reproches des familles lors de la vente, les problèmes de budgets pour l’entretien. Retrouver les odeurs, les grincements des marches d’escaliers, les bruits de la nuit, le jardin, et même si les lieux ont été modifiés, c’est l’enfance qui refait surface et mouille les yeux. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Les maisons de l’enfance n’appartiennent qu’aux souvenirs que chacun garde et que rien ne peut effacer!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; Ce matin au petit-déjeuner avec Louis, Elise lance :&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; - Et si on rachetait « les Quatre Vents » et que l’on quittait Paris pour y vivre définitivement ? &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;- Louis sourit surpris par la proposition. Tu es sérieuse ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;- Très sérieuse ! Et si tu es d’accord, bien sûr ! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;- Je suis d’accord, je sais à quel point tu tiens à cette maison et de mon côté, j’en ai marre de Paris. Quand je quitterai complétement le cabinet dans un an je n’aurai plus de raison d’y habiter et je pourrai faire les quelques allers-retours pour mes quelques consultations un jour par semaine. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;- Alors sans attendre appelons l’agence pour savoir si la maison est toujours disponible.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt; 13 octobre :&lt;/strong&gt; rachat de la maison &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;5 mai :&lt;/strong&gt; fin des travaux, emménagement et mise en vente de l’appartement parisien&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt; 4 juin :&lt;/strong&gt; demande de location d’une cabine à la mairie&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt; 2 juillet :&lt;/strong&gt; toute la famille est réunie de nouveau dans la maison et à la cabine pour un nouvel été familial. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Des cris, des jeux, des sourires, des copains retrouvés, comme avant ! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &lt;strong&gt;« Les Quatre Vents » août 2025&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</summary>
		<content type="html">&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp;LES QUATRE VENTS&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &lt;em&gt;&amp;nbsp;La maison de l’enfance&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Elise ferme la porte de sa cabine de plage pour la toute dernière fois !&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Elle tourne la clé, vérifie que la porte est bien fermée. C’est son rituel depuis toujours, même si maintenant il n’y a plus rien à voler. Elle est totalement vide. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Jouets de plage, cerfs-volants, porte-manteaux, bouées… Elise a tout mis dans de grands sacs que Louis a déjà remportés à Paris et rangés dans la cave de leur résidence. Elle reste silencieuse quelques instants devant « Les Mouettes », la cabine qui est dans la famille depuis tant d’années, pour ne pas dire des générations, et transmise lors du décès de sa mère il y a 18 ans. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;C’est une cabine qui a vu passer ses grands-parents, ses parents, ses enfants et petits-enfants, et aussi les copains. C’est un lieu de rendez-vous où tous se retrouvaient chaque année l’été et parfois même pendant l’année.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;La mairie a décidé d’aligner de nouvelles cabines colorées, et met fin aux concessions familiales historiques pour organiser les nouvelles implantations.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Elise est dans ses pensées devant la porte, vérifie une nouvelle fois qu’elle est bien fermée, tout en sachant pertinemment que le bulldozer qui va venir l’écraser n’aura pas besoin de clé. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Son train part dans 2 heures et elle a maintenant encore le temps de passer devant la maison pour une photo souvenir. Elle ne l’a pas revue depuis quelques mois. Trop difficile !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Elle reste figée devant le portail en voyant un grand panneau « à vendre » avec les coordonnées de l’agence immobilière. Elise prend une photo de la maison et du panneau et il y a comme un éclair dans sa tête. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Puis elle file vers la gare, la tête toute retournée par ce qu’elle vient de voir. Elle s’arrête au tabac-presse, le temps d’acheter un journal, et marque une pose devant le rayon papeterie où un cahier à spirales et à petits carreaux aux couleurs de la station balnéaire semble lui faire un signe. Et si elle écrivait ses souvenirs d’ici pour transmettre aux enfants et petits-enfants ? &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Elle paye et rejoint la gare. Louis doit l’attendre à l’appartement à Paris, s’il n’a pas profité de l’absence d’Elise pour passer un peu de temps à son cabinet d’ophtalmo. Il suit encore quelques patients, ayant passé en grande partie la main à son associé, avant de partir définitivement d’ici un an.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Il saura la réconforter après toutes ces émotions. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Le TER donne un rythme à son écriture et malgré quelques dérapages de stylo avec les secousses, les mots viennent d’eux-mêmes. Les yeux humides, Louise pose ses premiers souvenirs sur les petits carreaux. Elle raconte ses propres vacances avec ses grands-parents et parents, ses étés de bonheur avec les cousins, tous entassés dans les chambres, les parties de cartes jusqu’à point d’heure, rires, chuchotements, batailles d’oreillers, et les grandes journées à la plage avec le pique-nique, la pêche aux crevettes, les balades. Des vacances familiales simples et heureuses. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Puis elle en vient à l’héritage et à la maison « les Quatre Vents ». &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;em&gt;« J’ai hérité de la cabine de plage quand maman est décédée de son cancer il y a 18 ans. Elle l’avait reçue elle-même de sa mère. C’était la tradition familiale. Louis, votre papa et Papy, médecin ophtalmo, mais aussi grand bricoleur devant l’éternel, avait refait complètement le toit usé par les pluies et avait posé une peinture de bateau pour le protéger des intempéries et du soleil. Elle gardait tout son charme et plus d’une fois on m’a même demandé si je la vendais. Et puis nos quelques travaux familiaux de peinture, d’isolation et d’aménagement nous ont permis de nous retrouver régulièrement et nous donner de bons prétextes pour réunir la famille. &lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;em&gt;Au décès de maman j’ai également hérité de plein droit, en tant que fille unique, de la maison de la mer, « les Quatre Vents », dans la famille également depuis quelques générations. Une&lt;/em&gt; &lt;em&gt;grande bâtisse avec un jardin gazonné et fleuri. Si nous arrivions à bien gérer et entretenir la cabine, qu’allions nous faire de cette grande maison en plus de notre résidence parisienne ? D’autant plus qu’elle était aménagée très simplement, pour passer des étés et quelques vacances de Pâques avec les petits-enfants. Il fallait faire de nombreux travaux de peinture, de chauffage, la cuisine à aménager, les cabinets de toilette à améliorer, pour ajouter un confort permettant d’y venir plus régulièrement. &lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;em&gt;Après quelques semaines et nuits de réflexion, nous avons décidé, à contre cœur, il faut le dire, de la vendre. La charge était trop lourde. Vous nous en avez un peu voulu sans trop en parler mes chéris car vous avez bien compris notre dilemme notamment financier. Maman a dû se retourner dans sa tombe, la transmission intergénérationnelle s’arrêtait là ! Mais on ne pouvait vraiment pas faire autrement » &lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Le voyage passe très vite!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Elise a peu regardé le paysage et le journal est resté dans son sac. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Arrivée à Montparnasse, Elise, encore trop dans ses pensées, n’a pas envie de rentrer tout de suite. Il lui faut environ 30 minutes à pied pour rejoindre l’appartement. Elle veut passer encore un peu de temps dans son cahier et ses souvenirs. Quand elle traverse le hall de la gare, elle s’arrête un instant pour écouter un jeune homme au piano mis à disposition par la gare, et une jeune fille au violon, très applaudis par des voyageurs qui se sont massés en attendant probablement leur train (1) &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Elise sort de la gare et se dirige vers la maison. Elle s’arrête dans un café-brasserie « le Welcome » où elle aime s’asseoir de temps en temps, à l’intérieur ou en terrasse, suivant les saisons. Elle y a une table préférée d’où elle peut observer la rue, elle adore ça. Elle aime y retrouver Louis parfois, après ses journées de consultations, avant de rentrer tous les deux à l’appartement. Le Welcome est un café « suspendu ». Il est possible de payer par avance un café, un sandwich, un plat du jour, que le patron pourra offrir à une personne dans le besoin. Il accroche la note bien en vue à un fil tendu sur un mur et sait ainsi en permanence ce qui est à disposition. Quelques habitués, souvent sans domiciles ou sans argent, passent régulièrement pour un café ou un repas chaud. Une superbe idée, et le fil est très souvent garni de tickets grâce au bon cœur des clients. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Elise s’installe à sa table heureusement libre, les clients, ce jour-là, étant plutôt en terrasse par ce beau temps. Elle sort son cahier et commande un café pour elle et un plat du jour à offrir. Elle jette un œil au journal et un des titres lui saute aux yeux. « Et vous, rachèteriez-vous votre maison d’enfance ? » (2) &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Elle lit les premières lignes. Un sondage indique que 17% des Français y pensent. Elle lira complètement l’article à la maison. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Elle reprend ses écrits mais la tête n’y est plus. Elle ne pense plus qu’à l’article, au panneau de l’agence immobilière découvert à la maison de bord de mer, celle de son enfance. Louise referme son cahier et le range avec son journal dans son sac de voyage. Au moment où elle se lève, un homme âgé et courbé entre dans le café, salue le patron qui lui retourne un « salut Dédé ! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;- Y a-t-il quelque chose à manger pour moi demande Dédé ? &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;- Oui Dédé ! La dame qui est là-bas vient de régler un plat du jour. Tu vas pouvoir te régaler.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; - Un grand merci Madame dit Dédé !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; - Avec très grand plaisir Monsieur, répond Elise, et bon appétit ! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Elise sort, sourit à Monsieur Dédé, adresse un signe au patron et file vers l’appartement.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;em&gt;(1) Lire « Montparnasse 17h30 c’est à vous de jouer » &lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;em&gt;(&lt;/em&gt;&lt;em&gt;2) Article Ouest-France du 18/07/25&lt;/em&gt;&lt;em&gt; &lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Elle se jette dans les bras de Louis qui l’attend et la serre car il devine l’émotion qu’elle a et qu’elle doit libérer de quelques larmes. Pas un mot, elle n’en a pas la force, Elise a besoin avant tout d’évacuer tout ce qu’elle a accumulé depuis qu’elle a fermé la cabine. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Ce n’est que deux jours plus tard qu’elle lit l’article du journal, les histoires de celles et ceux qui ont racheté leur maison d’enfance, les regrets quand il a fallu la quitter, la joie quand ils l’ont retrouvée, les reproches des familles lors de la vente, les problèmes de budgets pour l’entretien. Retrouver les odeurs, les grincements des marches d’escaliers, les bruits de la nuit, le jardin, et même si les lieux ont été modifiés, c’est l’enfance qui refait surface et mouille les yeux. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Les maisons de l’enfance n’appartiennent qu’aux souvenirs que chacun garde et que rien ne peut effacer!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; Ce matin au petit-déjeuner avec Louis, Elise lance :&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; - Et si on rachetait « les Quatre Vents » et que l’on quittait Paris pour y vivre définitivement ? &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;- Louis sourit surpris par la proposition. Tu es sérieuse ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;- Très sérieuse ! Et si tu es d’accord, bien sûr ! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;- Je suis d’accord, je sais à quel point tu tiens à cette maison et de mon côté, j’en ai marre de Paris. Quand je quitterai complétement le cabinet dans un an je n’aurai plus de raison d’y habiter et je pourrai faire les quelques allers-retours pour mes quelques consultations un jour par semaine. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;- Alors sans attendre appelons l’agence pour savoir si la maison est toujours disponible.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt; 13 octobre :&lt;/strong&gt; rachat de la maison &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;5 mai :&lt;/strong&gt; fin des travaux, emménagement et mise en vente de l’appartement parisien&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt; 4 juin :&lt;/strong&gt; demande de location d’une cabine à la mairie&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt; 2 juillet :&lt;/strong&gt; toute la famille est réunie de nouveau dans la maison et à la cabine pour un nouvel été familial. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Des cris, des jeux, des sourires, des copains retrouvés, comme avant ! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &lt;strong&gt;« Les Quatre Vents » août 2025&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</content>
		<category term="Catégorie nouvelles" />
	</entry>
	<entry>
		<title>Le miroir de mon frère</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.dominique-dutilleul.fr/textes/10-nouvelles/57-le-miroir-de-mon-frere.html"/>
		<published>2025-07-14T16:24:32+00:00</published>
		<updated>2025-07-14T16:24:32+00:00</updated>
		<id>https://www.dominique-dutilleul.fr/textes/10-nouvelles/57-le-miroir-de-mon-frere.html</id>
		<author>
			<name>Dominique Dutilleul</name>
		</author>
		<summary type="html">&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &lt;strong&gt;Le miroir de mon frère &lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;« Hello frérot ! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Joyeux anniversaire ! »&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; Laura vient à peu près chaque semaine au cimetière depuis cinq ans. Déjà cinq ans !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; Il n’y a que pendant ses vacances ou ses déplacements professionnels qu’elle est moins régulière. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Un bouquet d’agapanthes bleues et blanches dans une main, elle aime ce moment où elle traverse les allées qui mènent à la tombe de Thomas, son frangin adoré.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; Le silence l’apaise, et les quelques oiseaux, qui l’accompagnent de leurs chants, lui donnent un pas ralenti. Une légère bise fait danser l’ombre des pins. Il y a comme un air de bien-être dans un lieu où les habitants n’en ont plus. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Après le dernier virage, dès qu’elle aperçoit la tombe, elle jette un œil et vérifie déjà de loin que tout va bien. Son bouquet dans une main, un sécateur et un mini grattoir dans un tote-bag en bandoulière, elle s’approche de son frère et lui adresse un « joyeux anniversaire » plutôt sonnant. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Les oiseaux, surpris, arrêtent un instant leur belcanto.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; Il est 16h30, le soleil est encore haut pour la saison, et un vieux monsieur vient d’arriver, quelques tombes plus loin, avec tout un matériel de jardinage et des plantes fleuries. La casquette vissée sur la tête, il pose tout son barda, grogne un peu de soulagement, mais aussi parce que les lieux sont envahis de mousse suite aux nombreuses pluies récentes. Il va y avoir du travail de nettoyage.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; Laura l’observe, l’air de rien, enfin pense-t-elle, car lui aussi glisse un œil vers elle. Il commence rapidement par gratter la mousse, très méticuleusement. Mais ce qui interpelle, c’est qu’il parle tout en raclant la tombe, et semble tenir une conversation avec des silences comme s’il attendait des réponses.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; Laura n’a jamais eu l’idée de faire la causette avec son frère, par respect pour le silence des lieux, mais aussi de peur de passer pour une folle, même s’il n’y a personne le plus souvent quand elle vient.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; « Tiens et si moi aussi je te racontais toutes ces années passées sans toi mon frérot, et si je te donnais des nouvelles, si, moi aussi, je te racontais mes journées, comme avant… ! »&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; Laura et Tom ont connu une complicité frère-sœur exceptionnelle. Ils aimaient se retrouver et tout se raconter, c’était presque devenu une addiction, un lien tissé et fort de confiance et d’amour fraternel. Ils ne pouvaient imaginer vivre ensemble autrement et ne comprenaient pas que ça ne soit pas la même chose dans toutes les familles, quand ils discutaient avec leurs amis. Le soir, ils aimaient se retrouver dans la chambre de l’un ou de l’autre, et dans le noir complet s’asseyaient sur le lit, le dos bien calé contre un oreiller, les genoux repliés. C’était leur rituel, leur jeu de miroirs dont la règle était simple, le droit de se poser toutes les questions sans interdit mais avec la possibilité quand même de ne pas répondre en prenant un joker et garder la réponse dans leur jardin secret. C’était très rare et ils finissaient toujours par se raconter ce qu’ils avaient occulté. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Mais attention, la règle du miroir était stricte, rien de ce qui avait été partagé ne devait sortir de la chambre, sauf autorisation de l’autre.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; « Tu te souviens frérot de nos jeux de miroirs ? Ça me manque tellement ! » &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Laura pensait très souvent à ces moments si forts et intimes. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;C’était il y a 5 ans, quand cette saloperie de maladie avait emporté Tom en un rien de temps. Découverte trop tard, il souffrait beaucoup et disait que ces moments passés tous les deux dans la chambre d’hôpital lui faisaient oublier la douleur.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; « J’avoue, mon Tom, que j’augmentais aussi en douce tes doses de morphines pour t’apaiser. »&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; « Un soir où je venais te voir, comme je le faisais presque chaque jour, je t’ai retrouvé assis dans ton lit, bardé de tous tes tuyaux. Tu voulais rentrer à la maison. Nous avons passé une heure à jouer au miroir et cela t’a fait beaucoup de bien de me parler, et moi, quel plaisir de partager ce nouveau moment avec toi. Tu étais serein, presque enjoué, tu rêvais de bord de mer, et tu m’avais demandé de mettre tes musiques préférées.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; Deux jours plus tard tu t’es éteint tranquillement, avec, comme un sourire, en me serrant le bras de tes doigts et j’ai même imaginé que tu me faisais un clin d’œil complice pour me dire au revoir.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; Cette image ne me quitte plus ! » &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Le vieux monsieur a démarré ses plantations dans un petit massif aménagé au pied de la tombe. Il parle toujours et jette un œil, lui aussi, de temps en temps de mon côté. Je me suis assise sur ta tombe pour te raconter ce qui s’est passé depuis tout ce temps où tu nous as laissés, frérot.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; « J’ai mis des mois pour arrêter de pleurer le soir quand je m’asseyais sur mon lit dans le noir, avec pour seul compagnon le silence de mon studio. Papa t’a rejoint 2 années après ton départ. J’espère que vous vous êtes retrouvés. Maman essaye de chasser sa solitude avec de nombreuses activités bénévoles. Elle passe tous les jours te voir et va, chaque mois, au bord de la mer où papa a souhaité être enterré. Elle fait son petit pèlerinage comme elle dit. De mon côté je l’accompagne de temps en temps et nous en profitons pour faire des petites balades sur le chemin des douaniers. Des retrouvailles « mère-fille ».&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; « Je m’absente trois minutes frérot, je vais chercher de l’eau pour les plantes qui en ont bien besoin et je vais jeter les fleurs fanées du vase afin de te mettre ton nouveau bouquet. Il faut d’ailleurs que je te raconte quelque chose. »&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; Le vieux monsieur lève la tête pour admirer son travail de plantations qui, de loin, donnent quelques couleurs à la pierre tombale. Il fait quelques commentaires avec une gestuelle appuyée, donne une direction et lève une main comme pour dire au revoir à son conjoint, un enfant, un père ou une mère ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; Laura revient rapidement avec un bidon d’eau. Elle arrose les plantes qui malgré les pluies récentes sont sèches, elle remplit le vase et y dépose le bouquet d’agapanthes, et jette un regard vers le vieux monsieur, qui lui, a ramassé tout ses outils, soulève sa casquette pour éponger sa sueur et faire un salut, et s’en va en se retournant plusieurs fois, sourire aux lèvres, l’air heureux du travail accompli. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;« Bon Tom il faut que je t’explique les fleurs ! Je suis allée chez la fleuriste à côté de la maison de maman, c’est une nouvelle jeune femme qui vient de reprendre la boutique. Elle compose des bouquets à messages, oui à messages ! En effet chaque fleur ayant une signification elle fait des compositions qui traduisent comme des messages cryptés. Par exemple offrir des arums c’est montrer de la confiance, avec des œillets blancs ou des pivoines rouges, on traduit une passion, des pivoines blanches pour dire merci, une orchidée pour de la séduction, une rose rouge bien sûr pour l’amour véritable… Un bouquet permet ainsi d’exprimer un sentiment, de l’amitié, de la joie ou de la tristesse, de la mélancolie. J’ai choisi des agapanthes car je sais que tu aimes beaucoup cette fleur mais aussi pour te dire à quel point tu me manques. Chaque fois que je suis invitée, quand je vais voir maman, ou simplement pour moi, je vais chez cette fleuriste je lui dis l’occasion, le message que je veux faire passer, et je la laisse composer en fonction des fleurs du moment. » &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;« J’aimerais bien savoir quelles fleurs tu m’offrirais mon frère chéri ? »&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; « Il faut que je te dise aussi que j’ai rencontré quelqu’un à la chorale, plus âgé que moi, mais qu’importe, on se retrouve après les répétitions. Il me donne beaucoup de petits moments de bonheur, de la joie de vivre, il me fait oublier les tracas du quotidien, il me dit que je suis LA rencontre de sa vie. Je ne sais pas si c’est vrai mais il a l’air tellement sincère que je crois que c’est la réalité. Nous sommes de vrais complices et nous avons déjà passé des moments à discuter jusqu’à point d’heure de nos vies, nos envies, nos attentes, nos rêves… le début d’instants miroirs !&quot;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&quot;Je crois qu’il te plairait bien, même si je pense que tu serais un peu jaloux qu’il prenne ainsi un peu de ta place. Je lui parle beaucoup de toi. Il viendra te voir avec moi prochainement ! Tu me donneras ton avis. J’ai hâte que tu me dises ce que tu en penses.&quot;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; Un grand monsieur, tablier vert bouteille et casquette s’approche rapidement dans l’allée. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;« Bonjour madame, il est 18h30 et le cimetière va fermer. Je vous invite à rejoindre la sortie ! » &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;« Bon, voilà frérot, il faut que je te quitte mais je reviens bientôt j’ai encore plein de choses à te raconter » !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; Laura ramasse son tote-bag, vérifie que tout est ok au niveau de la tombe.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; Une fleur du bouquet a bougé, comme un signe ! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Souffle de vent ou souffle de toi, mon frérot ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; Moi, je pense souffle de Toi ! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Un papillon blanc vient voleter au-dessus de la tombe.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; « Au revoir mon Tom ! «&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</summary>
		<content type="html">&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &lt;strong&gt;Le miroir de mon frère &lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;« Hello frérot ! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Joyeux anniversaire ! »&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; Laura vient à peu près chaque semaine au cimetière depuis cinq ans. Déjà cinq ans !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; Il n’y a que pendant ses vacances ou ses déplacements professionnels qu’elle est moins régulière. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Un bouquet d’agapanthes bleues et blanches dans une main, elle aime ce moment où elle traverse les allées qui mènent à la tombe de Thomas, son frangin adoré.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; Le silence l’apaise, et les quelques oiseaux, qui l’accompagnent de leurs chants, lui donnent un pas ralenti. Une légère bise fait danser l’ombre des pins. Il y a comme un air de bien-être dans un lieu où les habitants n’en ont plus. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Après le dernier virage, dès qu’elle aperçoit la tombe, elle jette un œil et vérifie déjà de loin que tout va bien. Son bouquet dans une main, un sécateur et un mini grattoir dans un tote-bag en bandoulière, elle s’approche de son frère et lui adresse un « joyeux anniversaire » plutôt sonnant. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Les oiseaux, surpris, arrêtent un instant leur belcanto.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; Il est 16h30, le soleil est encore haut pour la saison, et un vieux monsieur vient d’arriver, quelques tombes plus loin, avec tout un matériel de jardinage et des plantes fleuries. La casquette vissée sur la tête, il pose tout son barda, grogne un peu de soulagement, mais aussi parce que les lieux sont envahis de mousse suite aux nombreuses pluies récentes. Il va y avoir du travail de nettoyage.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; Laura l’observe, l’air de rien, enfin pense-t-elle, car lui aussi glisse un œil vers elle. Il commence rapidement par gratter la mousse, très méticuleusement. Mais ce qui interpelle, c’est qu’il parle tout en raclant la tombe, et semble tenir une conversation avec des silences comme s’il attendait des réponses.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; Laura n’a jamais eu l’idée de faire la causette avec son frère, par respect pour le silence des lieux, mais aussi de peur de passer pour une folle, même s’il n’y a personne le plus souvent quand elle vient.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; « Tiens et si moi aussi je te racontais toutes ces années passées sans toi mon frérot, et si je te donnais des nouvelles, si, moi aussi, je te racontais mes journées, comme avant… ! »&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; Laura et Tom ont connu une complicité frère-sœur exceptionnelle. Ils aimaient se retrouver et tout se raconter, c’était presque devenu une addiction, un lien tissé et fort de confiance et d’amour fraternel. Ils ne pouvaient imaginer vivre ensemble autrement et ne comprenaient pas que ça ne soit pas la même chose dans toutes les familles, quand ils discutaient avec leurs amis. Le soir, ils aimaient se retrouver dans la chambre de l’un ou de l’autre, et dans le noir complet s’asseyaient sur le lit, le dos bien calé contre un oreiller, les genoux repliés. C’était leur rituel, leur jeu de miroirs dont la règle était simple, le droit de se poser toutes les questions sans interdit mais avec la possibilité quand même de ne pas répondre en prenant un joker et garder la réponse dans leur jardin secret. C’était très rare et ils finissaient toujours par se raconter ce qu’ils avaient occulté. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Mais attention, la règle du miroir était stricte, rien de ce qui avait été partagé ne devait sortir de la chambre, sauf autorisation de l’autre.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; « Tu te souviens frérot de nos jeux de miroirs ? Ça me manque tellement ! » &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Laura pensait très souvent à ces moments si forts et intimes. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;C’était il y a 5 ans, quand cette saloperie de maladie avait emporté Tom en un rien de temps. Découverte trop tard, il souffrait beaucoup et disait que ces moments passés tous les deux dans la chambre d’hôpital lui faisaient oublier la douleur.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; « J’avoue, mon Tom, que j’augmentais aussi en douce tes doses de morphines pour t’apaiser. »&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; « Un soir où je venais te voir, comme je le faisais presque chaque jour, je t’ai retrouvé assis dans ton lit, bardé de tous tes tuyaux. Tu voulais rentrer à la maison. Nous avons passé une heure à jouer au miroir et cela t’a fait beaucoup de bien de me parler, et moi, quel plaisir de partager ce nouveau moment avec toi. Tu étais serein, presque enjoué, tu rêvais de bord de mer, et tu m’avais demandé de mettre tes musiques préférées.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; Deux jours plus tard tu t’es éteint tranquillement, avec, comme un sourire, en me serrant le bras de tes doigts et j’ai même imaginé que tu me faisais un clin d’œil complice pour me dire au revoir.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; Cette image ne me quitte plus ! » &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Le vieux monsieur a démarré ses plantations dans un petit massif aménagé au pied de la tombe. Il parle toujours et jette un œil, lui aussi, de temps en temps de mon côté. Je me suis assise sur ta tombe pour te raconter ce qui s’est passé depuis tout ce temps où tu nous as laissés, frérot.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; « J’ai mis des mois pour arrêter de pleurer le soir quand je m’asseyais sur mon lit dans le noir, avec pour seul compagnon le silence de mon studio. Papa t’a rejoint 2 années après ton départ. J’espère que vous vous êtes retrouvés. Maman essaye de chasser sa solitude avec de nombreuses activités bénévoles. Elle passe tous les jours te voir et va, chaque mois, au bord de la mer où papa a souhaité être enterré. Elle fait son petit pèlerinage comme elle dit. De mon côté je l’accompagne de temps en temps et nous en profitons pour faire des petites balades sur le chemin des douaniers. Des retrouvailles « mère-fille ».&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; « Je m’absente trois minutes frérot, je vais chercher de l’eau pour les plantes qui en ont bien besoin et je vais jeter les fleurs fanées du vase afin de te mettre ton nouveau bouquet. Il faut d’ailleurs que je te raconte quelque chose. »&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; Le vieux monsieur lève la tête pour admirer son travail de plantations qui, de loin, donnent quelques couleurs à la pierre tombale. Il fait quelques commentaires avec une gestuelle appuyée, donne une direction et lève une main comme pour dire au revoir à son conjoint, un enfant, un père ou une mère ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; Laura revient rapidement avec un bidon d’eau. Elle arrose les plantes qui malgré les pluies récentes sont sèches, elle remplit le vase et y dépose le bouquet d’agapanthes, et jette un regard vers le vieux monsieur, qui lui, a ramassé tout ses outils, soulève sa casquette pour éponger sa sueur et faire un salut, et s’en va en se retournant plusieurs fois, sourire aux lèvres, l’air heureux du travail accompli. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;« Bon Tom il faut que je t’explique les fleurs ! Je suis allée chez la fleuriste à côté de la maison de maman, c’est une nouvelle jeune femme qui vient de reprendre la boutique. Elle compose des bouquets à messages, oui à messages ! En effet chaque fleur ayant une signification elle fait des compositions qui traduisent comme des messages cryptés. Par exemple offrir des arums c’est montrer de la confiance, avec des œillets blancs ou des pivoines rouges, on traduit une passion, des pivoines blanches pour dire merci, une orchidée pour de la séduction, une rose rouge bien sûr pour l’amour véritable… Un bouquet permet ainsi d’exprimer un sentiment, de l’amitié, de la joie ou de la tristesse, de la mélancolie. J’ai choisi des agapanthes car je sais que tu aimes beaucoup cette fleur mais aussi pour te dire à quel point tu me manques. Chaque fois que je suis invitée, quand je vais voir maman, ou simplement pour moi, je vais chez cette fleuriste je lui dis l’occasion, le message que je veux faire passer, et je la laisse composer en fonction des fleurs du moment. » &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;« J’aimerais bien savoir quelles fleurs tu m’offrirais mon frère chéri ? »&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; « Il faut que je te dise aussi que j’ai rencontré quelqu’un à la chorale, plus âgé que moi, mais qu’importe, on se retrouve après les répétitions. Il me donne beaucoup de petits moments de bonheur, de la joie de vivre, il me fait oublier les tracas du quotidien, il me dit que je suis LA rencontre de sa vie. Je ne sais pas si c’est vrai mais il a l’air tellement sincère que je crois que c’est la réalité. Nous sommes de vrais complices et nous avons déjà passé des moments à discuter jusqu’à point d’heure de nos vies, nos envies, nos attentes, nos rêves… le début d’instants miroirs !&quot;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&quot;Je crois qu’il te plairait bien, même si je pense que tu serais un peu jaloux qu’il prenne ainsi un peu de ta place. Je lui parle beaucoup de toi. Il viendra te voir avec moi prochainement ! Tu me donneras ton avis. J’ai hâte que tu me dises ce que tu en penses.&quot;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; Un grand monsieur, tablier vert bouteille et casquette s’approche rapidement dans l’allée. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;« Bonjour madame, il est 18h30 et le cimetière va fermer. Je vous invite à rejoindre la sortie ! » &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;« Bon, voilà frérot, il faut que je te quitte mais je reviens bientôt j’ai encore plein de choses à te raconter » !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; Laura ramasse son tote-bag, vérifie que tout est ok au niveau de la tombe.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; Une fleur du bouquet a bougé, comme un signe ! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Souffle de vent ou souffle de toi, mon frérot ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; Moi, je pense souffle de Toi ! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;Un papillon blanc vient voleter au-dessus de la tombe.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt; « Au revoir mon Tom ! «&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</content>
		<category term="Catégorie nouvelles" />
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	<entry>
		<title>Radio Night</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.dominique-dutilleul.fr/textes/10-nouvelles/55-radio-night.html"/>
		<published>2023-08-11T06:08:14+00:00</published>
		<updated>2023-08-11T06:08:14+00:00</updated>
		<id>https://www.dominique-dutilleul.fr/textes/10-nouvelles/55-radio-night.html</id>
		<author>
			<name>Dominique Dutilleul</name>
		</author>
		<summary type="html">&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;Radio Night bonsoir!&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; Bonsoir ! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;- Vous êtes sur Radio Night FM, il est 0h et 4 minutes, il est temps de retrouver Maïa et son émission « Papillons de nuit»! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;em&gt;Radio Night fête ses 3 ans ce vendredi. Trois années de vies la nuit, une histoire de copains qui avaient des insomnnies, des envies de musique et de radio comme compagnes, et qui voulaient partager leurs passions avec d'autres noctambules. Radio Night est l'unique radio animée uniquement de 22h à 5h du matin, soit jusqu'à ce que l'agitation de la ville reprenne notamment lors du passage des éboueurs qui marque souvent le début de la journée. Le reste du temps la radio fait tourner en boucle de la musique classique et trois fois dans la journée un podcast d'émissions précédentes.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;em&gt; Ils sont 5 bénévoles, de vrais apprentis journalistes, qui se relaient tout au long de ces nuits en invitant des auteurs, des musiciens, des infirmiers, mais aussi des auditeurs. Toutes celles et tous ceux qui font leur journée la nuit et qui font de leurs nuits leur vie. Le budget est serré, fait de dons d'auditeurs accrocs et de quelques pubs pour des boîtes de nuit, bars, salles de spectacles...mais qui est largement suffisant pour faire vivre cette radio et faire durer leur rêve. Après le bulletin de 22h qui reprend et résume les infos du jour, la nuit débute par une grande page culturelle avec «maestro and co», musique, livres, cinéma, théatre...animée par Etienne. Il reçoit parfois un auteur, un acteur, un chanteur, donne la parole aux auditeurs pour mettre en avant tel ou tel événement. Il nous fait ou refait découvrir des chansons du patrimoine qui traversent ainsi le temps et reprennent place dans les mémoires et les coeurs.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;em&gt; Puis c'est au tour de Maïa de prendre le relais passé minuit.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; Entrons à pas de loup dans son émission particulièrement suivie par les Papillons de nuit.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;- Chers auditeurs de la nuit, bonsoir!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;- Je suis très heureuse de vous retrouver comme chaque nuit et sans attendre je passe la parole à Laurent qui nous appelle de Paris.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Bonsoir Laurent!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Bonsoir Maïa je suis ravi de passer sur votre antenne!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Qui êtes vous Laurent, d'où nous appelez-vous?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Je suis dans un grand appartement d'un arrondissement chic de Paris, confortablement assis dans un canapé de cuir. - Vous êtes chez vous ? - Pas du tout, et je ne sais pas chez qui je suis. J'habite pour ma part dans un petit studio en banlieue et n'ai pas les moyens de m'offrir ce genre de logement, alors je m'invite temporairement dans des appartements qui me paraissent inhabités et je viens rêver de la vie que je pourrais y avoir en profitant ainsi de lieux plus enchanteurs que le mien.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Vous êtes cambrioleur?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Pas du tout, j'entre dans les appartements bien situés. Je suis comme un gentleman cambrioleur mais je ne touche à rien, je n'emporte rien, je reste juste l'instant d'imaginer ce que serait ma vie dans cet endroit, je profite de la vue souvent très belle sur les lumières de Paris. Je regarde les meubles et les agencements que je pourrais faire, je regarde les photos pour essayer de découvrir qui vient ici.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; -Vous faites ça souvent?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Je repère les appartements jamais éclairés le soir, me renseigne sur le propriétaire auprès du gardien quand il y en a un, ou d'un voisin. Dès que j'ai la certitude qu'il n'y a personne et peu de chance de croiser quelqu'un, je viens visiter.C'est le cas 3 ou 4 fois dans l'année!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Vous ne vous êtes jamais fait prendre ou surprendre par une alarme par exemple?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Jamais! je ne fais pas de bruit, je repars comme je suis venu, je n'emporte rien, ne touche à rien, je profite juste du moment. En partant il m'est arrivé de croiser un voisin dans l'escalier, je l'ai salué et suis sorti de façon tout à fait décontractée et naturelle pour ne pas attirer l'attention. Paris sait bien garder l'anonymat ! je n'ai jamais déclenché d'alarme non plus., enfin je ne crois pas.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - C'est absolument incroyable Laurent ce que vous nous racontez est tellement étonnant ! Mais comment faites vous pour entrer si facilement partout ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - J'ai travaillé en tant que serrurier à mes débuts et j'ai gardé la main tout simplement. Il m'arrive aussi de secourir des gens bloqués devant leur porte dans ma résidence, comme un coup de main pour me faire pardonner mes visites nocturnes ! - Merci Laurent, si j'ai un problème de serrure je ne manquerais pas, moi aussi, de vous appeler. Merci pour votre appel si incroyable, et bon retour chez vous !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; …/... &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;- Bonsoir Jean-Philippe,&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Bonsoir Maïa, - Alors Jean-Philippe d'où nous appelez-vous et que faites vous à cette heure tardive?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Je viens de quitter le bar de mon village où je viens comme chaque vendredi attendre celle que j'aime là où nous nous sommes rencontrés, et toujours à la même table, ce qui amuse beaucoup le patron quand il met son petit panneau «réservé» . Mais ce soir encore elle n'est pas venue. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;- Dites nous en plus, pourquoi pensez-vous qu'elle ne vienne pas à vos rendez-vous?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - J'ai rencontré Lucie dans ce bar il y a 2 mois lors d'une soirée musicale, nous avons fait connaissance et puis nous nous sommes retrouvés chaque vendredi vers 22h après son travail, elle est infirmière, pour faire connaissance, nous raconter nos vies et vider quelques verres et nos têtes. Je suis vite tombé amoureux ce qui ne m'était pas arrivé depuis longtemps après mon divorce, je lui ai dit et, a t-elle eu peur, je ne sais pas, mais elle n'est plus venue. Alors chaque vendredi matin je lui envoie un sms en lui disant que j'espère la retrouver le soir. Elle ne répond pas mais je viens l'attendre quand-même, l'espoir fait vivre !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Elle vous a fait part de ses sentiments de son côté ? &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;- Pas du tout, elle était très émue quand je lui ai fait part des miens, elle a même un peu pleuré, alors je me suis dit qu'elle devait également ressentir quelquechose ou que cela lui rappelait quelqu'un ou un moment de sa vie. Elle est divorcée également. - Vous pensez qu'un jour elle puisse revenir ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Oh oui sinon je ne viendrais pas l'attendre et je l'attendrai tant que j'aurai un doute.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Peut-être qu'elle écoute l'émission, avez-vous un message que vous souhaiteriez lui adresser?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Lucie, j'aimerais beaucoup te retrouver, parler avec toi, et continuer une vie amicale au moins si tu ne souhaites pas aller plus loin. Je n'ose pas t'appeler pour te parler, j'ai peur de te déranger et de ta réaction et ne veux pas t'obliger. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;- C'est beau ce que vous dites Jean-Philippe, vous êtes plein d'attention et de respect vis à vis d'elle, j'espère qu'elle viendra un prochain vendredi et que vous pourrez vous parler et que cette belle rencontre aura une suite. Je croise les doigts pour vous Jean-Philippe. Restez confiant ! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;- Bonsoir Maïa et merci pour votre émission et votre écoute précieuse.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; …/... &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;- Nous sommes maintenant avec Pierre, bonsoir Pierre, &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;- Bonsoir Maïa,&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - D'où appelez-vous, j'entends comme un bruit de moteur !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Je suis dans ma voiture et j'écoute votre émission un peu par intermittence comme chaque nuit.&amp;nbsp; Je suis médecin et je sillonne Paris au gré des appels. Je file du côté de Montparnasse auprès d'un enfant malade et dont les parents sont très inquiets car leur petite fille respire très mal. Je l'ai déjà vue il y a quelques temps.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Et vous travaillez toutes les nuits?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Oui je suis médecin et uniquement de nuit et ce, 6 nuits par semaine.Je garde une soirée pour aller au cinéma, au théâtre, pour retrouver des amis.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Que faites vous de vos journées? &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;- Je me repose bien sûr toute la matinée et j'écris beaucoup, sur mes rencontres , qui sont parfois très belles dans ce métier que j'aime,, j'écris sur les voyages que je fais ou que j'aimerais faire, j'écris des textes de chansons, j'aime également sillonner Paris et faire des photos qui viennent illuster certains de mes mots et inversement. Je compose des albums de textes illustrés.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Formidable ! Et vous cherchez à vous faire éditer?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - C'est difficile de trouver un éditeur intéressé par ce genre de livre, alors je me suis auto-édité sur un site et j'ai eu la bonne surprise d'avoir de nombreux lecteurs à me donner leur avis. J'ai eu un message d'un éditeur qui me propose de faire un livre et de passer à la vitesse supérieure. Et puis une télévision m'a proposé de faire une émission en m'accompagnant 24 heures dans ma vie de nuit et de jour. Je suis à la fois inquiet mais tellement heureux de ce qui m'arrive. J'espère que les patients accepteront de me recevoir avec une caméra TV. Je souhaite avoir les accords de chacun ce qui est normal quand on entre dans leur vie intime.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Prévenez-nous pour l'émission et pour le livre, Etienne en parlera dans son émission et vous fera un peu de publicité et probablement qu'il vous invitera pour partager tout cela.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Bon courage Pierre et filez vite vers cet enfant qui vous attend !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Merci Maïa, j'arrive tout juste dans le quartier de Montparnasse, et un grand merci pour votre émission! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; …/... &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;em&gt;Papillons de nuit est une émission vraiment pleine de belles rencontres magnifiques, émouvantes et étonnantes&lt;/em&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - C'est maintenant Aimée qui nous rejoint, bonsoir Aimée, quel beau prénom ! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;- Bonsoir Maïa, c'était celui de ma grand-mère qui le portait bien car appréciée de tout le monde pour sa gentillesse et tous les services qu'elle pouvait rendre. Elle aussi aimait tout le monde, sans faire de différence.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - D'où nous appelez-vous Aimée et que faites vous à cette heure bien avancée de la nuit?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;- J'ai 78 ans et je suis en partie alitée car bien malade, je peux même dire en fin de vie, et chaque nuit j'écoute vos émissions qui me donnent beaucoup de plaisir, de sourires, d'optimisme, je ne suis pas malheureuse car très entourée de mes enfants et petits enfants qui sont tous aux petits soins pour moi. J'ai beaucoup de chance et je garde espoir de pouvoir sortir de ce fossé profond qu'est la maladie même si les médecins sont plus pessimistes. Je ne les écoute pas ! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;- Je vois que vous avez du caractère Aimée et que surtout vous êtes particulièrement bien entourée pour combattre le mal qui vous touche.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Je ne me plains pas, je vis chaque jour le plus possible et souris chaque matin quand je me lève pour avoir passé une nouvelle nuit et je pense au plaisir de cette nouvelle journée où j'aurai probablement une visite, un appel, une bonne nouvelle, je n'écoute pas les mauvaises ! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;- Parlez-nous de vos enfants et petits enfants. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;- Oh ils sont formidables, il ne se passe pas une journée sans que l'un d'entre eux ne passe me voir, m'amène un gâteau, je suis très gourmande, ou un petit plat à réchauffer pour mon déjeuner ou mon dîner. Une aide à domicile vient chaque jour faire un peu de ménage, m'aider à la toilette et me faire la causette. Les journées passent vite, je regarde la télévision, je regarde pour la énième fois mes albums photos, celles de ma famille, de mes parents, de mon mari décédé il y a 10 ans, je fais des réussites aussi. La nuit j'écoute vos émissions qui m'emportent dans les vies de ceux qui appellent, dans les livres, les voyages, les pièces dont vous parlez. J'oublie que je suis malade et je crois que ça peut m'aider à aller mieux et à me garder en vie plus longtemps. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;- C'est une belle leçon de vie que vous donnez Aimée, vous êtes formidable ! Je vous souhaite la meilleure continuation qui soit et pour le plus longtemps possible. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;- Merci Maïa vous aussi vous êtes formidable de nous donner la parole et de nous écouter. Je raccroche mais continue à vous écouter.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; …/... &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;em&gt;Tous ces gens qui appellent me donnent vraiment envie de les rencontrer pour de vrai&lt;/em&gt;. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; …/... &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;- Bonsoir Frédéric, d'où nous appelez-vous?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Bonsoir Maïa, je suis à la clinique mais pour une bonne raison, mon épouse va accoucher et je suis dans une salle d'attente, tout seul, un peu inquiet et heureux à la fois. J'ai hâte que l'on vienne me chercher.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Vous attendez un petit garçon ou une petite fille&amp;nbsp;? &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;- Nous n'avons pas voulu savoir ça va être la surprise, c'est notre premier.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Alors vous avez choisi 2 prénoms en prévision ? &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;- Oui Louise si c'est une fille, le même prénom que ma maman qui est décédée il y a 2 ans et qui aurait tant aimé être grand-mère, et ce sera Jules si c'est un garçon comme le grand-père de mon épouse et aussi pour perpétuer une tradition familiale de son côté. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;- Deux prénoms bien mignons, remplis de souvenirs et porteurs d'avenir. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;- Une infirmière vient de passer la tête mais apparemment ce n'est pas moi qu'elle cherchait. Mon cœur a sauté dans ma poitrine. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;- Comment vous voyez vous comme père ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Un peu gaga je crois, mais plus sérieusement un père très attentif, très calin, je veux lui faire découvrir et apprendre beaucoup de choses comme la musique, la montagne, la mer, je veux jouer avec lui ou elle.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Vous comptez avoir plusieurs enfants? &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;- J'aimerais bien, tout s'est bien passé pour celui-ci alors nous envisageons déjà un deuxième quand il aura au moins un an pour que les enfants soient rapprochés et puissent jouer ensemble. Et puis il y aura peut-être un troisième nous verrons ce que nous réserve la vie. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;- Nous terminons l'émission sur une jolie note de bonheur et ça me fait très plaisir. J'espère que tout va bien se passer. Laissez-nous un petit message sur le répondeur pour nous dire si c'est un garçon ou une fille on aime bien ici avoir des nouvelles de nos auditeurs quand ils ont appelé.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Merci beaucoup Maïa, la porte de la salle d'attente vient de s'ouvrir et je dois filer auprès de mon épouse, c'est le moment tant attendu ! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;- Filez vite la retrouver ! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; …/... &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Radio Night, il est 1h30, c'est la fin de «Papillons de nuit» je vous retrouve demain pour de nouveaux appels, d'ici là portez-vous bien, prenez soin de vous et profitez de la vie&amp;nbsp;! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Il est l'heure maintenant de retrouver Adrien et «Rock et Jazz à gogo».&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</summary>
		<content type="html">&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;strong&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;Radio Night bonsoir!&lt;/span&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; Bonsoir ! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;- Vous êtes sur Radio Night FM, il est 0h et 4 minutes, il est temps de retrouver Maïa et son émission « Papillons de nuit»! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;em&gt;Radio Night fête ses 3 ans ce vendredi. Trois années de vies la nuit, une histoire de copains qui avaient des insomnnies, des envies de musique et de radio comme compagnes, et qui voulaient partager leurs passions avec d'autres noctambules. Radio Night est l'unique radio animée uniquement de 22h à 5h du matin, soit jusqu'à ce que l'agitation de la ville reprenne notamment lors du passage des éboueurs qui marque souvent le début de la journée. Le reste du temps la radio fait tourner en boucle de la musique classique et trois fois dans la journée un podcast d'émissions précédentes.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;em&gt; Ils sont 5 bénévoles, de vrais apprentis journalistes, qui se relaient tout au long de ces nuits en invitant des auteurs, des musiciens, des infirmiers, mais aussi des auditeurs. Toutes celles et tous ceux qui font leur journée la nuit et qui font de leurs nuits leur vie. Le budget est serré, fait de dons d'auditeurs accrocs et de quelques pubs pour des boîtes de nuit, bars, salles de spectacles...mais qui est largement suffisant pour faire vivre cette radio et faire durer leur rêve. Après le bulletin de 22h qui reprend et résume les infos du jour, la nuit débute par une grande page culturelle avec «maestro and co», musique, livres, cinéma, théatre...animée par Etienne. Il reçoit parfois un auteur, un acteur, un chanteur, donne la parole aux auditeurs pour mettre en avant tel ou tel événement. Il nous fait ou refait découvrir des chansons du patrimoine qui traversent ainsi le temps et reprennent place dans les mémoires et les coeurs.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;em&gt; Puis c'est au tour de Maïa de prendre le relais passé minuit.&lt;/em&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; Entrons à pas de loup dans son émission particulièrement suivie par les Papillons de nuit.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;- Chers auditeurs de la nuit, bonsoir!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;- Je suis très heureuse de vous retrouver comme chaque nuit et sans attendre je passe la parole à Laurent qui nous appelle de Paris.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Bonsoir Laurent!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Bonsoir Maïa je suis ravi de passer sur votre antenne!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Qui êtes vous Laurent, d'où nous appelez-vous?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Je suis dans un grand appartement d'un arrondissement chic de Paris, confortablement assis dans un canapé de cuir. - Vous êtes chez vous ? - Pas du tout, et je ne sais pas chez qui je suis. J'habite pour ma part dans un petit studio en banlieue et n'ai pas les moyens de m'offrir ce genre de logement, alors je m'invite temporairement dans des appartements qui me paraissent inhabités et je viens rêver de la vie que je pourrais y avoir en profitant ainsi de lieux plus enchanteurs que le mien.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Vous êtes cambrioleur?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Pas du tout, j'entre dans les appartements bien situés. Je suis comme un gentleman cambrioleur mais je ne touche à rien, je n'emporte rien, je reste juste l'instant d'imaginer ce que serait ma vie dans cet endroit, je profite de la vue souvent très belle sur les lumières de Paris. Je regarde les meubles et les agencements que je pourrais faire, je regarde les photos pour essayer de découvrir qui vient ici.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; -Vous faites ça souvent?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Je repère les appartements jamais éclairés le soir, me renseigne sur le propriétaire auprès du gardien quand il y en a un, ou d'un voisin. Dès que j'ai la certitude qu'il n'y a personne et peu de chance de croiser quelqu'un, je viens visiter.C'est le cas 3 ou 4 fois dans l'année!&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Vous ne vous êtes jamais fait prendre ou surprendre par une alarme par exemple?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Jamais! je ne fais pas de bruit, je repars comme je suis venu, je n'emporte rien, ne touche à rien, je profite juste du moment. En partant il m'est arrivé de croiser un voisin dans l'escalier, je l'ai salué et suis sorti de façon tout à fait décontractée et naturelle pour ne pas attirer l'attention. Paris sait bien garder l'anonymat ! je n'ai jamais déclenché d'alarme non plus., enfin je ne crois pas.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - C'est absolument incroyable Laurent ce que vous nous racontez est tellement étonnant ! Mais comment faites vous pour entrer si facilement partout ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - J'ai travaillé en tant que serrurier à mes débuts et j'ai gardé la main tout simplement. Il m'arrive aussi de secourir des gens bloqués devant leur porte dans ma résidence, comme un coup de main pour me faire pardonner mes visites nocturnes ! - Merci Laurent, si j'ai un problème de serrure je ne manquerais pas, moi aussi, de vous appeler. Merci pour votre appel si incroyable, et bon retour chez vous !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; …/... &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;- Bonsoir Jean-Philippe,&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Bonsoir Maïa, - Alors Jean-Philippe d'où nous appelez-vous et que faites vous à cette heure tardive?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Je viens de quitter le bar de mon village où je viens comme chaque vendredi attendre celle que j'aime là où nous nous sommes rencontrés, et toujours à la même table, ce qui amuse beaucoup le patron quand il met son petit panneau «réservé» . Mais ce soir encore elle n'est pas venue. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;- Dites nous en plus, pourquoi pensez-vous qu'elle ne vienne pas à vos rendez-vous?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - J'ai rencontré Lucie dans ce bar il y a 2 mois lors d'une soirée musicale, nous avons fait connaissance et puis nous nous sommes retrouvés chaque vendredi vers 22h après son travail, elle est infirmière, pour faire connaissance, nous raconter nos vies et vider quelques verres et nos têtes. Je suis vite tombé amoureux ce qui ne m'était pas arrivé depuis longtemps après mon divorce, je lui ai dit et, a t-elle eu peur, je ne sais pas, mais elle n'est plus venue. Alors chaque vendredi matin je lui envoie un sms en lui disant que j'espère la retrouver le soir. Elle ne répond pas mais je viens l'attendre quand-même, l'espoir fait vivre !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Elle vous a fait part de ses sentiments de son côté ? &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;- Pas du tout, elle était très émue quand je lui ai fait part des miens, elle a même un peu pleuré, alors je me suis dit qu'elle devait également ressentir quelquechose ou que cela lui rappelait quelqu'un ou un moment de sa vie. Elle est divorcée également. - Vous pensez qu'un jour elle puisse revenir ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Oh oui sinon je ne viendrais pas l'attendre et je l'attendrai tant que j'aurai un doute.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Peut-être qu'elle écoute l'émission, avez-vous un message que vous souhaiteriez lui adresser?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Lucie, j'aimerais beaucoup te retrouver, parler avec toi, et continuer une vie amicale au moins si tu ne souhaites pas aller plus loin. Je n'ose pas t'appeler pour te parler, j'ai peur de te déranger et de ta réaction et ne veux pas t'obliger. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;- C'est beau ce que vous dites Jean-Philippe, vous êtes plein d'attention et de respect vis à vis d'elle, j'espère qu'elle viendra un prochain vendredi et que vous pourrez vous parler et que cette belle rencontre aura une suite. Je croise les doigts pour vous Jean-Philippe. Restez confiant ! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;- Bonsoir Maïa et merci pour votre émission et votre écoute précieuse.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; …/... &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;- Nous sommes maintenant avec Pierre, bonsoir Pierre, &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;- Bonsoir Maïa,&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - D'où appelez-vous, j'entends comme un bruit de moteur !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Je suis dans ma voiture et j'écoute votre émission un peu par intermittence comme chaque nuit.&amp;nbsp; Je suis médecin et je sillonne Paris au gré des appels. Je file du côté de Montparnasse auprès d'un enfant malade et dont les parents sont très inquiets car leur petite fille respire très mal. Je l'ai déjà vue il y a quelques temps.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Et vous travaillez toutes les nuits?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Oui je suis médecin et uniquement de nuit et ce, 6 nuits par semaine.Je garde une soirée pour aller au cinéma, au théâtre, pour retrouver des amis.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Que faites vous de vos journées? &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;- Je me repose bien sûr toute la matinée et j'écris beaucoup, sur mes rencontres , qui sont parfois très belles dans ce métier que j'aime,, j'écris sur les voyages que je fais ou que j'aimerais faire, j'écris des textes de chansons, j'aime également sillonner Paris et faire des photos qui viennent illuster certains de mes mots et inversement. Je compose des albums de textes illustrés.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Formidable ! Et vous cherchez à vous faire éditer?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - C'est difficile de trouver un éditeur intéressé par ce genre de livre, alors je me suis auto-édité sur un site et j'ai eu la bonne surprise d'avoir de nombreux lecteurs à me donner leur avis. J'ai eu un message d'un éditeur qui me propose de faire un livre et de passer à la vitesse supérieure. Et puis une télévision m'a proposé de faire une émission en m'accompagnant 24 heures dans ma vie de nuit et de jour. Je suis à la fois inquiet mais tellement heureux de ce qui m'arrive. J'espère que les patients accepteront de me recevoir avec une caméra TV. Je souhaite avoir les accords de chacun ce qui est normal quand on entre dans leur vie intime.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Prévenez-nous pour l'émission et pour le livre, Etienne en parlera dans son émission et vous fera un peu de publicité et probablement qu'il vous invitera pour partager tout cela.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Bon courage Pierre et filez vite vers cet enfant qui vous attend !&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Merci Maïa, j'arrive tout juste dans le quartier de Montparnasse, et un grand merci pour votre émission! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; …/... &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;em&gt;Papillons de nuit est une émission vraiment pleine de belles rencontres magnifiques, émouvantes et étonnantes&lt;/em&gt;.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - C'est maintenant Aimée qui nous rejoint, bonsoir Aimée, quel beau prénom ! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;- Bonsoir Maïa, c'était celui de ma grand-mère qui le portait bien car appréciée de tout le monde pour sa gentillesse et tous les services qu'elle pouvait rendre. Elle aussi aimait tout le monde, sans faire de différence.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - D'où nous appelez-vous Aimée et que faites vous à cette heure bien avancée de la nuit?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;- J'ai 78 ans et je suis en partie alitée car bien malade, je peux même dire en fin de vie, et chaque nuit j'écoute vos émissions qui me donnent beaucoup de plaisir, de sourires, d'optimisme, je ne suis pas malheureuse car très entourée de mes enfants et petits enfants qui sont tous aux petits soins pour moi. J'ai beaucoup de chance et je garde espoir de pouvoir sortir de ce fossé profond qu'est la maladie même si les médecins sont plus pessimistes. Je ne les écoute pas ! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;- Je vois que vous avez du caractère Aimée et que surtout vous êtes particulièrement bien entourée pour combattre le mal qui vous touche.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Je ne me plains pas, je vis chaque jour le plus possible et souris chaque matin quand je me lève pour avoir passé une nouvelle nuit et je pense au plaisir de cette nouvelle journée où j'aurai probablement une visite, un appel, une bonne nouvelle, je n'écoute pas les mauvaises ! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;- Parlez-nous de vos enfants et petits enfants. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;- Oh ils sont formidables, il ne se passe pas une journée sans que l'un d'entre eux ne passe me voir, m'amène un gâteau, je suis très gourmande, ou un petit plat à réchauffer pour mon déjeuner ou mon dîner. Une aide à domicile vient chaque jour faire un peu de ménage, m'aider à la toilette et me faire la causette. Les journées passent vite, je regarde la télévision, je regarde pour la énième fois mes albums photos, celles de ma famille, de mes parents, de mon mari décédé il y a 10 ans, je fais des réussites aussi. La nuit j'écoute vos émissions qui m'emportent dans les vies de ceux qui appellent, dans les livres, les voyages, les pièces dont vous parlez. J'oublie que je suis malade et je crois que ça peut m'aider à aller mieux et à me garder en vie plus longtemps. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;- C'est une belle leçon de vie que vous donnez Aimée, vous êtes formidable ! Je vous souhaite la meilleure continuation qui soit et pour le plus longtemps possible. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;- Merci Maïa vous aussi vous êtes formidable de nous donner la parole et de nous écouter. Je raccroche mais continue à vous écouter.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; …/... &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;em&gt;Tous ces gens qui appellent me donnent vraiment envie de les rencontrer pour de vrai&lt;/em&gt;. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; …/... &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;- Bonsoir Frédéric, d'où nous appelez-vous?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Bonsoir Maïa, je suis à la clinique mais pour une bonne raison, mon épouse va accoucher et je suis dans une salle d'attente, tout seul, un peu inquiet et heureux à la fois. J'ai hâte que l'on vienne me chercher.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Vous attendez un petit garçon ou une petite fille&amp;nbsp;? &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;- Nous n'avons pas voulu savoir ça va être la surprise, c'est notre premier.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Alors vous avez choisi 2 prénoms en prévision ? &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;- Oui Louise si c'est une fille, le même prénom que ma maman qui est décédée il y a 2 ans et qui aurait tant aimé être grand-mère, et ce sera Jules si c'est un garçon comme le grand-père de mon épouse et aussi pour perpétuer une tradition familiale de son côté. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;- Deux prénoms bien mignons, remplis de souvenirs et porteurs d'avenir. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;- Une infirmière vient de passer la tête mais apparemment ce n'est pas moi qu'elle cherchait. Mon cœur a sauté dans ma poitrine. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;- Comment vous voyez vous comme père ?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Un peu gaga je crois, mais plus sérieusement un père très attentif, très calin, je veux lui faire découvrir et apprendre beaucoup de choses comme la musique, la montagne, la mer, je veux jouer avec lui ou elle.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Vous comptez avoir plusieurs enfants? &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;- J'aimerais bien, tout s'est bien passé pour celui-ci alors nous envisageons déjà un deuxième quand il aura au moins un an pour que les enfants soient rapprochés et puissent jouer ensemble. Et puis il y aura peut-être un troisième nous verrons ce que nous réserve la vie. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;- Nous terminons l'émission sur une jolie note de bonheur et ça me fait très plaisir. J'espère que tout va bien se passer. Laissez-nous un petit message sur le répondeur pour nous dire si c'est un garçon ou une fille on aime bien ici avoir des nouvelles de nos auditeurs quand ils ont appelé.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt; - Merci beaucoup Maïa, la porte de la salle d'attente vient de s'ouvrir et je dois filer auprès de mon épouse, c'est le moment tant attendu ! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;- Filez vite la retrouver ! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; …/... &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Radio Night, il est 1h30, c'est la fin de «Papillons de nuit» je vous retrouve demain pour de nouveaux appels, d'ici là portez-vous bien, prenez soin de vous et profitez de la vie&amp;nbsp;! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span style=&quot;font-family: arial, helvetica, sans-serif; font-size: 12pt;&quot;&gt;Il est l'heure maintenant de retrouver Adrien et «Rock et Jazz à gogo».&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</content>
		<category term="Catégorie nouvelles" />
	</entry>
	<entry>
		<title>Montparnasse 17h30, c'est à vous de jouer</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.dominique-dutilleul.fr/textes/10-nouvelles/54-montparnasse-17h30-c-est-a-vous-de-jouer.html"/>
		<published>2022-09-04T12:22:12+00:00</published>
		<updated>2022-09-04T12:22:12+00:00</updated>
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		<author>
			<name>Dominique Dutilleul</name>
		</author>
		<summary type="html">&lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt; &amp;nbsp; &amp;nbsp; Montparnasse 17h30&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;em&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp; C’est à vous de jouer&amp;nbsp;!&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2 décembre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Julien n’a rien vu venir quand sa voiture est allée s’écraser contre la rambarde du périphérique. La fatigue de ses soirées à travailler et il s’est assoupi une seconde, mais le temps de sortir de la chaussée et fracasser sa voiture. La voiture a rebondit sur terre-plein, effectué deux tonneaux et les arbres à cet endroit ont heureusement stoppé sa course. Il s’est réveillé dans une chambre bleue à l’hôpital sans aucune notion de temps ni de où il était et sans aucun souvenir de ce qui s’est passé.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il constate qu’il a les mains bandées et une forte douleur aux côtes qui doivent être cassées. Il bouge ses orteils pour voir si tout est ok, il essaye de se relever légèrement tout semble mobile malgré la douleur. Il porte une minerve ce qui lui fait penser qu’il a dû avoir le coup du lapin. Les airbags se sont parfaitement déclenchés, c’est grâce à eux qu’il a la vie sauve. L’infirmière lui apporte un plateau repas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Je suis ici depuis combien de temps&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Vous êtes entré il y a 24 heures après un accident de voiture. Vous avez eu de la chance, deux côtes cassées et des doigts fracturés. Vous vous en sortez bien&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;15 juillet&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Morgane est violoniste dans le grand orchestre de Paris et elle s’apprête à rejoindre St Malo pour participer au festival des musiques de la mer, un concert important pour l’orchestre auquel elle appartient dans un festival qui regroupe chaque année des musiciens de tous pays. Le festival dure trois jours pendant lesquels ils vont jouer le concerto numéro 5 de Beethoven. C’est un véritable honneur pour l’orchestre d’être invité et pour rien au monde elle ne voudrait rater cette opportunité de jouer dans un tel événement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les répétitions se sont accélérées depuis un mois, il faudra être au top niveau. Le stress monte déjà un peu…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Morgane range son violon dans son étui et ferme sa valise avec sa tenue pour le grand soir ainsi que quelques chemises, short, baskets. Elle compte bien rester deux jours de plus et profiter de la mer et de la plage mais aussi d’une balade dans cette belle ville fortifiée. Elle ferme la porte de son petit appartement, prend le vieil ascenseur en priant comme à chaque fois de ne pas rester bloquée, et se dirige vers le métro pour rejoindre Montparnasse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Julien est sorti mi-décembre de l’hôpital et a dû faire depuis beaucoup de rééducation de ses mains. Ce sont ses outils indispensables à sa passion et à son métier. Julien est pianiste. Chaque jour depuis janvier, il s’est mis devant son synthé, il ne peut avoir de piano dans sa chambre de bonne comme il dit. Il a laissé pendant 4 mois son travail dans le piano bar où il joue chaque soir, ne pouvant jouer et s’est appliqué chaque jour et pendant des heures à travailler et retrouver la dextérité de ses doigts sur le clavier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis en mai, il s’est présenté de nouveau au «&amp;nbsp;Jackson bar&amp;nbsp;»son lieu de prédilection, et a joué tous ses morceaux prévus, sans trop de problème et s’est rassuré pour l’avenir et pour reprendre ses soirées musicales. Il adore ce qu’il fait, il sait fort bien qu’il est difficile de jouer devant un public qui mange ou boit des cocktails, qui l’écoute à peine, mais il sait aussi qu’il créait une ambiance très appréciée au vu des pourboires récoltés à chaque fois. Il souhaite un jour pouvoir jouer avec un orchestre ou avec une chanteuse de jazz. Il compose également et profite de ces soirées pour jouer ses propres morceaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa grande idée dès cet après-midi et d’aller chercher un autre public. Pour cela il va aller jouer vers 17h30, au moment de grands départs, sur le piano de Montparnasse, mis à la disposition de chacun comme dans plusieurs gares en France avec la mention&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;c’est à vous de jouer&amp;nbsp;»&amp;nbsp;! Une belle salle de concert improvisée&amp;nbsp;! Il compte bien être vu et se dit qu’il pourra peut-être faire des rencontres professionnelles pour avancer dans sa carrière, voire même enregistrer ses compositions. Si cela fonctionne il ira ainsi chaque semaine jouer des morceaux du répertoire et de ses compositions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; …/…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand Morgane arrive à Montparnasse elle traverse le long couloir et le tapis roulant de la ligne 4 et prend les escaliers roulants qui mènent au niveau de la gare, son étui de violon en bandoulière en traînant sa valise à roulettes. Elle franchit les portes battantes du métro et prend de nouveau les escaliers roulants vers le hall central. Elle a une bonne heure d’avance mais elle déteste courir et préfère largement arriver plus tôt et attendre devant un café en observant les voyageurs, les familles, les départs et les retrouvailles, les hommes d’affaires et les touristes qui traversent d’un pas rapide souvent ce grand hall pour se rendre sur les quais. Attablée devant son café, elle entend une mélodie s’échapper d’un piano sur sa gauche, un air qu’elle connaît bien, «&amp;nbsp;Imagine&amp;nbsp;» de John Lennon. Quelques voyageurs sont réunis et écoutent en attendant leur train, puis applaudissent à chaque morceau. Le pianiste ne s’arrête pas et enchaîne des airs plus ou moins connus, peut-être des compositions?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle quitte sa place en terrasse du bar et rejoint le petit groupe pour écouter le pianiste inconnu dont les mains courent sur le clavier. Morgane s’approche du pianiste, son étui à la main. Celui-ci termine son morceau et lui demande si c’est un violon qu’elle a là.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« &amp;nbsp; Vous jouez du violon&amp;nbsp;?&quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&quot;Oui dans un orchestre de musique classique&quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&quot;Tchaïkovski&amp;nbsp;?&quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&quot;Oui la mélodie pour violon et piano&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Morgane ouvre son étui, sort son violon et son archer, puis ils s’accordent ensemble.&amp;nbsp; Julien sort une partition de son sac, mais ce morceau, il le connaît par cœur, car il le jouait souvent avec sa mère. Il est très ému.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mélodie démarre et monte dans le grand hall, le petit public est toute ouïe. Quelques annonces de gare viennent un peu perturber ce moment magique, mais les gens restent concentrés. Certains vont sûrement rater leur train&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Morgane se dit qu’il va être temps de rejoindre le sien, pas question de le louper. Ils terminent sous les applaudissements de la vingtaine de voyageurs conquis. Julien lui demande si elle veut jouer autre chose et elle répond qu’elle doit filer prendre le TGV.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&quot; Je vais à St Malo jouer dans le cadre du Festival. &quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&quot;Retrouvons-nous vendredi prochain si vous pouvez vers 17h30, nous verrons ce que nous pouvons jouer ensemble&amp;nbsp;! &quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&quot; OK, rendez-vous vendredi&amp;nbsp;!&quot; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&quot;Bon voyage et surtout bon concert&amp;nbsp;!&quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Vendredi 23&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17h15 Morgane sort du métro et se dirige vers la gare, étui à la main et un petit sac avec des partitions. Elle monte les escaliers vers le hall et aperçoit le piano, une jeune fille est assise et joue une valise posée à côté d’elle. Julien est debout à côté et semble lui montrer quelque-chose. «&amp;nbsp; Bonjour, alors ce concert&amp;nbsp;?&quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&quot;Un grand moment rare, du stress mais quel plaisir&amp;nbsp;!&quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&quot;Je donne un cours express et quelques conseils à cette jeune fille. C’est aussi une de mes idées en venant ici que d’apprendre à des pianistes en herbe qui n’osent pas se lancer ou ne peuvent prendre des cours et aimeraient découvrir le piano tout simplement. C’est ma façon de rendre service et de partager ma passion.&quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&quot;Très riche et belle idée&amp;nbsp;!&quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La jeune fille s’échappe en remerciant Julien qui s’installe devant le clavier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&quot;Aujourd’hui nous pourrions refaire notre morceau de Tchaïkovski un peu comme un symbole de notre rencontre. L’idée, si vous êtes d’accord, serait de pouvoir se retrouver tous les vendredis à 17h30 pour faire un mini concert de trente minutes, par exemple, et ainsi laisser la place à d’autres qui souhaitent jouer&amp;nbsp;?&quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&quot;C’est ok bien sûr, pour cela il faut que l’on décide ce que l’on pourrait jouer pour le travailler pendant la semaine et il faudrait que l’on échange nos téléphones pour nous caler&quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&quot;Je propose du Beethoven, du Fauré, du Debussy, du Schumann, tous ont écrit des mélodies pour piano et violon&quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&quot; Ok travaillons Beethoven et Debussy cette semaine pour jouer vendredi prochain&amp;nbsp;! Parfait&amp;nbsp;!&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Morgane ouvre son étui et sort son violon et son archer. Ils s’accordent un instant et les notes de Tchaïkovski s’élèvent de nouveau dans le hall laissant les passants muets. Le rendu est saisissant et l’acoustique de la gare se prête parfaitement à la légèreté du morceau. La quarantaine de voyageurs qui s’est massée derrière eux applaudit et en redemande. C’est pour l’instant notre seul morceau mais nous vous donnons rendez-vous lors de vos prochains voyages&amp;nbsp;! dit Julien en riant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Morgane range son violon, et Julien reprend deux succès de la chanson française que quelques-uns fredonnent en allant prendre leur train. &quot;Rendez-vous vendredi même lieu même heure&quot; dit Julien en riant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dès le lundi Julien appelle Morgane pour fixer les quatre morceaux à travailler pour vendredi dont Tchaïkovski qui est l’incontournable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Est-ce que l’on pourrait se voir chez moi, je n’ai pas de piano mais j’ai mon synthé, pour répéter au moins une fois&amp;nbsp;?&quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien sûr, jeudi en début d’après-midi&amp;nbsp;? OK&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; …/…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Morgane arrive vers 14h le jeudi à l’adresse indiquée. Elle monte les cinq étages à pieds pour atteindre la fameuse chambre de bonne. Une petite cloche ajoutée à l’entrée permet de faire savoir sa présence et rapidement la porte s’ouvre sur un joli studio, plutôt cosy et bien aménagé et pas du tout ce qu’elle s’attendait à trouver dans une chambre de bonne de garçon&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;«&amp;nbsp;C’est petit chez moi mais je m’y suis sent bien et je n’ai jamais voulu changer pour un appartement plus grand et mieux desservi&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partitions à l’appui ils attaquent très vite par leur Tchaïkov, l’acoustique est parfaite, et le synthé imite plutôt bien le piano. Puis c’est au tour des trois morceaux qu’ils ont travaillés chacun de leur côté. Ils trouvent vite leurs marques comme par magie mais aussi professionnalisme. Beethoven, Fauré et enfin Debussy, rejoignent pour un instant la chambre lui donnant un air poétique et fleuri. C’est comme si ce duo existait depuis longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est 18h quand Julien décrète qu’ils sont fin prêts pour demain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Rendez-vous 17h15 le temps de s’accorder et se préparer&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Morgane range son violon pendant que Julien reprend un «&amp;nbsp;imagine&amp;nbsp;» en guise d’au revoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;«&amp;nbsp; A demain chère violoniste&amp;nbsp;!&quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&quot;A demain cher pianiste&quot; répond Morgane en ouvrant la porte et en souriant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Vendredi 30 juillet 17h30&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le hall de Montparnasse est rempli de voyageurs en partance vers les vacances et probablement la mer. Julien s’installe sous le regard de quelques curieux qui attendent assis par terre sur leurs valises. Morgane arrivée dès 17h, est prête, ils se sont accordés. Elle prend une grande respiration et au regard de Julien elle entame. Tchaïkov prend d’un coup son envol, les voyageurs ralentissent, très vite un groupe se forme et ils sont cinquante, peut-être plus à applaudir très chaleureusement. Quand Beethoven prend la suite une bonne trentaine de voyageurs supplémentaires s’arrête aussi, et quand viennent Fauré et Debussy, le hall s’est comme transformé en une salle de concert qui vibre un instant sous des applaudissements nourris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photos, films, sourires, félicitations, viennent enrichir encore l’instant. Alors sans se faire prier ils rejouent leur Tchaïkov fétiche&amp;nbsp;! Quelle expérience, quel bonheur&amp;nbsp;! Julien se sent récompensé de tout son travail de rééducation pour retrouver son meilleur niveau. Morgane est aux anges, c’est la première fois qu’elle joue en duo, et quelle première fois&amp;nbsp;! À refaire sans modération&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est ainsi que chaque vendredi à 17h30 ils se retrouvent pour leur mini concert où de nombreux voyageurs participent mais de plus en plus de parisiens connaisseurs les rejoignent sans avoir à prendre un train. Un public de fidèles est né.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;10 octobre 17h30&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme chaque vendredi maintenant le duo fait la joie de nombreux voyageurs dans le hall, le public a changé, plus d’hommes d’affaires, d’étudiants rentrant chez eux… Julien s’installe mais s’inquiète que Morgane ne soit pas encore arrivée ce qui n’est pas son genre du tout elle qui est plutôt là bien en avance. Est-elle malade, a-t-elle un problème de métro&amp;nbsp;? Julien regarde son téléphone, pas d’appel ni de sms. Il se dit qu’il va quand même jouer son répertoire et quelques compositions et il entame «&amp;nbsp;imagine&amp;nbsp;» un de de ses préférés.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il entend un brouhaha dans son dos mais ne peut se retourner pour voir de quoi il s’agit, ça s’agite un peu, des voyageurs excités peut-être&amp;nbsp;? Il joue restant concentré sur son clavier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le morceau se termine, il se retourne sous les applaudissements d’un public qui s’est bien élargi, et découvre une dizaine de musiciens, violons, clarinettes, flûte traversière, et même un violoncelle, et un chef d’orchestre, qui a trouvé l’idée de Morgane originale et amusante, qui lui sourit en voyant sa tête. Morgane lui fait un clin d’œil, et vient vers lui pour lui apporter une partition: Valse numéro 2 de Dmitri Shostakovich. Julien la connaît pour l’avoir souvent écoutée avec ses parents qui aimaient danser dessus. Morgane est ravie d’avoir réussi sa surprise. Le mini concert est un triomphe, les voyageurs en redemandent, quelle belle idée! certains en auront peut-être loupé leur train&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dimanche 24 décembre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd’hui c’est le traditionnel concert de l’orchestre de Paris. Les soixante musiciens sont là, dans leur tenue chic et noire. Morgane est au milieu des violons. Le chef d’orchestre entre sous les applaudissements du public de l’opéra Garnier. Julien, sur proposition du chef d’orchestre lui-même , va jouer le premier morceau avec l’orchestre. Le concerto numéro 5 «&amp;nbsp;l’Empereur&amp;nbsp;» de Beethoven. Un exercice difficile au piano qui lui a permis aux répétitions de se rassurer quant à la dextérité retrouvée de ses doigts. Il reviendra en deuxième partie pour un duo avec Morgane, piano et violon de Tchaïkov.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa mère aurait tant aimé le voir là, c’est ce à quoi il pense en entendant les applaudissements!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; …/…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Maintenant&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si maintenant vous devez passer par Montparnasse, un vendredi vers 17h30, allez du côté du piano, dans le hall au milieu des commerces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si un pianiste et une violoniste se préparent, ce sera peut-être eux&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;</summary>
		<content type="html">&lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;span style=&quot;font-size: 14pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt; &amp;nbsp; &amp;nbsp; Montparnasse 17h30&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;em&gt; &amp;nbsp;&amp;nbsp; C’est à vous de jouer&amp;nbsp;!&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2 décembre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Julien n’a rien vu venir quand sa voiture est allée s’écraser contre la rambarde du périphérique. La fatigue de ses soirées à travailler et il s’est assoupi une seconde, mais le temps de sortir de la chaussée et fracasser sa voiture. La voiture a rebondit sur terre-plein, effectué deux tonneaux et les arbres à cet endroit ont heureusement stoppé sa course. Il s’est réveillé dans une chambre bleue à l’hôpital sans aucune notion de temps ni de où il était et sans aucun souvenir de ce qui s’est passé.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il constate qu’il a les mains bandées et une forte douleur aux côtes qui doivent être cassées. Il bouge ses orteils pour voir si tout est ok, il essaye de se relever légèrement tout semble mobile malgré la douleur. Il porte une minerve ce qui lui fait penser qu’il a dû avoir le coup du lapin. Les airbags se sont parfaitement déclenchés, c’est grâce à eux qu’il a la vie sauve. L’infirmière lui apporte un plateau repas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Je suis ici depuis combien de temps&amp;nbsp;?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;- Vous êtes entré il y a 24 heures après un accident de voiture. Vous avez eu de la chance, deux côtes cassées et des doigts fracturés. Vous vous en sortez bien&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;15 juillet&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Morgane est violoniste dans le grand orchestre de Paris et elle s’apprête à rejoindre St Malo pour participer au festival des musiques de la mer, un concert important pour l’orchestre auquel elle appartient dans un festival qui regroupe chaque année des musiciens de tous pays. Le festival dure trois jours pendant lesquels ils vont jouer le concerto numéro 5 de Beethoven. C’est un véritable honneur pour l’orchestre d’être invité et pour rien au monde elle ne voudrait rater cette opportunité de jouer dans un tel événement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les répétitions se sont accélérées depuis un mois, il faudra être au top niveau. Le stress monte déjà un peu…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Morgane range son violon dans son étui et ferme sa valise avec sa tenue pour le grand soir ainsi que quelques chemises, short, baskets. Elle compte bien rester deux jours de plus et profiter de la mer et de la plage mais aussi d’une balade dans cette belle ville fortifiée. Elle ferme la porte de son petit appartement, prend le vieil ascenseur en priant comme à chaque fois de ne pas rester bloquée, et se dirige vers le métro pour rejoindre Montparnasse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Julien est sorti mi-décembre de l’hôpital et a dû faire depuis beaucoup de rééducation de ses mains. Ce sont ses outils indispensables à sa passion et à son métier. Julien est pianiste. Chaque jour depuis janvier, il s’est mis devant son synthé, il ne peut avoir de piano dans sa chambre de bonne comme il dit. Il a laissé pendant 4 mois son travail dans le piano bar où il joue chaque soir, ne pouvant jouer et s’est appliqué chaque jour et pendant des heures à travailler et retrouver la dextérité de ses doigts sur le clavier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis en mai, il s’est présenté de nouveau au «&amp;nbsp;Jackson bar&amp;nbsp;»son lieu de prédilection, et a joué tous ses morceaux prévus, sans trop de problème et s’est rassuré pour l’avenir et pour reprendre ses soirées musicales. Il adore ce qu’il fait, il sait fort bien qu’il est difficile de jouer devant un public qui mange ou boit des cocktails, qui l’écoute à peine, mais il sait aussi qu’il créait une ambiance très appréciée au vu des pourboires récoltés à chaque fois. Il souhaite un jour pouvoir jouer avec un orchestre ou avec une chanteuse de jazz. Il compose également et profite de ces soirées pour jouer ses propres morceaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa grande idée dès cet après-midi et d’aller chercher un autre public. Pour cela il va aller jouer vers 17h30, au moment de grands départs, sur le piano de Montparnasse, mis à la disposition de chacun comme dans plusieurs gares en France avec la mention&amp;nbsp;: «&amp;nbsp;c’est à vous de jouer&amp;nbsp;»&amp;nbsp;! Une belle salle de concert improvisée&amp;nbsp;! Il compte bien être vu et se dit qu’il pourra peut-être faire des rencontres professionnelles pour avancer dans sa carrière, voire même enregistrer ses compositions. Si cela fonctionne il ira ainsi chaque semaine jouer des morceaux du répertoire et de ses compositions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; …/…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand Morgane arrive à Montparnasse elle traverse le long couloir et le tapis roulant de la ligne 4 et prend les escaliers roulants qui mènent au niveau de la gare, son étui de violon en bandoulière en traînant sa valise à roulettes. Elle franchit les portes battantes du métro et prend de nouveau les escaliers roulants vers le hall central. Elle a une bonne heure d’avance mais elle déteste courir et préfère largement arriver plus tôt et attendre devant un café en observant les voyageurs, les familles, les départs et les retrouvailles, les hommes d’affaires et les touristes qui traversent d’un pas rapide souvent ce grand hall pour se rendre sur les quais. Attablée devant son café, elle entend une mélodie s’échapper d’un piano sur sa gauche, un air qu’elle connaît bien, «&amp;nbsp;Imagine&amp;nbsp;» de John Lennon. Quelques voyageurs sont réunis et écoutent en attendant leur train, puis applaudissent à chaque morceau. Le pianiste ne s’arrête pas et enchaîne des airs plus ou moins connus, peut-être des compositions?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle quitte sa place en terrasse du bar et rejoint le petit groupe pour écouter le pianiste inconnu dont les mains courent sur le clavier. Morgane s’approche du pianiste, son étui à la main. Celui-ci termine son morceau et lui demande si c’est un violon qu’elle a là.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;« &amp;nbsp; Vous jouez du violon&amp;nbsp;?&quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&quot;Oui dans un orchestre de musique classique&quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&quot;Tchaïkovski&amp;nbsp;?&quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&quot;Oui la mélodie pour violon et piano&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Morgane ouvre son étui, sort son violon et son archer, puis ils s’accordent ensemble.&amp;nbsp; Julien sort une partition de son sac, mais ce morceau, il le connaît par cœur, car il le jouait souvent avec sa mère. Il est très ému.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mélodie démarre et monte dans le grand hall, le petit public est toute ouïe. Quelques annonces de gare viennent un peu perturber ce moment magique, mais les gens restent concentrés. Certains vont sûrement rater leur train&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Morgane se dit qu’il va être temps de rejoindre le sien, pas question de le louper. Ils terminent sous les applaudissements de la vingtaine de voyageurs conquis. Julien lui demande si elle veut jouer autre chose et elle répond qu’elle doit filer prendre le TGV.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&quot; Je vais à St Malo jouer dans le cadre du Festival. &quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&quot;Retrouvons-nous vendredi prochain si vous pouvez vers 17h30, nous verrons ce que nous pouvons jouer ensemble&amp;nbsp;! &quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&quot; OK, rendez-vous vendredi&amp;nbsp;!&quot; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&quot;Bon voyage et surtout bon concert&amp;nbsp;!&quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Vendredi 23&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17h15 Morgane sort du métro et se dirige vers la gare, étui à la main et un petit sac avec des partitions. Elle monte les escaliers vers le hall et aperçoit le piano, une jeune fille est assise et joue une valise posée à côté d’elle. Julien est debout à côté et semble lui montrer quelque-chose. «&amp;nbsp; Bonjour, alors ce concert&amp;nbsp;?&quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&quot;Un grand moment rare, du stress mais quel plaisir&amp;nbsp;!&quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&quot;Je donne un cours express et quelques conseils à cette jeune fille. C’est aussi une de mes idées en venant ici que d’apprendre à des pianistes en herbe qui n’osent pas se lancer ou ne peuvent prendre des cours et aimeraient découvrir le piano tout simplement. C’est ma façon de rendre service et de partager ma passion.&quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&quot;Très riche et belle idée&amp;nbsp;!&quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La jeune fille s’échappe en remerciant Julien qui s’installe devant le clavier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&quot;Aujourd’hui nous pourrions refaire notre morceau de Tchaïkovski un peu comme un symbole de notre rencontre. L’idée, si vous êtes d’accord, serait de pouvoir se retrouver tous les vendredis à 17h30 pour faire un mini concert de trente minutes, par exemple, et ainsi laisser la place à d’autres qui souhaitent jouer&amp;nbsp;?&quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&quot;C’est ok bien sûr, pour cela il faut que l’on décide ce que l’on pourrait jouer pour le travailler pendant la semaine et il faudrait que l’on échange nos téléphones pour nous caler&quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&quot;Je propose du Beethoven, du Fauré, du Debussy, du Schumann, tous ont écrit des mélodies pour piano et violon&quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&quot; Ok travaillons Beethoven et Debussy cette semaine pour jouer vendredi prochain&amp;nbsp;! Parfait&amp;nbsp;!&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Morgane ouvre son étui et sort son violon et son archer. Ils s’accordent un instant et les notes de Tchaïkovski s’élèvent de nouveau dans le hall laissant les passants muets. Le rendu est saisissant et l’acoustique de la gare se prête parfaitement à la légèreté du morceau. La quarantaine de voyageurs qui s’est massée derrière eux applaudit et en redemande. C’est pour l’instant notre seul morceau mais nous vous donnons rendez-vous lors de vos prochains voyages&amp;nbsp;! dit Julien en riant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Morgane range son violon, et Julien reprend deux succès de la chanson française que quelques-uns fredonnent en allant prendre leur train. &quot;Rendez-vous vendredi même lieu même heure&quot; dit Julien en riant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dès le lundi Julien appelle Morgane pour fixer les quatre morceaux à travailler pour vendredi dont Tchaïkovski qui est l’incontournable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Est-ce que l’on pourrait se voir chez moi, je n’ai pas de piano mais j’ai mon synthé, pour répéter au moins une fois&amp;nbsp;?&quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien sûr, jeudi en début d’après-midi&amp;nbsp;? OK&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; …/…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Morgane arrive vers 14h le jeudi à l’adresse indiquée. Elle monte les cinq étages à pieds pour atteindre la fameuse chambre de bonne. Une petite cloche ajoutée à l’entrée permet de faire savoir sa présence et rapidement la porte s’ouvre sur un joli studio, plutôt cosy et bien aménagé et pas du tout ce qu’elle s’attendait à trouver dans une chambre de bonne de garçon&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;«&amp;nbsp;C’est petit chez moi mais je m’y suis sent bien et je n’ai jamais voulu changer pour un appartement plus grand et mieux desservi&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partitions à l’appui ils attaquent très vite par leur Tchaïkov, l’acoustique est parfaite, et le synthé imite plutôt bien le piano. Puis c’est au tour des trois morceaux qu’ils ont travaillés chacun de leur côté. Ils trouvent vite leurs marques comme par magie mais aussi professionnalisme. Beethoven, Fauré et enfin Debussy, rejoignent pour un instant la chambre lui donnant un air poétique et fleuri. C’est comme si ce duo existait depuis longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est 18h quand Julien décrète qu’ils sont fin prêts pour demain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;«&amp;nbsp;Rendez-vous 17h15 le temps de s’accorder et se préparer&amp;nbsp;»&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Morgane range son violon pendant que Julien reprend un «&amp;nbsp;imagine&amp;nbsp;» en guise d’au revoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;«&amp;nbsp; A demain chère violoniste&amp;nbsp;!&quot;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&quot;A demain cher pianiste&quot; répond Morgane en ouvrant la porte et en souriant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; Vendredi 30 juillet 17h30&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le hall de Montparnasse est rempli de voyageurs en partance vers les vacances et probablement la mer. Julien s’installe sous le regard de quelques curieux qui attendent assis par terre sur leurs valises. Morgane arrivée dès 17h, est prête, ils se sont accordés. Elle prend une grande respiration et au regard de Julien elle entame. Tchaïkov prend d’un coup son envol, les voyageurs ralentissent, très vite un groupe se forme et ils sont cinquante, peut-être plus à applaudir très chaleureusement. Quand Beethoven prend la suite une bonne trentaine de voyageurs supplémentaires s’arrête aussi, et quand viennent Fauré et Debussy, le hall s’est comme transformé en une salle de concert qui vibre un instant sous des applaudissements nourris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photos, films, sourires, félicitations, viennent enrichir encore l’instant. Alors sans se faire prier ils rejouent leur Tchaïkov fétiche&amp;nbsp;! Quelle expérience, quel bonheur&amp;nbsp;! Julien se sent récompensé de tout son travail de rééducation pour retrouver son meilleur niveau. Morgane est aux anges, c’est la première fois qu’elle joue en duo, et quelle première fois&amp;nbsp;! À refaire sans modération&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C’est ainsi que chaque vendredi à 17h30 ils se retrouvent pour leur mini concert où de nombreux voyageurs participent mais de plus en plus de parisiens connaisseurs les rejoignent sans avoir à prendre un train. Un public de fidèles est né.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;10 octobre 17h30&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme chaque vendredi maintenant le duo fait la joie de nombreux voyageurs dans le hall, le public a changé, plus d’hommes d’affaires, d’étudiants rentrant chez eux… Julien s’installe mais s’inquiète que Morgane ne soit pas encore arrivée ce qui n’est pas son genre du tout elle qui est plutôt là bien en avance. Est-elle malade, a-t-elle un problème de métro&amp;nbsp;? Julien regarde son téléphone, pas d’appel ni de sms. Il se dit qu’il va quand même jouer son répertoire et quelques compositions et il entame «&amp;nbsp;imagine&amp;nbsp;» un de de ses préférés.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il entend un brouhaha dans son dos mais ne peut se retourner pour voir de quoi il s’agit, ça s’agite un peu, des voyageurs excités peut-être&amp;nbsp;? Il joue restant concentré sur son clavier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le morceau se termine, il se retourne sous les applaudissements d’un public qui s’est bien élargi, et découvre une dizaine de musiciens, violons, clarinettes, flûte traversière, et même un violoncelle, et un chef d’orchestre, qui a trouvé l’idée de Morgane originale et amusante, qui lui sourit en voyant sa tête. Morgane lui fait un clin d’œil, et vient vers lui pour lui apporter une partition: Valse numéro 2 de Dmitri Shostakovich. Julien la connaît pour l’avoir souvent écoutée avec ses parents qui aimaient danser dessus. Morgane est ravie d’avoir réussi sa surprise. Le mini concert est un triomphe, les voyageurs en redemandent, quelle belle idée! certains en auront peut-être loupé leur train&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dimanche 24 décembre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd’hui c’est le traditionnel concert de l’orchestre de Paris. Les soixante musiciens sont là, dans leur tenue chic et noire. Morgane est au milieu des violons. Le chef d’orchestre entre sous les applaudissements du public de l’opéra Garnier. Julien, sur proposition du chef d’orchestre lui-même , va jouer le premier morceau avec l’orchestre. Le concerto numéro 5 «&amp;nbsp;l’Empereur&amp;nbsp;» de Beethoven. Un exercice difficile au piano qui lui a permis aux répétitions de se rassurer quant à la dextérité retrouvée de ses doigts. Il reviendra en deuxième partie pour un duo avec Morgane, piano et violon de Tchaïkov.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sa mère aurait tant aimé le voir là, c’est ce à quoi il pense en entendant les applaudissements!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; …/…&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Maintenant&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si maintenant vous devez passer par Montparnasse, un vendredi vers 17h30, allez du côté du piano, dans le hall au milieu des commerces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si un pianiste et une violoniste se préparent, ce sera peut-être eux&amp;nbsp;!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;</content>
		<category term="Catégorie nouvelles" />
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		<title>Les enfants du Fleuve</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.dominique-dutilleul.fr/textes/10-nouvelles/53-les-enfants-du-fleuve.html"/>
		<published>2022-08-03T09:59:26+00:00</published>
		<updated>2022-08-03T09:59:26+00:00</updated>
		<id>https://www.dominique-dutilleul.fr/textes/10-nouvelles/53-les-enfants-du-fleuve.html</id>
		<author>
			<name>Dominique Dutilleul</name>
		</author>
		<summary type="html">&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Les enfants du Fleuve&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt;Kamal ferme sa porte avec un cadenas, la pluie cache ses larmes. Il ne se retourne pas tout de suite pour ne rien montrer de son chagrin à Mira, Alisha et à sa femme Jelena. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt;Dans l’Etat d’Assam, tout au Nord, au pied de Barpeta, coule le Brahmapoutre et tout le petit village fuit&amp;nbsp;! il pleut depuis un mois et les averses se sont multipliées depuis dix jours, sans discontinuer et avec force. On n’a jamais vu ça de mémoire des anciens. L’école a fermé et les maisons et jardins les plus proches du fleuve, comme celle de Kamal, sont inondées suite à la montée des eaux. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt;Les enfants portent un petit sac chacun avec quelques affaires de rechange, un cahier, quelques crayons et un jeu. Jelena tient les deux vaches fermement avec une corde. C’est leur seul véritable patrimoine. Une file s’est formée sur le chemin derrière la maison où familles, vaches, poules, chiens fuient les inondations. Kamal a chargé sur son épaule un sac de riz et quelques vêtements pour lui et Jelena. Ils sont vite trempés avec la pluie et il faudra pouvoir se changer pour éviter la maladie.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt;Kamal se sent déjà fiévreux depuis quelques jours. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt;Pourtant ils sont bien tous habitués aux moussons mais jamais les pluies n’ont été aussi importantes et engendré de telles sorties du fleuve. C’est ce qui a décidé Kamal à mettre quelques sacs de grains et ses outils de jardin et de mécanicien roulés dans une bâche sur le toit pour les protéger de l’eau avant de partir vers les hauteurs où s’organisent des camps. En effet les Autorités invitent à rejoindre des hangars servant habituellement à des fêtes de villages et à stocker bois et grains lors des coupes et des récoltes. Des tentes ont été installées avec une infirmerie de premiers secours et des couches pour les familles. Les prés autour permettront aux vaches de paître les maigres verdures. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt;Ils se joignent à la colonne, résignés, il le faut, et se dirigent vers le chemin de la colline. En montant la vue est plongeante sur le fleuve et les jardins qui ne forment plus qu’un&amp;nbsp;! Kamal se retourne de temps en temps, la maison commence à ressembler à un bateau bloqué au port. Quand pourront-ils revenir&amp;nbsp;? Nul ne le sait et l’espoir ne suffit plus pour lui garder un peu de chaleur au moral mais il se fait fort de n’en rien montrer. Il sent que sa fièvre a pris le pas. Jelena sait fort bien ce qui se passe dans la tête de son mari et voit à son teint pâle qu’il est malade. Ils ont de la chance d’avoir un point de chute avec ces camps, d’autres en ont eu moins. Un voisin a glissé et été emporté par les eaux et la boue en voulant protéger l’entrée de son jardin, d’autres se sont noyés ou ont été électrocutés en voulant débrancher l’électricité, les installations étant plutôt primaires. Un pont s’est effondré et les routes inondées rendent difficiles l’accès aux vivres et médicaments. Les hélicoptères de l’armée sont réquisitionnés.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt; Le manque d’hygiène commence à provoquer des diarrhées, maladies de peau, des fièvres, et on parle aussi de la malaria. Kamal pense que c’est ce qui le ronge de fièvre aujourd’hui. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt;Mira et Alisha ne vont plus à l’école depuis le début des pluies. Du haut de leurs 10 et 12 ans, ils marchent, sautillent, rient avec quelques copains qu’ils ont retrouvé sur le chemin. C’est pour eux comme une aventure et ils gardent toute leur insouciance d’enfants et c’est bien comme ça. Près des hangars on aperçoit les 2 bus à double étage dont les toits dépassent. Le Directeur de leur école a eu l’idée de négocier ces bus qui servaient au transport d’élèves et qui n’étaient plus utilisés après des milliers de kilomètres car devenus trop dangereux et retirés de la circulation. L’intérieur a été totalement démonté sauf le siège du chauffeur et le volant pour que les enfants s’amusent, puis totalement repeints pour leur donner une nouvelle jeunesse. Après l’installation de petites tables et bancs, voilà vite reconstituée une classe avec au deuxième étage une salle de jeux. Un ventilateur de fortune est branché sur la batterie restée à peu près en état.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt; Il pleut sans cesse mais il fait lourd aussi. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt;Kamal, Jemela et les enfants arrivent en haut après 2 bonnes heures de montée et aperçoivent un drapeau de la Croix Rouge qui flotte sur le sommet d’une tente de l’armée. Quelques femmes et enfants attendent déjà devant. Dès l’arrivée les familles sont dirigées vers un hangar ou un autre, des couches de fortune ont été installées à même le sol. C’est comme une délivrance. Jemela rejoint le pré pour y installer les 2 vaches, des poules et chèvres ont déjà pris possession des quelques carrés de verdure. L’armée achemine du foin et des aliments pour les animaux. Des sacs sont distribués à chacun avec du lait, de l’eau et des pains «&amp;nbsp;Chapati&amp;nbsp;».&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt;Kamal dépose les affaires et se change d’une chemise sèche avant d’aller faire la queue devant la tente de l’infirmerie. Il sent bien que la fièvre l’a encore bien gagné. Il se sent faible et fragile.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt; Mira et Alisha rejoignent quelques enfants et jouent à la ronde et aux kanchas. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt;Une infirmière en blouse blanche accueille Kamal et prend sa température directement sur son front pour constater qu’il dépasse les 40 degrés. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt;«&amp;nbsp;Comment avez-vous fait pour monter dans cet état jusqu’ici «&amp;nbsp;demande-t-elle&amp;nbsp;? &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt;Kamal ne s’est pas posé de question il s’agissait de mettre à l’abri sa famille et c’est probablement ce qui lui a donné la force nécessaire. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt;«&amp;nbsp;Malaria&amp;nbsp;» dit le médecin après l’avoir examiné et explique qu’un hélicoptère doit livrer dans l’après-midi des pansements, de l’aspirine et de la malarone. Il va falloir attendre un peu. On lui donne quand même un cachet pour lutter contre la fièvre et lui permettre de patienter.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt; Il retourne au hangar, sa chemise de nouveau trempée de pluie et de sueur de sa fièvre et va se changer de nouveau avant de s’allonger.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; .../...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt; Déjà deux jours qu’ils sont ici. La pluie a largement faibli depuis le début de l’après-midi et le vent s’est levé chassant les lourds nuages. L’espoir revient. La météo semble vouloir être plus clémente et de meilleure humeur. Une seule idée reste dans les têtes&amp;nbsp;: rentrer&amp;nbsp;! Cela fait donc maintenant deux jours qu’ils sont arrivés. La vie s’est organisée, les familles ont à manger et sont abritées pour dormir. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt;Un des bus klaxonne comme chaque jour maintenant pour appeler les enfants à l’école. Ils sont une trentaine à se diriger en courant vers les deux écoles roulantes. Kamal et Jelena veulent à tout prix que leurs enfants apprennent à lire et à compter, surtout Mira, afin qu’elle puisse accéder plus tard à un travail car ils le savent ce n’est pas simple en Inde pour les filles qui n’ont pas été scolarisées. Les enfants se mettent en rang devant les portes de chaque bus et montent dans leurs classes si inhabituelles. Au même moment les rotors d’un hélico se font entendre et les hangars se vident pour venir accueillir les livraisons attendues. Kamal va recevoir son médicament si précieux. Le camp compte déjà une dizaine de morts par maladie ou vieillesse. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt;Le ciel se dégage de plus en plus. Que reste-t-il des maisons déjà fragilement construites de bois et de tôles&amp;nbsp;? que feront-ils en rentrant, partiront-t-ils plus loin dans les terres afin d’échapper à l’avenir aux humeurs du temps et du fleuve.Kamal y pense tout le temps, et réfléchit à écrire un plus bel avenir. Pour cela, d’abord se soigner et retrouver ses forces. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt;Un nouveau coup de klaxon libère les enfants des classes et reprennent aussitôt leurs jeux et leurs rires. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; …/… &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt;Cela fait déjà 8 jours qu’ils sont là. La pluie a totalement cessé de tomber et depuis 3 jours le soleil même timide mais chaud est revenu commençant à sécher la terre. Les Autorités ont déclaré ce matin que ceux qui souhaitent rentrer chez eux pourront le faire à compter de ce début d’après-midi. Kamal est de ceux-là et déjà il commence à ramasser les quelques affaires dans des sacs et demande à Jelena d’aller chercher les 2 vaches dans le pré. Les enfants sont excités à l’idée de retourner à la maison. Kemal se sent bien mieux avec les médicaments et sent les forces qui reviennent pour redescendre. Il n’a plus ni fièvre ni courbatures. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt;Après quelques saluts et remerciements, la petite famille se met en route. Les 2 vaches ouvrent la marche retenues par une corde. Jelena a peur de glisser et être entraînée par les 2 bestiaux alors Kamal prend vite le relais. La pente est beaucoup moins boueuse et glissante qu’à l’aller. Très vite après une heure ils aperçoivent leur jardin encore un peu dans l’eau qui a, malgré tout, bien baissé. Dans quel état va être la maison&amp;nbsp;? Après une heure trente de descente ils s’approchent très vite et Kamal observe le toit. Les sacs et ses outils sont toujours bien là enroulés dans la bâche. C’est déjà une bonne nouvelle&amp;nbsp;! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt;Il entre le premier dans le jardin encore détrempé, ouvre le petit cadenas, et pousse la porte qui se trouve ainsi libérée. Le sol en terre battue et le tapis qui le recouvre sont très humides et les couches complétement détrempées sont probablement totalement inutilisables. La nuit sera difficile. Les vaches retournent dans leur abri. Kamal va chercher un peu de bois le plus sec pour allumer le poêle et essayer d’assécher un peu les lieux. Jelena sort les affaires des sacs pour les laver dans le fleuve et les mettre à sécher auprès du poêle. Quant aux enfants, Mira accompagne sa mère pour l’aider et Alisha va lui aussi chercher un peu de bois et surveille le feu afin qu’il prenne bien. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; …/… &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt;Kamal, comme il y a pensé tous ces derniers jours, décide d’aller au village voisin, plus dans les terres, chez son cousin Ravi pour lui demander la possibilité de les héberger le temps de réorganiser et d’assécher la maison. Il sait qu’ils seraient accueillis les bras ouverts en y allant directement mais il tient de son père cette façon de faire. Ravi qui vit seul depuis le décès de son épouse l’embrasse et s’empresse de savoir comment l’aider. Ils reprennent ensemble le chemin du retour pour organiser ce nouveau déplacement. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt;Kamal a maintenant en tête d’organiser une nouvelle vie, ce passage chez son cousin serait un nouveau départ. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt;Son père disait «&amp;nbsp; on laisse tous un jour quelque-part un peu de sa vie pour avancer&amp;nbsp;» &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt;La maison de Ravi n’est pas très grande, ils auront une chambre pour tous les 4 mais Kamal s’en fiche. Ce sera temporaire. A côté de cette chambre, une petite pièce attenante sert de débarras et permet de garder un vieux métier de tissage des grands parents et quelques outils de jardin. L’idée de Kamal est de réparer ce vieux métier, Jelena a appris avec sa mère à s’en servir, et avec la vente des 2 vaches il sera possible d'acheter de la soie. Lui cherchera un travail chez un des mécaniciens du village. Son père lui a tant appris également. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt;Il s’attelle très vite à la remise en état du métier à tisser et rapidement ce dernier retrouve toute la mobilité nécessaire à son bon fonctionnement. Il n’y a plus beaucoup d’artisans à utiliser ce type de métier les tissus étant de plus en plus importés de Chine ou fabriqués avec des outils électriques . Les 2 vaches vendues ont permis d’acheter&amp;nbsp; la soie et Jelena réalise des saris colorés avec des motifs floraux et bordés de fil doré. Elle se fait vite une réputation qui dépasse même le village et notamment auprès des futures mariées. Elle n’a pas pour objectif d’en faire beaucoup mais souhaite faire primer la qualité sur la quantité et répondre à une clientèle plus aisée. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt;Kamal de son côté a très vite trouvé un emploi chez le premier mécanicien qu’il a rencontré bien content de trouver une main d’œuvre supplémentaire. Il fait vite connaître et reconnaître son savoir-faire avec toutes les astuces que son père lui a apprises pour réparer tout type de véhicule sans avoir toutes les pièces d’origine. Kamal est un inventif et son patron est très vite convaincu qu’il a fait une bonne affaire en l’embauchant. Le soir certains locaux viennent même jusqu’à la maison pour faire réparer leur mobylette et laissent ainsi quelques roupies supplémentaires.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt; Les enfants de leur côté vont tous les deux à l’école. Mira aide sa mère le soir en rentrant et apprend aussi le métier de tissage. La tradition de mère en fille est respectée. Elle tient également le cahier des recettes et des dépenses.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt; Alisha lui observe son père penché sur la mécanique et apprend lui aussi les astuces qui peut-être lui serviront demain. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt;C’est ainsi qu’ils mettent de l’argent de côté pour pouvoir chercher une petite maison bien à eux et libérer Ravi de leurs présences, même si ce dernier n’y tient pas et s’est habitué à toute cette vie dans la maison.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt; Kamal s’arrête&amp;nbsp; de tracvailler,pensif! il rêve un instant de pouvoir retourner un jour au bord du fleuve, lui pêcherait, Jelena s’occuperait du jardin et des animaux, les enfants auraient sûrement eux quitté la maison. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt;Un rêve qu’il aimerait voir devenir&amp;nbsp; réalité... et qui le deviendra!&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</summary>
		<content type="html">&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-size: 12pt;&quot;&gt;&lt;strong&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; Les enfants du Fleuve&lt;/strong&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt;Kamal ferme sa porte avec un cadenas, la pluie cache ses larmes. Il ne se retourne pas tout de suite pour ne rien montrer de son chagrin à Mira, Alisha et à sa femme Jelena. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt;Dans l’Etat d’Assam, tout au Nord, au pied de Barpeta, coule le Brahmapoutre et tout le petit village fuit&amp;nbsp;! il pleut depuis un mois et les averses se sont multipliées depuis dix jours, sans discontinuer et avec force. On n’a jamais vu ça de mémoire des anciens. L’école a fermé et les maisons et jardins les plus proches du fleuve, comme celle de Kamal, sont inondées suite à la montée des eaux. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt;Les enfants portent un petit sac chacun avec quelques affaires de rechange, un cahier, quelques crayons et un jeu. Jelena tient les deux vaches fermement avec une corde. C’est leur seul véritable patrimoine. Une file s’est formée sur le chemin derrière la maison où familles, vaches, poules, chiens fuient les inondations. Kamal a chargé sur son épaule un sac de riz et quelques vêtements pour lui et Jelena. Ils sont vite trempés avec la pluie et il faudra pouvoir se changer pour éviter la maladie.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt;Kamal se sent déjà fiévreux depuis quelques jours. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt;Pourtant ils sont bien tous habitués aux moussons mais jamais les pluies n’ont été aussi importantes et engendré de telles sorties du fleuve. C’est ce qui a décidé Kamal à mettre quelques sacs de grains et ses outils de jardin et de mécanicien roulés dans une bâche sur le toit pour les protéger de l’eau avant de partir vers les hauteurs où s’organisent des camps. En effet les Autorités invitent à rejoindre des hangars servant habituellement à des fêtes de villages et à stocker bois et grains lors des coupes et des récoltes. Des tentes ont été installées avec une infirmerie de premiers secours et des couches pour les familles. Les prés autour permettront aux vaches de paître les maigres verdures. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt;Ils se joignent à la colonne, résignés, il le faut, et se dirigent vers le chemin de la colline. En montant la vue est plongeante sur le fleuve et les jardins qui ne forment plus qu’un&amp;nbsp;! Kamal se retourne de temps en temps, la maison commence à ressembler à un bateau bloqué au port. Quand pourront-ils revenir&amp;nbsp;? Nul ne le sait et l’espoir ne suffit plus pour lui garder un peu de chaleur au moral mais il se fait fort de n’en rien montrer. Il sent que sa fièvre a pris le pas. Jelena sait fort bien ce qui se passe dans la tête de son mari et voit à son teint pâle qu’il est malade. Ils ont de la chance d’avoir un point de chute avec ces camps, d’autres en ont eu moins. Un voisin a glissé et été emporté par les eaux et la boue en voulant protéger l’entrée de son jardin, d’autres se sont noyés ou ont été électrocutés en voulant débrancher l’électricité, les installations étant plutôt primaires. Un pont s’est effondré et les routes inondées rendent difficiles l’accès aux vivres et médicaments. Les hélicoptères de l’armée sont réquisitionnés.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt; Le manque d’hygiène commence à provoquer des diarrhées, maladies de peau, des fièvres, et on parle aussi de la malaria. Kamal pense que c’est ce qui le ronge de fièvre aujourd’hui. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt;Mira et Alisha ne vont plus à l’école depuis le début des pluies. Du haut de leurs 10 et 12 ans, ils marchent, sautillent, rient avec quelques copains qu’ils ont retrouvé sur le chemin. C’est pour eux comme une aventure et ils gardent toute leur insouciance d’enfants et c’est bien comme ça. Près des hangars on aperçoit les 2 bus à double étage dont les toits dépassent. Le Directeur de leur école a eu l’idée de négocier ces bus qui servaient au transport d’élèves et qui n’étaient plus utilisés après des milliers de kilomètres car devenus trop dangereux et retirés de la circulation. L’intérieur a été totalement démonté sauf le siège du chauffeur et le volant pour que les enfants s’amusent, puis totalement repeints pour leur donner une nouvelle jeunesse. Après l’installation de petites tables et bancs, voilà vite reconstituée une classe avec au deuxième étage une salle de jeux. Un ventilateur de fortune est branché sur la batterie restée à peu près en état.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt; Il pleut sans cesse mais il fait lourd aussi. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt;Kamal, Jemela et les enfants arrivent en haut après 2 bonnes heures de montée et aperçoivent un drapeau de la Croix Rouge qui flotte sur le sommet d’une tente de l’armée. Quelques femmes et enfants attendent déjà devant. Dès l’arrivée les familles sont dirigées vers un hangar ou un autre, des couches de fortune ont été installées à même le sol. C’est comme une délivrance. Jemela rejoint le pré pour y installer les 2 vaches, des poules et chèvres ont déjà pris possession des quelques carrés de verdure. L’armée achemine du foin et des aliments pour les animaux. Des sacs sont distribués à chacun avec du lait, de l’eau et des pains «&amp;nbsp;Chapati&amp;nbsp;».&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt;Kamal dépose les affaires et se change d’une chemise sèche avant d’aller faire la queue devant la tente de l’infirmerie. Il sent bien que la fièvre l’a encore bien gagné. Il se sent faible et fragile.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt; Mira et Alisha rejoignent quelques enfants et jouent à la ronde et aux kanchas. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt;Une infirmière en blouse blanche accueille Kamal et prend sa température directement sur son front pour constater qu’il dépasse les 40 degrés. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt;«&amp;nbsp;Comment avez-vous fait pour monter dans cet état jusqu’ici «&amp;nbsp;demande-t-elle&amp;nbsp;? &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt;Kamal ne s’est pas posé de question il s’agissait de mettre à l’abri sa famille et c’est probablement ce qui lui a donné la force nécessaire. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt;«&amp;nbsp;Malaria&amp;nbsp;» dit le médecin après l’avoir examiné et explique qu’un hélicoptère doit livrer dans l’après-midi des pansements, de l’aspirine et de la malarone. Il va falloir attendre un peu. On lui donne quand même un cachet pour lutter contre la fièvre et lui permettre de patienter.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt; Il retourne au hangar, sa chemise de nouveau trempée de pluie et de sueur de sa fièvre et va se changer de nouveau avant de s’allonger.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; .../...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt; Déjà deux jours qu’ils sont ici. La pluie a largement faibli depuis le début de l’après-midi et le vent s’est levé chassant les lourds nuages. L’espoir revient. La météo semble vouloir être plus clémente et de meilleure humeur. Une seule idée reste dans les têtes&amp;nbsp;: rentrer&amp;nbsp;! Cela fait donc maintenant deux jours qu’ils sont arrivés. La vie s’est organisée, les familles ont à manger et sont abritées pour dormir. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt;Un des bus klaxonne comme chaque jour maintenant pour appeler les enfants à l’école. Ils sont une trentaine à se diriger en courant vers les deux écoles roulantes. Kamal et Jelena veulent à tout prix que leurs enfants apprennent à lire et à compter, surtout Mira, afin qu’elle puisse accéder plus tard à un travail car ils le savent ce n’est pas simple en Inde pour les filles qui n’ont pas été scolarisées. Les enfants se mettent en rang devant les portes de chaque bus et montent dans leurs classes si inhabituelles. Au même moment les rotors d’un hélico se font entendre et les hangars se vident pour venir accueillir les livraisons attendues. Kamal va recevoir son médicament si précieux. Le camp compte déjà une dizaine de morts par maladie ou vieillesse. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt;Le ciel se dégage de plus en plus. Que reste-t-il des maisons déjà fragilement construites de bois et de tôles&amp;nbsp;? que feront-ils en rentrant, partiront-t-ils plus loin dans les terres afin d’échapper à l’avenir aux humeurs du temps et du fleuve.Kamal y pense tout le temps, et réfléchit à écrire un plus bel avenir. Pour cela, d’abord se soigner et retrouver ses forces. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt;Un nouveau coup de klaxon libère les enfants des classes et reprennent aussitôt leurs jeux et leurs rires. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; …/… &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt;Cela fait déjà 8 jours qu’ils sont là. La pluie a totalement cessé de tomber et depuis 3 jours le soleil même timide mais chaud est revenu commençant à sécher la terre. Les Autorités ont déclaré ce matin que ceux qui souhaitent rentrer chez eux pourront le faire à compter de ce début d’après-midi. Kamal est de ceux-là et déjà il commence à ramasser les quelques affaires dans des sacs et demande à Jelena d’aller chercher les 2 vaches dans le pré. Les enfants sont excités à l’idée de retourner à la maison. Kemal se sent bien mieux avec les médicaments et sent les forces qui reviennent pour redescendre. Il n’a plus ni fièvre ni courbatures. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt;Après quelques saluts et remerciements, la petite famille se met en route. Les 2 vaches ouvrent la marche retenues par une corde. Jelena a peur de glisser et être entraînée par les 2 bestiaux alors Kamal prend vite le relais. La pente est beaucoup moins boueuse et glissante qu’à l’aller. Très vite après une heure ils aperçoivent leur jardin encore un peu dans l’eau qui a, malgré tout, bien baissé. Dans quel état va être la maison&amp;nbsp;? Après une heure trente de descente ils s’approchent très vite et Kamal observe le toit. Les sacs et ses outils sont toujours bien là enroulés dans la bâche. C’est déjà une bonne nouvelle&amp;nbsp;! &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt;Il entre le premier dans le jardin encore détrempé, ouvre le petit cadenas, et pousse la porte qui se trouve ainsi libérée. Le sol en terre battue et le tapis qui le recouvre sont très humides et les couches complétement détrempées sont probablement totalement inutilisables. La nuit sera difficile. Les vaches retournent dans leur abri. Kamal va chercher un peu de bois le plus sec pour allumer le poêle et essayer d’assécher un peu les lieux. Jelena sort les affaires des sacs pour les laver dans le fleuve et les mettre à sécher auprès du poêle. Quant aux enfants, Mira accompagne sa mère pour l’aider et Alisha va lui aussi chercher un peu de bois et surveille le feu afin qu’il prenne bien. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp;&amp;nbsp; …/… &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt;Kamal, comme il y a pensé tous ces derniers jours, décide d’aller au village voisin, plus dans les terres, chez son cousin Ravi pour lui demander la possibilité de les héberger le temps de réorganiser et d’assécher la maison. Il sait qu’ils seraient accueillis les bras ouverts en y allant directement mais il tient de son père cette façon de faire. Ravi qui vit seul depuis le décès de son épouse l’embrasse et s’empresse de savoir comment l’aider. Ils reprennent ensemble le chemin du retour pour organiser ce nouveau déplacement. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt;Kamal a maintenant en tête d’organiser une nouvelle vie, ce passage chez son cousin serait un nouveau départ. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt;Son père disait «&amp;nbsp; on laisse tous un jour quelque-part un peu de sa vie pour avancer&amp;nbsp;» &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt;La maison de Ravi n’est pas très grande, ils auront une chambre pour tous les 4 mais Kamal s’en fiche. Ce sera temporaire. A côté de cette chambre, une petite pièce attenante sert de débarras et permet de garder un vieux métier de tissage des grands parents et quelques outils de jardin. L’idée de Kamal est de réparer ce vieux métier, Jelena a appris avec sa mère à s’en servir, et avec la vente des 2 vaches il sera possible d'acheter de la soie. Lui cherchera un travail chez un des mécaniciens du village. Son père lui a tant appris également. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt;Il s’attelle très vite à la remise en état du métier à tisser et rapidement ce dernier retrouve toute la mobilité nécessaire à son bon fonctionnement. Il n’y a plus beaucoup d’artisans à utiliser ce type de métier les tissus étant de plus en plus importés de Chine ou fabriqués avec des outils électriques . Les 2 vaches vendues ont permis d’acheter&amp;nbsp; la soie et Jelena réalise des saris colorés avec des motifs floraux et bordés de fil doré. Elle se fait vite une réputation qui dépasse même le village et notamment auprès des futures mariées. Elle n’a pas pour objectif d’en faire beaucoup mais souhaite faire primer la qualité sur la quantité et répondre à une clientèle plus aisée. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt;Kamal de son côté a très vite trouvé un emploi chez le premier mécanicien qu’il a rencontré bien content de trouver une main d’œuvre supplémentaire. Il fait vite connaître et reconnaître son savoir-faire avec toutes les astuces que son père lui a apprises pour réparer tout type de véhicule sans avoir toutes les pièces d’origine. Kamal est un inventif et son patron est très vite convaincu qu’il a fait une bonne affaire en l’embauchant. Le soir certains locaux viennent même jusqu’à la maison pour faire réparer leur mobylette et laissent ainsi quelques roupies supplémentaires.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt; Les enfants de leur côté vont tous les deux à l’école. Mira aide sa mère le soir en rentrant et apprend aussi le métier de tissage. La tradition de mère en fille est respectée. Elle tient également le cahier des recettes et des dépenses.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt; Alisha lui observe son père penché sur la mécanique et apprend lui aussi les astuces qui peut-être lui serviront demain. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt;C’est ainsi qu’ils mettent de l’argent de côté pour pouvoir chercher une petite maison bien à eux et libérer Ravi de leurs présences, même si ce dernier n’y tient pas et s’est habitué à toute cette vie dans la maison.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt; Kamal s’arrête&amp;nbsp; de tracvailler,pensif! il rêve un instant de pouvoir retourner un jour au bord du fleuve, lui pêcherait, Jelena s’occuperait du jardin et des animaux, les enfants auraient sûrement eux quitté la maison. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;&lt;span style=&quot;font-family: comic sans ms, sans-serif;&quot;&gt;Un rêve qu’il aimerait voir devenir&amp;nbsp; réalité... et qui le deviendra!&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;</content>
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